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Les chevaux, vecteurs de proximité pour les gendarmes de la Baie

Un poste à cheval de gendarmerie a été créé cet été à Saint-Valéry-sur-Somme. Une première en France. Les quatre chevaux facilitent le contact avec la population et s’avèrent parfaitement adaptés au terrain. 

Les gendarmes à cheval sont parfaitement adaptés au territoire de la Baie de Somme : accès aux endroits accidentés, préservation de l’environnement, contact facilité avec la population… 
Les gendarmes à cheval sont parfaitement adaptés au territoire de la Baie de Somme : accès aux endroits accidentés, préservation de l’environnement, contact facilité avec la population…
© Alix Penichou

«Cette création de poste à cheval en province est une première en France», se félicite le lieutenant-colonel Caroline Lebas, commandante de régiment de cavalerie à la Garde républicaine. Elle a piloté le projet en lien avec la gendarmerie de Saint-Valéry-sur-Somme depuis un an, et celui-ci s’est concrétisé en août. Son inauguration officielle avait lieu jeudi 7 octobre. Brandy, Arlequin, Filou et Eyvrest ont pris leurs quartiers au domaine de l’Ambroise et sillonnent chaque jour la Baie de Somme. Huit gendarmes, dont quatre sous-officiers et quatre gendarmes adjoints se relaient. 

Le projet a notamment abouti grâce à une contribution de 50 000 € du Conseil départemental de la Somme, qui y voit un intérêt dans la préservation de son Parc naturel régional, ainsi que de 180 000 € de crédits britanniques, attribués pour participer à la lutte contre l’immigration clandestine. «Ce poste à cheval est une réponse à une stratégie globale. Elle est surtout adaptée à une pression migratoire de plus en plus forte», assure Muriel Nguyen, préfète de la Somme. Pour elle, trois priorités sont identifiées : «surveiller le littoral pour éviter les départs sur des embarquements de fortune qui conduiraient ces migrants à la mort, démanteler des réseaux de passeurs et de trafic, et contrôler les flux en éloignant les étrangers en situation irrégulière.» 

Depuis leur arrivée le 16 août, les chevaux ont des journées bien chargées. «Ils effectuent des patrouilles quotidiennes de deux ou trois heures, soit environ 15 km, dans des terrains très variés : plage, plaine, route, ville bois…, explique le lieutenant-colonel Caroline Lebas. Ils accèdent là où les voitures ne peuvent pas aller. Ils offrent une vue en hauteur stratégique.» Parmi leurs missions, les gendarmes à cheval sont d’excellents atouts dans la recherche de personnes disparues, ou dans le maintien de la sécurité lors d’événements. Festival du Chahut vert à Poix-de-Picardie R4 festival à Revelles ou encore foire de Gamaches ont bénéficié de la protection de cette originale patrouille. «Grâce à l’achat d’un van pour transporter les équidés, nous pouvons couvrir un large territoire», précise le commandant Martin.

Ces chevaux sont de véritables professionnels, âgés de sept à onze ans, formés dès leurs trois ans à la Garde républicaine. Tous les quatre ont d’ailleurs participé au défilé du 14 juillet à Paris. «Ils sont dotés de qualités bien précises : ils toisent tous plus d’1,65 m, sont froids dans leur tête, endurants, peu craintifs, ont appris la patience…» Pour les préserver au maximum, les gendarmes sont à leurs petits soins. «Notre journée ne consiste pas qu’à patrouiller. Nous consacrons aussi beaucoup de temps aux soins de nos chevaux», affirment-ils. Ceux-ci seront présentés à la réforme à seize ans, et pourront prolonger leur carrière de deux ou trois ans si leur santé leur permet.

 

Sympathiques… Mais impressionnants 

Ils sont aussi un vecteur de proximité. «Le gendarme à cheval est plus sympathique que le gendarme en Kangoo, sourit la garde Camille Gacoin, cavalière d’Eyvrest. Un jour à Saint-Valéry, un homme est par exemple venu me demander s’il pouvait caresser mon cheval. J’ai répondu que c’était possible, mais que ce serait mieux s’il portait son masque. Les consignes passent plus facilement !» Un bon contact avec la population est forcément un atout. «Nous discutons beaucoup avec les chasseurs, par exemple. Ils connaissent le territoire par cœur et le sillonnent le jour comme de nuit, dans leurs huttes. Ils voient beaucoup de choses.»

Mais ne vous y trompez pas, le gendarme à cheval n’est pas juste «sympathique». Sa mission reste bien de faire régner l’ordre. Le cheval peut alors être un excellent outil pour dissuader. «Un cheval qui se cabre, c’est impressionnant. Ils ont déjà eu à le faire pour faire revenir un groupe de jeunes un peu trop excités au calme», assure le commandant Martin.

 

Camille Gacoin : «Je vis mon rêve»

«Si on m’avait dit un jour qu’un poste de garde à cheval serait créé en Baie de Somme et que j’en ferais partie, je ne l’aurais peut-être pas cru. Je vis un rêve !» Camille Gacoin, sous-officier de la gendarmerie, fait partie des huit cavaliers qui ont rejoint les gendarmes du littoral, à Saint-Valéry-sur-Somme. Les souhaits de la petite fille du pays, originaire de Frettecuisse, près d’Oisemont, ont été exaucés. Elle a appris à monter à cheval au centre équestre de la Claire Fontaine, à Fontaine-le-Sec, et a toujours voulu intégrer la Garde républicaine. Créée en 1849 par Napoléon Bonaparte, l’unité rattachée à la gendarmerie nationale est aujourd’hui la plus grande formation montée au monde et la dernière unité montée de l’armée française. «Après un baccalauréat et des études en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), j’ai intégré l’école des sous-officiers. Par chance, il y avait des postes à la Garde républicaine et j’ai été reçue.» Douze ans d’exercice en Île-de-France plus tard, pendant lesquels elle s’est pleinement épanouie, cette nouvelle affectation est inespérée. «Après le défilé du 14 juillet aux Champs Elysées, je patrouille en Baie de Somme. Quoi de mieux ?» Cerise sur le gâteau : elle y est affectée avec son partenaire de cœur, Eyvrest Leuviah, bel hongre alezan de sept ans, qu’elle forme depuis ses trois ans. «Je ne vais pas laisser ma place de sitôt, c’est certain !»
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