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Les éleveurs de bovins attendent le ministre sur les arbitrages de la Pac

Avant l’assemblée générale de la FNB, le tour des préoccupations des éleveurs.

«C’est l’export qui redonnera du dynamisme à la filière», souligne Guy Hermouet, vice-président de la FNB.
«C’est l’export qui redonnera du dynamisme à la filière», souligne Guy Hermouet, vice-président de la FNB.
© F. D'Alteroche


A quelques jours de l’Assemblée générale de la Fédération nationale bovine qui se déroulera aux Sables d’Olonne, les 5 et 6 février, Pierre Chevalier, le président, a procédé à un tour d’horizon des préoccupations des éleveurs. Premier sujet d’inquiétude, la baisse des abattages. Estimée à 6 % en moyenne, elle peut atteindre 11 % pour certains abattoirs. «Notre situation est précaire, quand on sait que la filière viande bovine procure 800 000 emplois», a-t-il expliqué. Avec le baisse de la consommation, l’avenir de la filière pourrait être compromis par de nouveaux accords internationaux qui feraient de la viande bovine une monnaie d’échange. Il y a eu celui qui a été signé avec le Canada, celui qui est en préparation avec les Etats-Unis, sans oublier la relance des négociations avec le Mercosur et le risque d’importations massives en provenance du Brésil. «La production de viande de ces continents ne correspond pas au cahier des charges sanitaire et bien être animal exigé des éleveurs européens et français», s’insurge Pierre Chevalier, espérant que le Parlement européen ne donnera pas son feu vert à ce type d’accord.

Les perspectives à l’export pour la filière bovine française ne manquent pas.
Mais la FNB déplore que les opportunités qui apparaissent dans les pays tiers, notamment sur le pourtour méditerranéen, soient insuffisamment saisies. D’où la proposition de créer une cellule export associant FranceAgriMer et l’interprofession, sous l’égide du cabinet du ministre dont le rôle serait de faciliter le travail des entreprises, l’allègement des procédures administratives et surtout levée des obstacles sanitaires.
Mais dans l’immédiat, c’est la mise en œuvre de la nouvelle Pac qui inquiète les éleveurs. Dans le viseur : le montant de la prime à la vache allaitante. Si les éleveurs ont la garantie de toucher 200 euros pour les 40 premiers animaux, le montant n’est pas fixé au-delà. Il pourrait même être inférieur à 100 euros selon la FNB. «Tous les naisseurs engraisseurs de l’Ouest vont être laminés par la convergence des DPU. S’ils sont encore pénalisés sur la prime à la vache allaitante, ils subiront une double peine», s’insurge le président de la FNB.
«Les choix idéologiques sont contradictoires avec l’économie», renchérit Jean-Pierre Fleury, le secrétaire général en faisant remarquer que la plupart des élevages spécialisés ont une taille comprise entre 60 et 100 têtes.

Autonomie protéique
Autre sujet de crispation : le plan protéines promis dans le cadre de la Pac. Alors qu’il avait été initialement prévu que les deux tiers de l’enveloppe (150 millions d’euros) soient dédiés à l’autonomie fourragère des exploitations de polyculture-élevage, l’autre tiers revenant aux productions végétales, la FNB n’est pas du tout sure que les arbitrages du ministre de l’Agriculture aille dans ce sens.

INTERVIEW Dominique Chargé
Président de la Fédération des coopératives laitières

«Notre principal problème, c’est la volatilité des prix»


La loi d’avenir de l’agriculture et la loi sur la consommation apportent-elles une réponse en matière de gestion de la volatilité des prix ?
L’époque où la production laitière était encadrée est désormais révolue. La fin des quotas laitiers va exposer davantage les producteurs et leurs coopératives à l’instabilité des prix. C’est une évidence. Nous avons deux défis à relever, celui de la répercussion de l’augmentation de nos charges à la distribution et la volatilité des prix à l’international dont les marchés donnent d’intéressantes perspectives en volume. Sur le premier, la bagarre que se livrent les grandes enseignes plombe toute perspective de répercussion d’augmentations de tarifs et la loi sur la consommation qui vient d’être votée ne va pas assez loin pour rétablir le pouvoir de négociation des transformateurs. Quant à la loi d’avenir de l’agriculture, un certain nombre d’articles nous inquiètent comme celui prévoyant que c’est en assemblée générale que nous devons gérer de la volatilité : pour pouvoir être réactif, les prix sont et doivent rester fixés par les conseils d'administration des coopératives en mandat de gestion et en transparence.

La réforme de la Pac qui vient d’être adoptée conforte-t-elle l’avenir de la production laitière et de la transformation ?
Pour ce qui me concerne j’ai été favorable à la mise en place du paiement redistributif qui permet de récupérer une partie des DPU cédés du fait de la convergence. J’ai également soutenu la démarche de la Fédération nationale des producteurs de lait sur la mise en place d’une aide à la vache laitière. Ceci étant, je crois que le temps est venu de préparer la prochaine Pac à partir de 2020. A la Fncl, nous pensons devoir, d’ores et déjà, réfléchir à la mise en place d’une assurance marge pour faire face à la volatilité des prix et des intrants et sécuriser le revenu des agriculteurs. Ce dispositif devrait bénéficier de concours financiers massifs et notamment de l’enveloppe du premier pilier à la place des aides directes aux exploitants. La France doit conduire un important travail pour rallier d’autres Etats membres à ce point de vue.

Que vous inspire l’arrivée des Chinois en Bretagne et en Normandie ?
C’est la preuve que des clients étrangers s’intéressent à la production française, que ce soit pour la qualité des produits ou les performances de nos outils de transformation. Ce qui est le plus important est que les producteurs et la filière gardent la maîtrise des volumes et des prix. A chaque coopérative donc de continuer à maîtriser sa stratégie pour répondre aux attentes de ses associés-coopérateurs.
Ce qui pose clairement la question de la recherche de financements adaptés aux besoins et aujourd’hui, nos performances et nos marges sont trop faibles pour dégager des moyens financiers du fait de l’impossibilité de passer des hausses à la grande distribution.

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