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Les chasseurs demandent à la justice de libérer leurs appelants

La Fédération nationale des chasseurs (FNC) conteste devant le Conseil d’État l’interdiction qui est faite aux chasseurs de gibier d’eau d’utiliser leurs appelants pour la chasse du gibier d’eau.

Le transport des appelants étant interdit pour cause d'influenza aviaire, la chasse du gibier d'eau s'en trouve restreinte.
© Fédération des chasseurs de la Somme

 

Pour bon nombre de chasseurs de gibier d’eau déjà remontés par les mesures de confinement qui leur avaient interdit l’accès à leurs installations, les déconvenues ne sont pas terminées. En effet, en raison de la réapparition du virus de la grippe aviaire en France, le transport des appelants utilisés pour la chasse est suspendu. Or, sans ces appelants, « l’essence même de la chasse au gibier d’eau » précise la fédération nationale des chasseurs (FNC), la pratique se résume à peau de chagrin.

Dans un communiqué, la Fédération nationale des chasseurs reconnait bien que la France et d’autres pays européens connaissent encore actuellement une situation sanitaire compliquée « depuis la mi-novembre » ; néanmoins, elle juge les mesures d’interdiction des appelants pour la chasse injustifiées. Et explique avoir proposé au ministère de l’Agriculture d’autres dispositions… en vain.

Hier, le mercredi 16 décembre, la FNC a donc déposé un recours en référé devant le Conseil d’État, pour « rupture d’égalité » entre les possibilités de transport accordées aux particuliers ou aux professionnels de la filière avicole et les chasseurs.

En effet, explique la centrale cynégétique, « si les premiers peuvent transporter les oiseaux par dérogations, les chasseurs, eux ont interdiction de bouger leurs appelants jusqu’à leur zone de chasse, souvent proche de leur domicile. Une telle discrimination n’est pas justifiable même dans une situation de crise sanitaire ».

Comme il l’avait déjà fait pendant les périodes de confinement liées à la Covid-19, le monde de la chasse insiste par ailleurs sur le rôle de sentinelle sanitaire que les chasseurs peuvent jouer vis-à-vis de la faune sauvage. « Interdire le transport d’appelants revient à priver la nature de l’observation attentive des milieux naturels par les chasseurs de gibier d’eau », jure la FNC.

Crainte d’une double peine

Pour Willy Schraen, son président, « il ne peut y avoir deux poids et deux mesures entre les particuliers ou les professionnels de la filière volaille et les chasseurs face à la grippe aviaire ». Il rappelle par ailleurs que « la pandémie de covid-19 est déjà suffisamment impactante », et regrette « une double peine pour les chasseurs ».

Les professionnels de la filière volailles apprécieront quant à eux que leur activité soit comparée et mise au même niveau que la pratique d’un loisir, à l’approche d’une période décisive pour leurs métiers.

En élevage ou dans la faune sauvage, les cas d'influenza aviaire se multiplient

Après trois cas dans les Landes, l'épizootie d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) s'étend vers le Nord avec deux nouveaux élevages touchés en Vendée et dans les Deux-Sèvres, d'après un communiqué du ministère de l'Agriculture du 14 décembre. Les deux exploitations concernées sont un élevage de canards maigres de Saint-Maurice-des-Noues (Vendée) et un élevage de canards de Barbarie reproducteurs installé à Saint-Sauveur-sur-Bressuire (Deux-Sèvres). « A ce jour, cinq élevages professionnels ont été touchés par le virus H5N8 », résume le ministère. « L’ensemble des oiseaux de ces élevages ont été abattus sans délai ou, pour les plus récents, sont en cours d’abattage », a-t-il également précisé. Pour chaque foyer, des zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km) ont été mises en place, au sein desquelles les mouvements de volailles sont interdits. Par ailleurs, la Rue de Varenne fait état de deux nouveaux cas d'IAHP sur des oiseaux sauvages : « une oie bernache dans le Calvados et une autre dans le Morbihan », soit en tout cinq foyers en faune sauvage.
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