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Les marchés céréaliers sous pression d’abondantes récoltes en vue

Si le blé garde une capacité de rebond, le maïs traverse une phase difficile.

© AAP


«De nombreux voyants sont au vert pour la production mondiale de céréales, souligne Damien Vercambre chez inter-Courtage. Ça se présente très bien côté Europe, en blé et même en maïs, grâce aux pluies». Le tableau apparaît plus sombre aux Etats-Unis, notamment dans les plaines du sud, où mûrissent avec difficulté des plants de blé rouge d’hiver très affectés par des mois de sécheresse. Mais là aussi, les derniers bulletins météo viennent rassurer les marchés. Reste particulièrement surveillée la situation des blés au sud de la Russie, en proie à un stress hydrique aggravé par une vague de chaleur.
Le dernier rapport mensuel du département américain à l’Agriculture (Usda), publié le 9 mai, souligne l’abondance de la production mondiale pour 2014-15, à 697 Mt de blé (-2,4 %). En maïs, à 979 Mt, elle devrait être quasi similaire à celle de la campagne qui s’achève, marquée par des récoltes records.

Retour aux fondamentaux
«Le potentiel de production en blé en Europe est actuellement prometteur», appuie le cabinet Agritel, qui estime que la récolte pourrait atteindre 137,9 Mt. La Commission européenne est un peu moins optimiste : elle table sur 135,9 Mt pour le blé (37,4 Mt en France contre 36,8 Mt l’année précédente), ce qui représenterait tout de même une hausse d’environ 1,5 Mt par rapport à la récolte antérieure. Pour le maïs, un peu plus de 69 Mt seraient récoltées, soit un niveau stable.
«Les fondamentaux ont repris le dessus», souligne Coop de France dans son hebdomadaire paru le 16 mai. En d’autres termes, les spéculations liées aux conditions météo ou à l’instabilité géopolitique sont passées au second plan. Les marchés subissent la pression des bonnes perspectives de récoltes mondiales.

Le maïs pèse sur le blé
Pendant la première quinzaine de mai, le cours du blé sur le marché français a perdu 11 à 15 euros la tonne, selon les parités, pour les livraisons mai/juin, relève la publication de la coopération agricole. En nouvelle récolte, il a baissé de 6 à 10 euros la tonne. «Le marché a intégré l’instabilité en Ukraine : les opérateurs n’en ont pas rajouté sur la prime de risque», explique notamment Jean Charzat, de la société de négoce Bunge.
Après s’être dégonflés, les prix peuvent-t-ils rebondir ? «Certains pensent que les conditions de cultures en Russie, aux Etats-Unis, les tensions en Ukraine peuvent alimenter une hausse du marché», rapporte Damien Vercambre. Jusqu’à la récolte, les cours peuvent fluctuer sous l’influence de la météo : c’est le «weather market».
Agritel estime que si le blé garde une capacité de rebond, le maïs «traverse une phase difficile. Néanmoins le potentiel de repli paraît moins important que ce qui a pu être observé en 2013». Le marché mondial ploie sous d’importants stocks de maïs. Cela pèse sur le cours du blé. «Les prix de la nouvelle récolte ne devraient pas dépasser ceux de l’ancienne», estime Jean Charzat, qui pointe le manque de compétitivité du blé origine UE.
Un espoir vient de l’affaiblissement de la monnaie unique, dans un marché qui anticipe une action de la BCE (Banque centrale européenne) début juin, afin de stimuler l’économie de la zone euro et peser sur une devise jugée trop forte.

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