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Produits de saison
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait sa première récolte en 1978. Aujourd’hui, sa femme et son fils, Isabelle et Alexandre, ont repris l’exploitation qu’ils continuent de diversifier dans la production de fruits et légumes, mais les fraises restent leur produit phare.

La cueillette des fraises est une période qu’Isabelle Dumont aime particulièrement. «Les gens sont impatients. Aux marchés, ils me les réclament depuis quelques semaines. Mais je veux attendre qu’elles soient bien rouges et goûteuses, pour leur proposer un bon produit», sourit la co-gérante des Fraises du Santerre à Crémery, près de Roye, installée avec son fils Alexandre. Ce 27 avril, ce n’était plus qu’une question de jours. «Vu comme les pieds sont bien fournis, ça devrait être une belle saison !»

Voilà près de cinquante ans que les fraises sont cultivées ici. «J’ai planté les premiers pieds en 1978. Ça m’a toujours passionné. J’ai même fait mon rapport de stage sur cette culture lorsque j’étais étudiant. Les fraises ont remplacé les vaches», raconte Pierre, le mari d’Isabelle aujourd’hui à la retraite. Isabelle le rejoint à la ferme en 1996 et tombe aussi sous le charme de la culture. Désormais, l’exploitation de 65 hectares comprend du blé, des pommes de terre, des oignons, des betteraves rouges, du maraîchage, 4 ha de vergers (pommes et poires), ainsi que des fruits rouges : framboises, cassis, groseilles, cerises… et cinq serres de fraises, donc.

Des Talisman aux Magnum

Pierre se souvient : «les premières variétés étaient des Talisman et des Surprises des halles, cultivées en pleine terre.» Ces variétés anciennes sont aujourd’hui remplacées par la Joly, la Favori et la Magnum — la préférée d’Isabelle — désormais hors sol. «C’est moins risqué, mais très technique», assure-t-elle. La maraîchère a débuté les plantations en février, en pots individuels. «Il faut ensuite tout installer dans les serres, mettre en place le système d’irrigation, nettoyer les pieds et suivre la culture.»

Ici, les traitements sont faits uniquement quand c’est nécessaire, contre le botrytis, cette maladie qui se propage lorsqu'il fait chaud et qu'il y a trop d'humidité dans l'atmosphère. «On aère autant que possible pour limiter le risque.» Les Dumont parviennent en revanche à se passer d’insecticides. «Lorsqu’il y a présence d’acariens, de thrips ou de pucerons, nous faisons des lâchers d’auxiliaires. Ça coûte plus cher, mais c’est mieux pour la santé de tout le monde.» Pour booster la production, Isabelle est devenue un as du pilotage de l’irrigation. «Il y a des périodes où la plante doit être un peu stressée pour favoriser la pousse des fruits, et d’autres où elle a besoin d’eau en quantité.»

Jusqu’à l’automne

Une fois bien mûres, les fraises sont cueillies au jour le jour, à la main, directement mises en barquettes. Là aussi, la technique est à prendre. «On coupe les hampes des Magnum, alors qu’on ne prend que les fraises des pieds de Favori.» Elles sont vendues à la ferme et aux marchés de Senlis, Amiens Saint-Leu, Dury et Corbie. «J’aime le contact avec les gens. On prend des nouvelles des uns et des autres, ils en font autant avec nous. Ils connaissent nos manières de produire…», confie l’agricultrice. En juin, les clients pourront aussi se régaler de framboises, de groseilles, de cassis, puis de cerises. Isabelle replantera dix-mille pieds de Magnum qui repartiront en août et en septembre. La Favori, remontante, donnera jusqu’aux premières gelées d’automne. De quoi faire durer le plaisir.

 

Un nouveau pic de production attendu lié à la concurrence inter-régions

Le 23 avril, l’AOPn Fraises et framboises de France tire la sonnette d’alarme concernant un pic de production dans les deux semaines avenir. «Après un premier record de volume historique pour la gariguette juste après Pâques (1 400 tonnes récoltées par l’AOPn Fraises), la filière entre dans une nouvelle zone de turbulences. Et cette fois, c’est tout le territoire qui est concerné», explique-t-elle. La cause en serait le télescopage entre les bassins de productions. «Les bassins dits “précoces“ du Sud-Ouest, du Sud-Est et de la Bretagne maintiennent de gros volumes, tandis que les régions plus tardives (Sologne, Rhône-Alpes) entrent à leur tour en pleine production», explique l’AOPn. De plus, la météo instable depuis le début de la saison rend difficile l’anticipation des volumes, fragilisant la dynamique commerciale. Enfin, le 1er mai, jour férié, vient mécaniquement amputer la consommation d’une journée clé dans cette période cruciale. Face à cet afflux, l’AOPn note que la grande distribution se mobilise pour soutenir l’écoulement des volumes : «Plusieurs enseignes dégainent des opérations promotionnelles fortes».

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