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Loisirs
Les plages samariennes, destinations idéales pour la baignade

Comme partout en France, l’été est signe de baignade sur les pages des Hauts-de-France. Ce 22 mai, l’Agence régionale de santé (ARS) et l’Agence de l’eau Artois-Picardie présentaient leur classement annuel de la qualité des eaux de baignade dans la région. La situation se dégrade globalement, mais les plages de la Somme sont les meilleures élèves.

Il fait bon se baigner dans la Somme. C’est ce qu’atteste le classement annuel de la qualité des eaux de baignade en Hauts-de-France, que l’Agence régionale de santé (ARS) et l’Agence de l’eau Artois-Picardie présentaient ce 22 mai.

Dans le détail, l’eau est de bonne qualité à Fort-Mahon et à Quend-Plage-les-Pins, et d’excellente qualité à Cayeux-sur-Mer, Woignarue et à Ault. Mers-les-Bains, qui dépend de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, bénéficie aussi de la mention excellente qualité. Seule la plage du Crotoy reste hors classement, étant interdite à la baignade depuis 2018 (cf. encadré). Cette performance n’est cependant pas la même sur le littoral du Nord Pas-de-Calais. Il s’agit même du «plus mauvais classement depuis 2013». Sur la carte de la qualité des eaux de baignade, les points orange, signe de qualité suffisante, se multiplient, comme à Neufchatel-Hardelot, Audinghen, Wissant, Oye-Plage… Des points rouges indiquent même une qualité insuffisante à Camiers-Saint-Gabriel, au Portel, à Boulogne-sur-Mer et à Escalles.

«Nous remarquons une dégradation globale, due en grande partie au printemps et à l’été 2024 très pluvieux», explique Christophe Heyman, responsable du service des risques sanitaires à l’ARS. «Les sites de baignade sont le réceptacle des eaux de surface. Tout commence à la plaque d’égout, puis l’eau se charge en polluants le long de son parcours», complète Isabelle Vincent, directrice générale adjointe de l’Agence de l’eau Artois-Picardie.

Pour évaluer cette qualité des eaux de baignade, l’ARS s’est appuyée sur six cents prélèvements réalisés entre mai et septembre 2024, sur quarante-trois sites identifiés, en mer comme en eau douce. «Ces prélèvements sont effectués dans les zones de fréquentation maximale ou présentant le plus grand risque de pollution», précise Christophe Heyman. Les échantillons d’eau sont analysés dans le détail : mesure de pH, changement de coloration de l’eau, présence de déchets flottants et, surtout, détection de pollutions provenant d’eaux usées, de déjections d’animaux, de débordements de bassin de rétention d’eaux de pluie. «En découlent des traces de bactéries Escherichia coli et d’entérocoques intestinaux.»

La baignade est-elle dangereuse dans les sites classés en qualité insuffisante ? «Il s’agit de risques bénins pour la santé, qui restent faibles. Une telle pollution peut provoquer au maximum une gastro-entérite», tempère Christophe Heyman. L’ARS n’oblige donc pas à une interdiction de la baignade. «Le profil de baignade est un outil sur lequel peut s’appuyer le responsable du site, qui est le maire de la commune, pour organiser ce que l’on appelle une gestion active. Celui-ci peut décider d’une fermeture préventive de quelques jours, par exemple après un épisode de fortes pluies.»

Pour atteindre l’objectif d’atteindre un niveau minimum de qualité suffisante pour toutes les baignades, et maintenir les sites classés en excellente et bonne qualité, l’Agence de l’eau Artois-Picardie mise sur une réflexion à l’échelle du bassin versant. «Pour les eaux de baignade, l’enjeu prioritaire est la gestion des eaux pluviales. Nous y consacrons 164 M€, sur les 1,2 Md€ de notre programme d’intervention», annonce Isabelle Vincent. De nombreux travaux ont déjà été réalisés. Au Portel (62) et à Calais, par exemple, la file (circulation) de traitement des eaux pluviales à la station d’épuration a été revue. À Audresselles, une nouvelle station d’épuration et un bassin de pollution ont été 
créés.

La responsabilité de tous

Isabelle Vincent rappelle que «la qualité de l’eau est la responsabilité de tous», puisque tout ce qui est rejeté dans les réseaux d’eau part à la mer. «Chacun doit ramasser les déjections canines et respecter la réglementation concernant l’accès des animaux à la plage, utiliser des crèmes solaires sans impact sur l’environnement, ne pas jeter ses eaux usées ou des déchets dans le réseau de collecte des eaux pluviales.» L’idéal, plus coûteux, est le raccordement du logement au réseau d’assainissement collectif ou une mise en conformité d’un équipement d’assainissement non collectif. Les activités agricoles, elles, ont peu d’impact sur la qualité des eaux pluviales. «Il n’y a que dans les estuaires où le pâturage est très présent, et que le bétail a accès au cours d’eau pour s’abreuver, qu’il peut y avoir un problème. On accompagne alors l’éleveur à disposer d’autres points d’eau et à fermer l’accès au cours d’eau, pour que le bétail ne puisse pas déféquer dedans», précise Ludovic Lemaire, responsable du service mission littoral de l’Agence de l’eau.

Pourra-t-on se baigner au Crotoy un jour ?

Pourra-t-on se baigner au Crotoy un jour ? La question est sur toutes les lèvres des amoureux de la Baie de Somme. «Nous ne pouvons pas répondre à cette question aujourd’hui», regrette Christophe Heyman, responsable du service des risques sanitaires à l’ARS. «Nous continuons de suivre la qualité de son eau. Nous avons noté une amélioration jusqu’en 2022, puis une nouvelle dégradation des indicateurs en 2023 et 2024.» La pollution est multifactorielle, avec notamment des dysfonctionnements du réseau et un raccordement des eaux usées dans le réseau d’eau pluviale. De gros efforts ont pourtant été fournis. «Dans le périmètre des compétences communales, tout ce qui devait être fait l'a été : nouvelle station d’épuration, mis en conformité du réseau d’assainissement, travaux dans les campings…», précise Ludovic Lemaire, responsable du service mission littoral de l’Agence de l’eau. Il s’agit désormais de développer les contrats de masse d’eau à l’échelle de la Baie de Somme pour espérer une éventuelle réouverture de la baignade.

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