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Les Français toujours fidèles à l’odeur du sapin

Alors que le maire de Bordeaux envisage de bannir les sapins de Noël de sa ville, l’association française du sapin de Noël publie une enquête qui témoigne d’un attachement fort des Français à cette tradition.



Il en existe de différentes variétés, de différentes formes et, depuis plusieurs années, on peut même en trouver de nouvelles dans des matières autres que du végétal. Alors on est en droit de se poser une question : quelle mouche a piqué le maire de Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic, lorsqu’il a annoncé ne plus vouloir installer un sapin de Noël dans sa ville pour accompagner les célébrations des fêtes de fin d’année ? Si cette annonce a suscité un formidable buzz sur le web et les réseaux sociaux, la décision du maire a aussi provoqué une profonde inquiétude chez les producteurs de sapins. La réaction de la filière ne s’est, quant à elle, pas faite attendre. Dans les jours qui ont suivi, Val’hor, l’interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage publiait ainsi une grande enquête tendant à montrer que les Français restent dans leur grande majorité attachés au sapin de Noël, fusse-t-il un arbre «mort».

Un budget moyen de 27,30 €
Qu’en ressort-il ? D’abord que le sapin de Noël «apporte dans les maisons une note végétale qui fait la joie des familles, somptueusement parés de guirlandes, boules et autres éléments de décoration qui rendent chaque sujet unique», se réjouit Val’hor. Le second enseignement de cette enquête porte sur le volet économique. Bien qu’il soit concurrencé par le sapin artificiel, le sapin naturel continue de séduire puisqu’il représente encore aujourd’hui 84 % des achats contre 16 % pour le sapin artificiel. Entre 2018 et 2019, le nombre de foyers ayant acheté un sapin naturel entre les mois de novembre et de décembre est resté stable - 2 sur 10 -, autour de 5,8 millions d’unités. Les Français y consacrent un budget moyen de 27,23 €, ce qui représente un chiffre d’affaires de 158,9 millions d’euros. La majorité des achats s’effectue dans les jardineries, libres-services agricoles et la grande distribution - ils représentent plus d’un sapin sur deux -, tandis que les magasins de décoration et d’aménagement de la maison voient leurs ventes progresser.

Le Nordmann en tête des ventes
Lorsque le choix des consommateurs se porte sur un sapin naturel, c’est la variété Nordmann qui continue d’être en tête. Val’hor le présente comme «une référence» puisqu’il représente 78,3 %
des parts de marché en volume (+ 0,9 %) et 82,6 % en valeur. Cette performance du Nordmann se fait au détriment de l’épicéa qui accuse un recul aussi bien en volume qu’en valeur. Les autres variétés représentent, quant à elle, autour de 3 %. Le prix moyen d’un Nordmann se situe légèrement au-dessus du panier moyen (28,80 €) quand celui d’un sapin Epicea est de 21,80 €. La taille est aussi un critère déterminant dans le choix : les sapins de plus d’un mètre de haut sont en effet plébiscités : 38 % font ainsi plus d’1,5 mètre, 45 % mesurent entre 1 et 1,5 mètre et 17 % font moins d’un mètre. Les arbres coupés restent également l’achat premier et de loin (91 %), devant ceux en pot ou en motte, toutes variétés confondues.

Une filière vertueuse
Bien qu’elle soit accusée d’exploiter des arbres «morts», la filière n’hésite pourtant pas à mettre en avant le côté «écolo» du sapin naturel comparé à son homologue artificiel : «Contrairement au sapin artificiel, qui nécessite des produits d’origine pétrolière lors de sa fabrication et parcourt de nombreux kilomètres, la culture du sapin de Noël applique des méthodes d’agriculture raisonnée.» S’agissant d’une culture végétale, «elle permet de limiter les gaz à effet de serre, de réduire les déchets ou encore d’améliorer la stabilité des sols». Aux détracteurs qui accusent (sans savoir) les vendeurs de sapins de participer à la déforesteration, on rappelle du côté de Val’hor qu’il s’agit d’une activité agricole à part entière (depuis 2003) et que «l’arbre de Noël n’est pas un sapin sauvage déraciné en forêt, mais bien une plante cultivée». Une fois la période des fêtes de fin d’année passée, s’il ne peut être replanté, le sapin ne finit pas toutefois «bêtement» abandonné : on peut en effet le déposer pour qu’il soit recyclé.
Enfin, en termes d’emploi, «la culture du sapin de Noël créent de nombreux emplois permanents et saisonniers dans les 52 départements français où sont réparties les exploitations», rappelle enfin Val’hor. Au niveau français, l’association française du sapin de Noël naturel rassemble, quant à elle, 132 producteurs engagés à rendre plus durables leur production. Dernière innovation en date : la mise en place d’un sapin Label Rouge. S’il n’est pas question de le manger, le Label Rouge du sapin garantit une qualité supérieure, comme en matière alimentaire.
Pour en bénéficier, l’arbre doit en effet répondre à un cahier des charges rigoureux sur le plan esthétique : densité de feuillage, forme équilibrée, taille et forme de la flèche. Intérêt pour la filière ? Montre qu’elle reste bien à l’écoute des nouvelles tendances de consommation et, par la même occasion, qu’elle est capable de se réinventer pour s’assurer encore de beaux jours.

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