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Les Maisons familiales : donner aux jeunes une capacité à gérer

Réussir la réforme du Bac pro en trois ans et ouvrir les jeunes à la dimension internationale : les priorités de la Fédération des Maisons familiales du Nord-Picardie.

L’institution des MFR s’appuie sur des établissements à dimension humaine et une pédagogie qui donne des atouts pour l’insertion professionnelle.
L’institution des MFR s’appuie sur des établissements à dimension humaine et une pédagogie qui donne des atouts pour l’insertion professionnelle.
© AAP

Comme les autres établissements d’enseignement agricoles, les Maisons familiales ont intégré la réforme de la voie professionnelle avec le passage au Bac pro en trois ans. La première promotion de ce nouveau Bac pro est sortie en 2012, et l’on a entamé à la dernière rentrée la deuxième année de réforme pour la filière services, les élèves arrivant en classe de première. Du fait de leur spécificité, les Maisons familiales ont majoritairement organisé un parcours composite. C'est-à-dire que les jeunes suivent les classes de seconde et de première dans leur MFR, et vont ensuite faire leur terminale dans une autre MFR : à Songeons pour l’Oise, à Flixecourt pour la Somme, à Rollancourt pour le Pas-de-Calais.

Le schéma de formation adapté
«Notre challenge, c’est de bien accompagner les jeunes dans ce nouveau parcours et de les mettre en situation de réussite», souligne Pierre-André Leleu, directeur de la Fédération régionale des MFR Nord-Picardie. «Avant, explique-t-il, le parcours s’effectuait sur quatre ans en passant par le Bepa. Et il y a avait une forte érosion des effectifs entre Bepa et Bac pro. La moitié arrêtait au brevet. A présent, tous les jeunes ont pour objectif de se présenter au Bac, mais avec une année de formation en moins. Par conséquent, nous devons adapter notre schéma de formation non seulement pour assurer leur réussite au Bac, mais encore pour qu’ils puissent poursuivre vers le BTS ou des professionnalisations spécifiques. C’est tout l’objet de nos réflexions».

Un bagage d’expériences
Pour ce faire, l’institution s’appuie sur son savoir-faire spécifique. «Nos équipes pédagogiques s’y retrouvent car ça colle bien à la pédagogie de l’alternance : le travail à la MFR et les mises en situation à travers les stages. C’est une réforme dans laquelle nous nous retrouvons pleinement», commente Pierre-André Leleu. « Il s’agit ainsi de donner aux jeunes une formation générale, scientifique et technique, tout en les amenant à développer leur «capacité à gérer». Un jeune qui a fait trois ans de Bac pro et deux ans de BTS par alternance dispose à la fois des connaissances acquises à la MFR et d’un savoir-faire obtenu grâce à sa capacité à gérer des situations. Il a un bagage d’expériences que tout étudiant ne possède pas forcément».
Preuve de l’intérêt de cet acquis, les résultats de l’enquête que les MFR ont fait réaliser en 2011 sur la situation des jeunes à la sortie de l’institution. Trois ans après le passage de leur examen, 83% se trouvaient en situation positive, soit avec un contrat de travail, soit en poursuite d’études. Le taux d’insertion dans la vie professionnelle est sensiblement le même quelle que soit la filière suivie. Cela va de 77% pour les services à 86% pour le commerce, l’agriculture et l’agro-équipement.

La mobilité pour s’ouvrir l’esprit
Dans ce nouveau contexte, les responsables de l’institution estiment que le jeune a besoin de vivre une expérience de mobilité dans son parcours de formation. Rien de tel en effet que d’aller voir ce qui se passe ailleurs pour s’ouvrir l’esprit, développer son autonomie. A la Fédération régionale Nord-Picardie une commission a travaillé sur ce dossier, l’idée étant que la mobilité évolue dans le cursus de formation. Ainsi, il est prévu un voyage d’étude d’une semaine dans les classes de 4è, 3è et seconde, un stage hors région en première et terminale, et un stage obligatoirement à l’étranger d’un mois minimum pour les BTS, à effectuer durant l’été entre la première et la deuxième année. Des étudiants des MFR de Flixecourt et Rollancourt ont ainsi séjourné dans des pays aussi divers que l’Australie, la Pologne, le Burkina… Au retour, certains ont organisé une conférence, d’autres ont fait une intervention lors de l’assemblée d’une organisation agricole.
«Le jeune est responsable de sa mobilité, précise Pierre-André Leleu. Mais cette démarche doit être construite en coopération avec les familles car elles sont souvent un frein à cette mobilité».
Cela étant, quels seront les besoins et quelles formations mettre en face ? Comment préparer les jeunes aux futurs enjeux ? C’est une préoccupation constante aux Maisons familiales. «Il nous faut toujours anticiper», souligne le directeur de la Fédération régionale, indiquant qu’il faudra demain que les MFR picarde aillent encore plus haut dans la formation, jusqu’au niveau 2, c'est-à-dire la licence pro. Comme cela se fait déjà à la MFR de Rollancourt.

Le challenge de classe
La notion de challenge est cultivée dans l’institution des MFR. Cette année la Fédération régionale Nord-Picardie organise le challenge de l’œuvre manuelle. Dans chaque établissement, une classe doit réaliser une œuvre concrète et symbolique dans le cadre du développement durable et en relation avec l’option développée dans l’établissement.
Cette initiative est le fait des anciens administrateurs et salariés des MFR de la région.

Des MFR au Vietnam
La coopération internationale est un autre volet de l’activité des MFR. Elles accompagnent ainsi la création de Maisons familiales dans le monde pour donner un accès à la formation à des jeunes dans des pays où cela pose de réelles difficultés. La Fédération régionale des MFR Nord-Picardie s’est investie pour sa part au Vietnam. Elle soutient dans le centre du pays quatre «Maisons de formation rurales et professionnelles» comme on les appelle là-bas.
Les formations sont axées sur l’élevage, le commerce et le tourisme. Engagée il y a huit ans, cette initiative a été relancée il y a deux ans. «Ce n’est pas facile, le pays est très encadré, reconnaît Pierre-André Leleu. Il ne faut pas imposer, mais construire ensemble si l’on veut que le projet perdure. Nous souhaitons faire profiter les gens de notre ingénierie de l’alternance et les aider à trouver des financements pour être autonomes». Vingt projets sont accompagnés de la sorte par les MFR dans le monde.

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