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Les planteurs Saint Louis Sucre veulent s’unir pour mieux négocier

Avec le non renouvellement du bail du terrain sur lequel se trouve son outil de travail, la Scica Roye déshydratation n’a plus de raison d’être. Sauf si elle se transforme en OP, pour mieux défendre les prix des betteraves accordés aux planteurs Saint Louis Sucre.

Benoît Gerbaux, président de la Scica : «Libre à chacun d’adhérer à l’OP ou non, mais elle ne sera légitime que si nous sommes nombreux».
Benoît Gerbaux, président de la Scica : «Libre à chacun d’adhérer à l’OP ou non, mais elle ne sera légitime que si nous sommes nombreux».
© Alix Penichou

Ce n’est une surprise pour aucun des planteurs : Saint Louis Sucre a acté le non-renouvellement du bail emphytéotique du terrain cédé par l’industriel à la Scica Roye déshydratation, sur lequel se trouve l’outil de déshydratation des pulpes depuis les années 1970. Dès le 1er mai 2020, ce n’est donc plus la Scica, mais Saint Louis Sucre qui utilisera les installations. L’intérêt pour l’industriel : avoir la maîtrise totale de la production et en simplifier son fonctionnement sur le plan administratif, avance-t-il.
Que va alors devenir la Scica ? Son conseil d’administration présentait son plan d’avenir lors d’une l’assemblée générale, à Etelfay, ce 27 août. «Nous voulons trouver une opportunité dans cette difficulté qui se présente. Et cette opportunité et celle de profiter de cette structure existante pour créer une OP (organisation de producteurs), et nous permettre de regrouper l’offre pour mieux peser dans les discussions contractuelles avec l’industriel. Nous voulons ainsi retrouver une relation équilibrée, durable et gagnante-gagnante avec SLS», annonce Benoît Gerbaux, président de la Scica. Saint Louis Sucre dispose bien d’une CRV (commission de répartition de la valeur), à laquelle sont associés des représentants des planteurs, «mais cette CRV ne fonctionne pas», scandent ces planteurs. «Voilà deux ans que nous y sommes, et les résultats obtenus, comme le supplément de prix de 5 sur les betteraves 2018 ont toujours nécessité une épreuve de force. Nous voulons sortir de cette situation et avoir les moyens de regrouper les planteurs pour enfin pouvoir réellement négocier et construire avec SLS», assurent Dominique Fievez, président de la CGB Somme, et Guillaume Moizard.
Les avantages d’une OP sont les suivants. Celle-ci peut être reconnue par l’État en l’application du règlement OCM, lequel permet de négocier collectivement et de faire exception au droit de la concurrence qui interdit les ententes entre planteurs. Elle aurait aussi la possibilité de lever des aides à l’échelle de l’Union européenne dans le cadre du programme opérationnel des aides sectorielles, pour du matériel de déterrage et de bâchage, par exemple.

Objectif campagne 2020
Les principales modification soumises aux adhérents de la Scica portaient sur la modification de la durée de l’engagement, raccourci de dix à trois ans, et l’engagement renouvelé de cinq à trois ans, et sur l’ajout d’une nouvelle activité, à savoir la commercialisations de betteraves. Autre information, le nouvel objet social proposé pour la Scica ne nécessite pas d’avoir un capital aussi élevé. Le conseil d’administration a donc proposé une réduction de moitié du capital, de telle sorte qu’une somme de 25 € par action sera remboursée à tous les associés.
Ce projet était formulé en neuf résolutions soumises au vote lors de cette assemblée générale. Et les neufs résolution sont été adoptées à hauteur de 85 % exprimés par deux-cent-quatre-vingt planteurs présent ou représentés. L’objectif étant d’être opérationnel pour la négociation des contrats de la campagne 2020, l’adhésion des planteurs à cette nouvelle OP va être proposée à tous les planteurs de Roye, mais aussi d’Eppeville. «Libre à chacun d’y adhérer ou non, assure Benoît Gerbaux. Mais l’OP ne sera légitime auprès de Saint Louis que si nous sommes nombreux.»



Rappel sur l’OP :

- l’AG de la Scica du 27 août a permis d’adopter de nouveaux statuts permettant la création d’une OP
- les planteurs restent néanmoins libres et devront renvoyer un bulletin d’engagement s’ils souhaitent adhérer à l’OP
- les adhérents de la Scica qui ne souhaient pas s’engager dans l’OP pourront, à leur demande, être remboursés de la totalité de leur capital à l’issue de leur engagement d’activité
- le capital sociual à souscrire sera d’une part de 25 Ä pour 160 t de betteraves soit 16 à 17 Ä de l’hectare

Pour répondre aux nombreuses autres questions des planteurs sur les modalités de livraisons, les engagement dans l’OP, la liberté d’adhésion, les achats d’intrants, etc., des réunions d’informations ouvertes à tous les planteurs Saint Louis Sucre vont être organisées le 5 septembre, à 18h , à Carrepuis ; le 6 septembre, à 18h, à la salle polyvalente d’Eppeville, le 9 septembre, à 18h, à Auneuil (planteurs Etrepagny).

Quid de l’outil de déshydratation ?

Comme le non-renouvellement du bail par Saint Louis Sucre compromet la pérennité de la Scica, celle-ci réclame une indemnité équivalente à la valeur de l’atelier de déshydratation. «Un expert est venu le 4 avril, explique Benoît Gerbaux, président de la Scica. Il a évalué les installations à hauteur de 7,26 M€. Nous avons donc réclamé à Saint Louis une indemnité de ce montant, qu’il a contestée et refusée de payer.» Le tribunal de grande instance devra être saisi pour désigner un expert judiciaire qui procédera à une nouvelle évaluation. Patience, donc….

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