Syndicalisme
Les jeunes agriculteurs de la Somme : doper l’installation !
Lors de leur assemblée générale, les JA ont pointé les difficultés à lever pour redresser le nombre des installations dans le département.
c’est d’aiguiller le futur installé, pas de le brider !»
Produire plus ou mieuxPour produire plus, on peut soit envisager le développement horizontal (agrandissement), mais la question porte pour un jeune sur la capacité financière ou la disponibilité foncière, et pour tous sur la réelle consolidation technico-économique qui n’est pas toujours au rendez-vous ; soit apporter de nouvelles productions, végétales ou animales sur l’exploitation, en maîtrisant l’amortissement induit quand il y en a. Quant à produire mieux, c’est un levier technique toujours d’actualité, et ce quel que soit son niveau : optimiser les coûts d’alimentation ou les conduites culturales par un conseil, la formation ou les outils d’aides à la décision permet d’améliorer soit le produit, soit les consommations, et donc conforte la valeur ajoutée.
Une dynamique politique Ces deux premiers axes sont généralement plus identifiés sur les grandes filières, végétales et animales, et reflètent donc l’essentiel du département de la Somme. C’est ce qu’a souligné Daniel Roguet, faisant la rétrospective du développement économique du département, mettant en exergue le rôle actif des hommes et des politiques menées au fil des décennies. «Le département a de la chance sur un plan pédoclimatique, mais il faut aussi s’inscrire dans une dynamique politique de valeur ajoutée». Développer l’élevage dans les années 70, déployer l’irrigation dans les années 90, utiliser les CTE dans les années 90-2000, c’est bien cela qui permet un développement à la fois dans les filières mais aussi dans les fermes. Un ressenti corroboré par les chiffres, puisque Olivier Taisne a mis en avant la différence de valeur ajouté à l’hectare qui est de 250 € entre la Somme et l’Oise, du fait de cette intensification historiquement plus forte depuis 30 ans.
Se démarquer, se diversifier…Produire plus élaboré ou produire autre chose relève davantage d’une initiative personnelle : apporter du service ou démarquer son produit permet de capter une valeur ajoutée supplémentaire, et créer une diversification comme de l’accueil à la ferme met en valeur d’autres potentiels. «Ce sont des schémas plus individuels, qui nécessitent de connaître ses propres atouts, sa réelle motivation, et de bâtir son projet en phase avec son marché identifié», a souligné Olivier Taisne, appuyé en ce sens par Daniel Roguet : «les marchés existent, ils sont en croissance, notamment dans les circuits courts ; ils ne sont pas encore saturés, car l’envie de proximité ou d’authenticité est là pour de nombreux consommateurs. Mais il faut s’entourer de conseil et savoir s’investir : vendre soi-même son produit demande un contact humain spécifique, mais aussi une ténacité pour satisfaire systématiquement le client : faire les marchés, c’est prenant !».
Du temps et de l’énergieDes propos corroborés par Emilien Piroux, qui a témoigné de son expérience personnelle : «je suis installé hors cadre familial. Mon choix d’installation a été l’élevage bovin avec vente directe de la production. Ca n’a pas été toujours simple ou évident, mais avec de l’énergie et un bon entourage, on finit toujours par créer la valeur ajoutée qui nous rémunère à hauteur de nos espérances. Une fois que l’on a ses propres paramètres et ses chiffres bien en tête, c’est une question de temps et d’énergie». Des propos encourageants pour un département qui se veut prospectif.