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Les petites recettes de Novial pour nourrir durablement les animaux

La filiale du groupe Noriap spécialisée dans la nutrition animale a ouvert les portes de son usine de Noyelles-sur-Escaut (59) fin de semaine dernière aux responsables France de Lidl ainsi qu’aux autres partenaires d’un groupe de travail pour trouver des alternatives au soja. 

Parmi les engagements de Novial, celui de garantir aussi la traçabilité  des aliments destinés aux animaux d’élevage.
Parmi les engagements de Novial, celui de garantir aussi la traçabilité des aliments destinés aux animaux d’élevage. 
© Vincent Fermon

En tant que leader régional de la fabrication d’aliments pour les animaux d’élevage, Novial ne pouvait pas rester insensible à une démarche visant à trouver des alternatives au soja importé. Sur les 356 000 tonnes de matières végétales que la filiale du groupe Noriap achète chaque année pour faire son métier, «10 % de ce volume, c’est du soja», expliquait le 25 juin
le directeur général de Novial, Gaël Peslerbe. Avec cinq sites de production, un volume produit de 365 000 tonnes sur un marché régional de 850 000 tonnes, et un chiffre d’affaires de 121 millions d’euros, Novial explique s’être engagé dans le groupe de travail «soja» de manière «volontaire et responsable», et rappelle ses engagements d’entreprise de : «nourrir les animaux en garantissant la sécurité alimentaire avec comme priorité de créer de la valeur ajoutée». Un autre chiffre qui compte, donné par le directeur commercial des activités hors-sol de Novial, Jean-Loup Sterin, c’est celui que représente les matières premières dans le prix final d’une tonne d’aliments fabriqués : «81 % de notre prix de vente est fait des matières premières», détaille-t-il. «Depuis six mois, sur un aliment facturé 300 /t, on a augmenté de 50 E. Nous sommes très dépendants de la fluctuation de ces matières» ; et celui du soja ne fait pas exception. Au passage, Novial souligne que l’implantation d’usines de production d’insectes dans la région – on pense, par exemple, à Ÿnsect ou InnovaFeed – est également source d’une concurrence accrue sur le marché régional des céréales et de leurs coproduits. 

 

Intérêt pour du soja made in France 

Dans l’idéal, Novial voudrait pouvoir réduire sa dépendance à des matières premières importées, pour au moins trois raisons : l’une est environnementale, l’autre est économique, la dernière est organisationnelle. «Tout ce qu’on importe du bout du monde a un impact sur notre empreinte écologique et nous rend dépendant», estime Jean-Loup Sterin. «En août dernier, nous avons passé des commandes pour du soja non OGM qui ne seront pas honorées. C’est ce que nos fournisseurs nous ont dit et, malheureusement, il faut que l’on se débrouille.» 

Se passer du soja sans possibilité de substitution ? Impossible, selon Novial : «Dans chaque formule d’aliment, il y a entre 10 et
25 matières premières et chacune a son importance pour répondre à des exigences nutritionnelles d’une espèce. Si on supprime complètement le soja, cela revient à se passer d’acides aminés intéressants.
» D’une manière générale, Novial travaille quelque 1 700 formules alimentaires «pour garantir la performance technico-économique aux éleveurs», affirme M. Sterin. Cultiver du soja dans la région, voire ailleurs en France, pour réduire les importations ? L’idée fait son chemin. Pour l’heure, le défi est loin d’être gagné : manque de chaleur, pas assez d’eau. Toutefois, assure-t-on chez Novial, comme chez Noriap, essais et évolution génétique devraient permettre d’offrir aux agriculteurs et aux acheteurs de leurs produits l’opportunité de produire du soja «made in France» à un prix plus abordable qu’actuellement ; sans tourner le dos pour autant à d’autres substituts sur lesquels la recherche avance également.

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