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Élevage du jeune veau
Les clés d’un départ réussi pour assurer l’avenir du troupeau

L’élevage du veau demande une attention particulière et une surveillance quotidienne : gestion des premières heures de vie, aliments de qualité, logement confortable, nettoyage et désinfection des équipements assurent déjà un bon départ pour la génisse laitière.

Tout démarre avec une bonne préparation au vêlage afin d’avoir un colostrum de qualité pour le veau. La synthèse du colostrum débute trois semaines avant vêlage, cela signifie qu’il faut maîtriser la ration «préparation au vêlage». Cette phase doit répondre à des règles simples : un apport en fibres courtes, un équilibre énergie-azote, une complémentation sur-mesure en minéraux, vitamines et oligos et enfin une Baca. La ration doit apporter 10 à 12 UFL et 1 000 PDI/J/VL. En plus de fabriquer un colostrum de qualité, cela permettra une réduction des problèmes autour du vêlage et une meilleure production laitière.

La naissance, un moment décisif. Le veau, fraîchement né et dépourvu d’immunité. Sa survie et son bon démarrage reposent sur des pratiques rigoureuses lors de cette période :

• Un environnement propre, sec et désinfecté.

• La séparation rapide du veau de sa mère afin de limiter la contamination par les microbes.

• La désinfection du nombril pour prévenir les infections.

• Une mise à l’abri dans un logement chaud, confortable et bien ventilé.

Enfin, la clé reste sans conteste la prise rapide de colostrum. Le colostrum est un concentré d’énergie, d’anticorps, d’antimicrobiens naturels, d’oligo-éléments et de vitamines. Tous ces éléments assurent la protection du veau : cela reste le meilleur vaccin ! Attention aux fausses idées reçues ! Un colostrum jaune et épais n’est pas toujours synonyme de bonne qualité ! Le seul moyen de connaitre la concentration en immunoglobulines (IgG) du colostrum c’est de réaliser une mesure à l’aide d’un pèse colostrum. Le réfractomètre reste l’outil le plus fiable pour vérifier la qualité du colostrum. La méthode est simple, il suffit de placer quelques gouttes de colostrum sur le prisme du réfractomètre et de regarder la position du colostrum sur l’échelle de mesure. L’échelle donne une valeur de Brix qui détermine la concentration en immunoglobulines et donc la qualité du colostrum.

Deux stratégies possibles en élevage : limiter la mortalité en apportant au veau 200 g d’IgG ou éviter les veaux malades en visant un apport de 300 g d’IgG. Le volume du colostrum à apporter au veau dépend donc de sa qualité. Avec un colostrum à 22 % de Brix, cela signifie que le colostrum apporte 50 g/l d’IgG, il faudra donc lui faire ingérer 4 litres pour couvrir ses besoins. Pour un colostrum à 24 % de Brix, 3 litres lui assurent sa survie et 4 litres le protège des maladies.

Lorsque la qualité du colostrum est très bonne, pensez à en congeler pour les prochains vêlages ! Vous pouvez le stocker dans des bouteilles adaptées, des sachets glaçons ou poches à colostrum. Attention lors de la décongélation, elle devra se faire au bain marie, maximum à 55 °C afin de ne pas altérer sa qualité.

Le colostrum doit être collecté, conservé puis préparé en respectant de bonnes conditions d’hygiène afin de limiter la présence de bactérie, dont le nombre peut doubler en vingt minutes. Un colostrum riche en bactérie altère l’absorption des IgG.

La buvée du colostrum doit intervenir au plus tôt après vêlage afin de favoriser l’absorption des anticorps par la barrière intestinale du veau.  12h après la naissance les intestins ne laissent passer plus que 50 % des anticorps absorbables, et plus rien au-delà de 24h.

Vient ensuite la phase lactée. Pour garantir une bonne digestion et éviter les troubles digestifs, plusieurs règles sont incontournables lors de cette étape :

• Une eau chaude à bonne température pour la préparation du lait (environ 55 °C).

• Un matériel propre et désinfecté (seaux, tétines, mélangeurs).

• Des outils de mesure fiables pour respecter les concentrations et températures.

• Une température adaptée lors de la distribution (environ 40 °C)

• La régularité des quantités et des horaires est également essentielle au confort digestif du veau.

Poudre de lait ou lait entier, à chacun ses choix. La poudre de lait permet de distribuer un lait stable. Un aliment d’allaitement contenant plus de 30 % de poudre de lait écrémé rassasient le veau plus longtemps et permet une digestion plus lente dans la caillette et limite les problèmes digestifs. Le lait entier présentant un TB entre 38/40 g/kg et un TP à 32/33 g/kg, représente la composition idéale. Le lait entier nécessite quelques recommandations afin d’assurer une bonne digestion et une bonne croissance : pas de lait antibiotique sur les veaux afin d’éviter l’antibiorésistance, réduire les quantités distribuées si TB > 42 g/kg et s’il vous plaît, pas d’eau dans le lait ! Cela perturbe la bonne digestion du lait.

Afin d’assurer un gain quotidien d’environ 900 g/jour permise par le lait, l’apport d’un concentré 1er âge est indispensable. Il doit être apporté après une semaine de vie en faible quantité au départ. Couplé à un fourrage fibreux, il permettra le développement du rumen.

Enfin, un aliment qui fait débat dans vos élevages : l’eau ! Dès la première semaine de vie, l’eau propre doit être mise à disposition du veau. Cela permet d’augmenter l’ingestion des concentrés (1 kg d’aliment = 3 litres d’eau) et du lait ainsi que la préparation du veau au sevrage.

Pour terminer, le sevrage est une période sensible et potentiellement stressante pour l’animal. Il doit être envisagé lorsque le veau consomme au moins 2 kg de concentré par jour, et lorsqu’il a atteint 100 kg PV. Afin de limiter le stress, le sevrage doit être progressif et ne pas être cumulé avec d’autres changements (bâtiment, lot, alimentation).

De la prise de colostrum à la gestion du sevrage, chaque décision prise durant les premiers mois de vie du veau a un impact direct sur sa santé, sa croissance et ses performances futures. Bien nourrir, bien loger et bien observer le veau, c’est investir durablement dans l’avenir du troupeau et dans la rentabilité de l’élevage.

Il y a peu de vieilles vaches sans bonnes génisses !

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