Aller au contenu principal

Fourrages
Les maïs sont généralement récoltés trop tard

La commission «Maïs fourrage» constate une dérive dans la qualité des maïs récoltés.

Une grande majorité des maïs sont récoltés au-delà des 32 % d’amidon, ce qui signifie que la digestibilité de l’appareil tige-feuille est affectée.
Une grande majorité des maïs sont récoltés au-delà des 32 % d’amidon, ce qui signifie que la digestibilité de l’appareil tige-feuille est affectée.
© Stéphane Leitenberger

Et s’il fallait revoir sa façon de cultiver le maïs ? Lors d’une rencontre avec la presse organisée à Amiens le 9 juillet, la commission «Maïs fourrage»(1) a tenu en tout cas à alerter : globalement, les maïs sont récoltés trop tard. L’objectif de l’éleveur devrait être de viser une récolte à 30 à 32 % d’amidon, ce qui permet d’assurer le meilleur rapport possible entre quantité d’énergie (amidon) et digestibilité tige-feuille. Or les analyses des échantillons fournis par les producteurs montrent qu’une grande majorité des maïs sont au-delà des 32 % d’amidon, ce qui signifie que la digestibilité de l’appareil tige-feuille est affectée. Bref, l’optimum de récolte n’est pas là… «Le problème, c’est que depuis trente ans, les éleveurs récoltent toujours aux mêmes dates. Or les variétés ont changé, les semis sont de plus en précoces et l’offre climatique a largement évolué, explique Bertrand Carpentier, ingénieur maïs fourrage chez Arvalis. En vingt ans on a gagné 80° base 6, ce qui correspond à 3 points de matière sèche. A cela s’ajoute le décalage des semis qui valent encore 3 points de matière sèche».

Dates de récoltes et précocité
Alors bien sûr, 2012 n’est pas l’année référence en la matière quand on sait que les semis se sont achevés fin mai cette année. Le risque de récolter trop tard est donc limité cette année. Il n’en demeure pas moins que la tendance est là et que les éleveurs ont tout intérêt à en tenir compte pour obtenir des maïs bien équilibrés dans leurs deux composantes : énergie et fibre.
Deux solutions s’offrent à eux. La première serait de revoir les dates de chantier de récoltes, en assurant une observation pointue de la culture : repérer la floraison femelle, suivre le remplissage du grain, mesurer les taux de matière sèche… Le problème c’est que les dates de chantier son déjà assez complexe comme cela à définir et doivent s’emboîter avec les autres chantiers de l’automne. De plus, la filière est pour l’heure relativement démunie en termes d’outils d’analyse au champ.
L’autre solution serait donc de faire glisser les groupes de précocité et semer des variétés plus tardives. «Déjà nous constatons que l’on sème de moins en moins de variétés très précoces, souligne Bertrand Carpentier. Mais même avec ce glissement on récolte toujours trop tard, avec des plantes dégradées. Il faut aller encore plus loin».

Digestibilité et richesse en amidon
Les semenciers ont déjà pris le virage. «En vingt ans, notre gamme a été tardifiée, souligne François Eloi, responsable du service développement maïs chez KWS France. Mais notre objectif c’est aussi d’améliorer la digestibilité des variétés riches en amidon. Car il ne faut pas oublier que le rôle du maïs c’est d’abord d’apporter de l’énergie». «D’ailleurs, insiste Bertrand Carpentier, certains éleveurs ont tout intérêt à récolter une plante très riche en amidon, notamment s’ils font de l’engraissement avec le maïs. Mais dans ce cas attention à la réalisation du silo qui s’avère beaucoup plus complexe».

(1) La commission «Maïs fourrage» regroupe Arvalis - Institut du végétal, la Fédération nationale de la production de semences de maïs et de sorgho et l’Union française des semenciers - maïs)

Noter la date de floraison

La floraison femelle est le premier indicateur de la précocité des parcelles de maïs. Noter la date de cette floraison femelle permet de faire une première prédiction de la période optimale de récolte en fourrage, qui sera affinée en cours de végétation. Pour déterminer la date de floraison femelle, entrer dans la parcelle et faire des comptages sur cent plantes et compter celles présentant des soies à un endroit homogène et représentatif de la parcelle. Une plante est fleurie quand elle présente au moins une soie. Revenir au même endroit tous les deux jours et recompter. Le jour de floraison femelle est le jour où 50 % des plantes présentent des soies. Cette floraison femelle a lieu quelques jours après la sortie hors du cornet des premières panicules (fleur mâle).

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Régis Desrumaux président FRSEA Hauts-de-France
Régis Desrumaux élu à la tête de la FRSEA Hauts-de-France, dans la continuité de son mandat dans l’Oise

Réélu en février à la présidence de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux prend désormais les rênes de la FRSEA Hauts-de-France…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Christophe Verschuere, éleveur bovin : «les arbres sont primordiaux  pour l’équilibre écologique. On voit moins de mésanges et d’alouettes,  mais plus de corbeaux ravageurs…»
Un kilomètre de haies pour la biodiversité, fruit d’un projet collectif

À Sommereux (60), l’éleveur bovin, Christophe Verschuere, plante plus d’un kilomètre de haies sur ses prairies, en partenariat…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde