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Les priorités de Julien Denormandie pour les prochains mois

Dans sa conférence de presse de rentrée le 4 janvier, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a dressé un bilan de l’année 2021 et esquissé quelques perspectives pour 2022, notamment dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne. 

Le ministre de l’agriculture a déclaré vouloir assurer sa mission «avec passion jusqu’au dernier quart d’heure».
Le ministre de l’agriculture a déclaré vouloir assurer sa mission «avec passion jusqu’au dernier quart d’heure».
© Ministère de l’agriculture

Résumer en quelques mots la conférence de Julien Denormandie pourrait tenir en deux (maîtres) mots pour 2022 : «souveraineté alimentaire», que celle-ci soit française ou européenne. Cette souveraineté passe en premier lieu par une juste rémunération des agriculteurs et, par conséquent, par «la mise en œuvre de la loi Egalim 2 qui crée de nouveaux équilibres parce qu’elle change les rapports de force (…) Je ferai en sorte qu’elle soit pleinement appliquée», a insisté le ministre qui entend que «l’inflation soit prise en charge par les industriels et la grande distribution». Très attaché à ce que l’origine des viandes, qu’elles soient françaises ou étrangères, s’affiche clairement pour informer le consommateur en restauration hors domicile (RHD - cantines, restaurants, restaurant d’entreprise…), le ministre souhaite aussi que l’année 2022 s’inscrive dans l’adaptation au changement climatique. Ainsi, le Varenne de l’eau va trouver une première application à travers la loi sur l’assurance-récolte qui, après être étudiée en Commission économique de l’Assemblée nationale le 6 janvier, sera examinée par les députés dans la semaine du 10 au 14 janvier puis au Sénat le 10 février, avant un passage en Commission mixte paritaire à la mi-février. L’objectif est une application avant la fin de la mandature, a indiqué Julien Denormandie.

PSN : 12 pays manquants 

Concernant la présidence française de l’Union européenne (PFUE), le ministre réunira un premier conseil agricole le 17 janvier. Il y sera notamment question d’aller «vers une Europe agricole et alimentaire plus souveraine». Pour ce faire, il compte «combattre les distorsions de concurrence au sein de l’UE, en renforçant les conditions d’écorégimes». Il va aussi demander au Commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, le détail des Plans stratégiques nationaux. Au 1er janvier 2022, seuls quinze pays sur les 27 avaient fait parvenir leur PSN. Le ministre a transmis le PSN français le 23 décembre et a confirmé ne pas avoir la liste des douze manquants. Toujours sur le dossier de la souveraineté, Julien Denormandie entend faire de la réciprocité des normes «une croisade», notamment sur le volet des clauses miroirs. Il veut faire en sorte que les normes de production européenne s’imposent, y compris à l’international «et qu’on ne se laisse plus dicter des normes que nous ne voulons plus», notamment sur les antibiotiques de croissance. Enfin, Julien Denormandie a indiqué qu’il organiserait un grand événement autour de la captation carbone agricole le 1er février prochain. Il ne s’est en revanche pas prononcé sur la tenue ou non du prochain salon international de l’agriculture qui doit se tenir du 26 février au 6 mars. 

 

Une conférence aux accents présidentiels

L’élection présidentielle est dans presque trois mois et c’est avec un accent satisfait et parfois militant que le ministre de l’Agriculture a fait le bilan de son action à la tête de l’Hôtel de Villeroy depuis 18 mois. Un bilan qu’il met aussi au crédit du chef de l’État, Emmanuel Macron, le convoquant à plusieurs reprises au cours de sa conférence de presse. Il a ainsi évoqué le discours de Rungis de 2017, et son allocution télévisée du 20 mars 2020 quand il évoquait la souveraineté alimentaire. Le ministre a aussi tiré un bilan très positif de l’action gouvernementale indiquant avoir déjà mis plus de 4 milliards d’euros sur la table quand le président ambitionnait un plan à 5 milliards. Interrogé sur un éventuel deuxième mandat à la tête du ministère si Emmanuel Macron devait être réélu, le ministre a botté en touche, assurant qu’il exercerait sa mission «jusqu’au dernier quart d’heure», et le faisant «avec passion». 

 

Présidence française de l’UE : les attentes de la FNSEA

Deux jours après que la France a pris la présidence de l’Union européenne (PFUE) pour six mois, la FNSEA a proposé dans un communiqué, le 3 janvier, «quatre axes stratégiques» aux pouvoirs publics. Le syndicat majoritaire plaide en premier lieu pour «la généralisation et l’obligation de l’étiquetage de l’origine des denrées alimentaires, brutes ou transformées». Pour l’heure, ce dossier ne figure pas parmi les grandes priorités de la PFUE, une proposition de Bruxelles étant attendue fin 2022. Le second dossier en fait partie : il s’agit de la «réciprocité des normes pour les produits importés». Le gouvernement français souhaite notamment faire avancer le débat autour des «clauses miroirs» dans la politique commerciale européenne. Le troisième axe de la FNSEA consiste à «allier compétitivité et durabilité de l’agriculture». Le syndicat fait ici référence aux objectifs de la stratégie De la ferme à la table, auxquels doivent se conformer les plans stratégiques nationaux (PSN) pour la Pac 2023, qui doivent être validés durant la PFUE. La FNSEA fait également référence au projet européen de taxe carbone aux frontières, dont elle veut exempter les engrais, ainsi que le fer et le béton destinés à l’agriculture. Enfin, la FNSEA demande «des moyens financiers et techniques» pour l’agriculture bas carbone. Des discussions informelles sont attendues durant la PFUE sur ce sujet, mais les premières propositions de Bruxelles devraient paraître en fin d’année.
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