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Les chambres d’agriculture lancent Mes Marchés

Pour aider les exploitants à se positionner et à prendre la bonne décision, l’APCA propose un nouveau service. Présentation.

© AAP


Dans un monde en constante évolution, où la moindre information peut prendre des proportions incroyables et ou les aléas et inconnues de tout type peuvent surgir à tout moment et de façon de plus en plus répétée pour certains, il est bien difficile de prendre la bonne décision au bon moment. C’est dans ce contexte que l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) place le lancement d’un nouveau service, dépendant de chaque chambre départementale désireuse de le lancer. Il s’agit de Mes Marchés (avec, pour le design, un a en forme d’arobase pour montrer la prégnance de l’internet et des réseaux sur nos modes de vie, notamment professionnels).

Une gamme de services
Attachée à ce nom, une devise : «Bien conseillé pour bien décider». «Le souci posé aux agriculteurs est le constat qu’ils font de plus en plus sur le fait que la volatilité des marchés devient un risque toujours plus important pouvant peser sur le résultat des exploitations. Il faut donc pouvoir sécuriser les actes de ventes des exploitants et donc leur mettre à disposition un outil pour bien se positionner», explique Patrick Bodié, responsable du service Mes Marchés et conseiller à la chambre d’agriculture de l’Aube, avant de poursuivre : «c’est donc un outil pour pouvoir acquérir de la connaissance par rapport à une stratégie de vente. On peut donc accéder à une information essentielle, triée, synthétique mais aussi accéder à des services personnalisés, en groupe ou individualisés».
Ce qui donne une gamme complète de services. Outre un accès libre au site internet de Mes Marchés installé par les chambres et qui permet de visualiser tous les cours en restant sur le site de sa propre chambre, un lien vers le site Mes Marchés permet aux agriculteurs de découvrir les offres réservés aux abonnés et de les tester. Pour l’heure, cinq possibilités de produits existent : «l’info essentielle» pour savoir ; «l’info comprendre» qui permet à chaque client d’analyser les marchés ; «le conseil essentiel» pour pouvoir s’orienter ; «le conseil au quotidien» pour agir et réagir en fonction des évolutions des marchés et enfin «le conseil personnalisé» pour être accompagné dans sa prise de décision. Guy Vasseur, président de l’APCA, note qu’il est «la volonté de rendre les informations présentées le plus compréhensible possible, avec un souci de simplification pour l’utilisateur» et souligne que «c’est bien le besoin du terrain qui est relié à la macro-économie».
Un agriculteur de l’Orne utilisateur du nouveau service, installé individuellement sur 250 hectares en céréales et atelier d’engraissement de taurillons, explique qu’il apprécie tout particulièrement cette idée d’informations synthétisées. «La commercialisation, aujourd’hui, est partie intégrante de notre métier et c’est bien plus dur que de produire. De l’information, on en a partout, peut être même trop. Nous sommes dans un océan avec beaucoup de vagues et il faut donc apprendre à nager mais on a besoin, parfois, d’une perche pour s’accrocher» fait-il remarquer de fort belle manière. Pour lui, l’autre aspect important, outre cette sélection d’information donc, c’est la formation car sinon, pour bien comprendre les tenants et aboutissants d’un marché et de son fonctionnement «ça peut vite prendre la tête». Le service proposé par sa chambre lui a permis d’apprendre pas à pas, progressivement et toujours en relation avec les propres problématiques de son exploitation.
Après quelques mois de fonctionnement en petit comité, les demandes les plus fréquentes de la part des utilisateurs reviennent invariablement vers la problématique de la prise de décision avec aussi une bonne fréquence de questions liées aux aléas climatiques et, au final, quel type de couverture, quel type de sécurisation doit-on retenir.
Côté tarif, le service d’entrée de gamme est proposé pour 60 euros par an. En fonction des différents types de services et de conseils ajoutés, l’investissement peut atteindre environ 1 000 euros par an. Chaque chambre départementale décide de ses propres tarifs. «Il n’y a pas de tarification nationale. Le financement est décidé entre les exploitants désireux d’utiliser le service et leur chambre» précise Guy Vasseur. Aujourd’hui, «25 départements proposent Mes Marchés à 4 000 agriculteurs» explique aussi François Philippe, directeur de la chambre de la Vienne, département où tout a commencé. Les utilisateurs et abonnés viennent essentiellement des filières céréales.

Évolutions prochaines
Des nouveaux objectifs sont fixés par le réseau des chambres : atteindre 30 chambres adhérentes à la fin 2013 puis 45 en 2015. Le cap de 10 000 abonnés infos et de 2 300 abonnés conseils pourrait être atteint en 2016.
Surtout, «nous proposerons un service pour les secteurs de l’élevage en début d’année 2014, principalement sur le maïs et les tourteaux de soja et de colza» lance Patrick Bodié, avec, pour principales régions visées dans un premier temps celles des Pays de Loire, de Normandie et de Bretagne.
Au final, le souhait de l’APCA est que Mes Marchés opère dans la logique de réseau et de services des chambres départementales d’agriculture. «La sécurisation des actes de ventes et la gestion des risques ainsi que la proximité avec les agriculteurs sont les bases de ce service» conclut Patrick Bodié.

ZOOM

Marchés 2014 : les points à surveiller

Pour Thierry Pouch, responsable du service Références et études économiques de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), le monde agricole en général, et les exploitants en particulier, devront avoir à l’esprit une petite dizaine de variables particulières pour les prochaines années et dans l’immédiat pour 2014.
En voici une liste, non exhaustive et évolutive, succinctement résumés.

- La croissance de la Chine : il faudra surveiller le risque, ou pas, de ralentissement prononcé, voire d’éclatement de la bulle immobilière, et les difficultés du système bancaire, sachant que la Chine est un des grands importateurs de produits agricoles, y compris en viandes qu’elle produit pourtant en grande quantité. Une baisse de sa demande aurait un impact décisif sur la formation des prix. Les prévisions d’une augmentation de la demande intérieure, qui se substituerait aux exportations, s’inscrivent sur une période de moyen terme, car cela passerait nécessairement par une revalorisation des salaires, pouvant être préjudiciables aux investissements des entreprises dont les performances ne sont pas encore consolidées.

- La croissance dans les autres pays émergents : Brésil en difficultés, ce qui peut se traduire par des diminutions d’investissements productifs se répercutant sur l’offre agricole et alimentaire ; Argentine avec une fragilité politique, économique et financière… Ces économies n’ont pas saisi l’opportunité de la hausse des prix des matières premières pour moderniser leur outil de production, y compris en agriculture.

- Une dépression mondiale du type 1929 avec baisse cumulée des prix agricoles.

- L’évolution de la parité du dollar et donc de la politique monétaire américaine.

- Le prix du baril de pétrole (impacts sur le prix du gaz et donc des engrais) : à suivre, le comportement des producteurs et le profil de la demande mondiale, des réserves disponibles…

- Des tensions géopolitiques, et elles sont nombreuses : Mali, Syrie, Libye, Égypte, Corée du Nord… pouvant se traduire par une succession de conflits porteuse d’un conflit plus général.

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