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Les éleveurs ne lâchent pas prise

Toujours sans réponses des grandes surfaces, les éleveurs sont déterminés à maintenir la pression.

© AAP

Ils n’ont toujours pas reçu de réponse aux courriers envoyés début février aux directeurs des grandes surfaces du département et dans lesquels ils demandent une «revalorisation du prix de leurs produits issus de l’élevage». Aussi, la Fdsea, les JA et l’Uplp ont-ils décidé de mener des actions coup de poing dans les supermarchés jusqu’à obtenir gain de cause. «Les directeurs des magasins prétendent comprendre le malaise des éleveurs. Pourtant, les négociations commerciales sont toujours aussi difficiles, la grande distribution fait front et s’organise pour avoir les prix les plus bas», déplore Dominique Dengreville, président de l’Uplp. Face à cette situation, les éleveurs ont manifesté leur colère pour la troisième semaine consécutive (voir nos précédentes éditions).
Samedi 2 mars, une centaine de manifestants se sont retrouvés devant deux supermarchés, Carrefour et Leclerc, de la métropole amiénoise. Cette fois, les manifestations se sont déroulées dans la journée, aux heures de grande affluence. Les manifestants ont donc pu expliquer leurs revendications aux consommateurs. Ces derniers ont eu des réactions mitigées : certains en colère, d’autres encourageant les éleveurs à poursuivre leurs actions. Les manifestants ont éparpillé de la paille, mis des animaux et des caddies dans la galerie marchande des deux supermarchés. Le ton s’est durci au cours de la journée dans l’un des deux magasins: les rayons de viande et de lait ont été vidés. Le directeur ne souhaitait pas rencontrer les éleveurs. Toutefois une délégation est allée à sa rencontre afin de lui présenter la situation et lui demander des explications. Ce dernier doit donner des réponses au cours de la semaine.
En parallèle de cette manifestation, une délégation de la Fdsea et des JA a rencontré les parlementaires de la Somme.

ZOOM

Les parlementaires attentifs aux problèmes des éleveurs

Marcel Deneux et Daniel Dubois, sénateurs de la Somme, Pascale Boistard et Alain Gest, députés de la Somme, ainsi que Paul Gérard, directeur de la Ddtm, et François Bonnet, directeur de la Draaf de Picardie, ont répondu présent samedi 2 mars à l’invitation que leur avait faite la Fdsea et les JA début février.
Laurent Degenne, président de la Fdsea, a d’emblée interpelé les parlementaires sur la situation économique des élevages, les installations qui régressent et les cessations d’activité qui augmentent. Un message bien compris par les parlementaires conscients de ces problématiques. «Il est urgent d’augmenter les prix à la production dans les exploitations, a reconnu Pascale Boistard. Les consommateurs veulent de la qualité, de la traçabilité, mais sans y mettre les prix. Il faut leur expliquer, les rassurer». Olivier Thibaut, vice-président de l’Uplp, a rappelé à ce propos que les indicateurs prévu dans l’accord du 3 mai sont déclenchés depuis quelques mois et qu’il est donc plus que nécessaire d’appliquer cet accord.
Marc Hossart, président des JA, a pour sa part déploré les contraintes environnementales qui «s’accumulent dans les exploitations». Daniel Dubois a affirmé qu’il fallait «arrêter d’ajouter des contraintes et ne plus imposer des normes françaises supérieures aux normes européennes». Dominique Dengreville a interpelé les parlementaires sur les promesses proférées par François Hollande au Salon de l’agriculture, et également sur le rôle de l’interprofession. «Actuellement, nous n’avons plus le droit de parler de prix du lait, de volume, car c’est considéré comme une entente».
Cette rencontre a également été l’occasion de présenter aux parlementaires la position que défend la Frsea Picardie et donc les trois départements picards sur la réforme de la PAC.
A l’issue de cette entrevue, Pascale Boistard a proposé une nouvelle rencontre afin que, de son côté, elle puisse étudier les marges de manœuvre existantes pour améliorer la situation des éleveurs.

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