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Gestion forestière
Les préalables à la réussite d’un projet de plantation d'arbres

Comme cela était évoqué dans un précédent article (notre édition du 29 octobre), le boisement engage la parcelle sur le long terme. Mieux vaut donc tout mettre en œuvre pour assurer la réussite de l’opération : de la conception aux entretiens. Ce second article s’attache aux attentions/précautions préalables pour réussir le projet de plantation.

Le choix de plants avec un beau chevelu racinaire est conforté par le respect de la chaîne de fraîcheur. 
Le choix de plants avec un beau chevelu racinaire est conforté par le respect de la chaîne de fraîcheur. 
© Philippe Van Lerberghe – CNPF

Si, à l’âge adulte, un bois comporte de façon optimale en moyenne 80 à 150 arbres/ha, il est nécessaire, pour une création sur terre agricole, de planter une densité généralement dix fois supérieure pour obtenir un boisement viable : dans un bois déjà installé, les arbres profitent de l’ambiance forestière lorsque la surface des coupes n’est pas trop importante. Humidité, lumière et vents sont «atténués» car leur amplitude reste plus réduite qu’en situation non boisée. Pour reproduire cet effet, l’installation préalable d’un ou de plusieurs brise-vents est parfois nécessaire idéalement deux ans avant la mise en place du boisement. En boisement de terre agricole, il est donc généralement recommandé de planter entre 800 et 1 100 plants/ha ; 800/ha si la parcelle à boiser est abritée du côté des vents dominants par un bois ou une lisière conséquente. Au moment du projet, un réseau d’allées devra être constitué. Réparties tous les 18 à 20 m d’axe en axe, elles faciliteront les accès aux parcelles et permettront de sortir les bois issus des indispensables éclaircies quinze à vingt ans plus tard. Le peuplement peut être constitué d’une ossature d’essences objectif accompagnées d’essences d’accompagnement. Par exemple, chênes ou hêtre accompagné par le charme ; merisier et/ou châtaignier accompagné par l’aulne glutineux ou l’aulne de Corse, etc.  

 

Le choix des essences

Une étude de sol détaillée doit être réalisée pour qualifier la texture (proportion indicative sable, limon, argile), la structure, le pH, l’engorgement et la densité des sols de la parcelle et ses variations. Toutes les conditions environnementales (topographie, climat…) influençant la croissance des plants seront aussi analysées. Elle permet d’établir la palette d’essences forestières du projet de boisement que le propriétaire choisira. 

La diversification est aussi requise pour éviter les déboires des plantations monospécifiques, la chalarose du frêne en est un exemple. Les associations d’essences différentes doivent être réfléchies pour que celles dont la croissance est plus rapide ne supplantent pas les autres à croissance moins soutenue avec un mélange par lignes ou par «bouquets» plutôt que pied à pied. Dans certaines situations, le peuplier peut être envisagé pour constituer rapidement un premier boisement facilitant vingt ans plus tard l’installation d’un boisement plus classique. Le choix des essences intègre, dans la mesure du possible, les changements climatiques en optant pour des essences a priori résilientes : le recours possible à des origines génétiques ou des essences méditerranéennes est à étudier. 

 

La préparation du terrain

Les terres agricoles cultivées présentent généralement un horizon plus compact appelé «semelle de labour», le décompacter facilite l’enracinement des plants en profondeur. Le passage d’une sous-soleuse, le travail localisé avec une dent spécifique réalisé sur un sol sec ameublit le sol et facilite les opérations de plantations. Derrière prairie, de telles interventions sont généralement facultatives car le sol est peu ou moins tassé, mais on ne supprimera la végétation herbacée que sur la ligne ou sur 1 m2 à chaque plant. 

 

La plantation

Il est essentiel de maintenir la chaîne de fraîcheur des plants : l’exposition des racines à l’air réduit leur capacité de reprise et leur vigueur. Les plants doivent donc être maintenus en sac jusqu’à leur mise en terre ou placés en jauge s’ils ne peuvent être plantés rapidement après livraison par le pépiniériste. 

 

Protections contre le gibier

Le chevreuil, le lièvre et parfois le lapin sont présents en densités variables à peu près partout. Leur présence suppose la pose de protections adaptées, coûteuses mais indispensables. Dans des situations de faible densité de gibier, on peut risquer d’économiser sur ces protections en augmentant légèrement la densité des plants. Dans certains secteurs, le cerf impose la pose de protections encore plus coûteuses, voire d’une clôture totale. 

 

L’ensemencement des interlignes

Pour éviter la prolifération anarchique de plantes indésirables de type chardons, l’implantation d’un semis préalable composé de trèfle, luzerne, fétuque occupera le sol nu jusqu’à la fermeture du couvert forestier, généralement dix ans environ après la plantation. Cette végétation sera fauchée les premières années et une végétation de sous-bois s’installera naturellement, composée de semi-ligneux comme la ronce, mais aussi d’arbustes (aubépines, prunellier, fusain d’Europe, viornes)… 

 

Boiser, un projet qui s’anticipe

Avec les changements climatiques et leurs lots de printemps et étés secs, voire caniculaires, les formules traditionnelles de plantations devront s’adapter. Il sera d’abord recommandé de planter plus tôt, en fin d’automne idéalement pour permettre une meilleure reprise des plants. L’installation des plants d’accompagnement (charme, bouleau, saules) un à deux ans avant plantation finale créera une ambiance forestière plus favorable aux arbres objectifs. Compte tenu des tensions observées chez les pépiniéristes, les plants doivent être réservés au moins un an avant la mise en place du projet de plantation. La demande soutenue enregistrée ces dernières années chez les producteurs de plants créée des ruptures d’approvisionnement. De surcroît, la fructification de certaines essences n’est pas garantie chaque année, ce qui accentue les pénuries.  
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