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Les prix céréaliers désormais tributaires de la prochaine récolte

L’entreprise de négoce Bunge table sur un blé entre 215 et 220 euros/t sur l’Euronext, un maïs à 175 euros/t.


«Tout va se jouer en fonction de la prochaine récolte», a estimé Jean Charzat, spécialiste du risque sur les marchés céréaliers chez Bunge, le 27 novembre lors d’une session de l’Association française des techniciens de l’alimentation animale. Les semis et l’état des cultures en sortie d’hiver dans l’hémisphère nord seront en effet déterminants sur l’évolution des marchés.
L'écart de prix entre le blé fourrager et la qualité meunière est devenu négligeable, conséquence d’une bonne récolte en Europe. Mais «peu d’éléments laissent imaginer une baisse des cours en blé fourrager», a souligné Jean Charzat. D’après lui, une forte rétention est exercée par les agriculteurs. «Le prix du blé a besoin de monter pour que l’offre rencontre la demande. 180 euros/t, c’est trop bas pour les agriculteurs. Ils visent 200 euros/t départ ferme. Cela porterait le Matif entre 215 et 220 euros/t».

Le grand écart entre blé et maïs
Aucune évolution n’est en revanche prévue côté maïs. De gros volumes ont été récoltés notamment aux Etats-Unis, faisant chuter les cours à 4 dollars le boisseau. «Les stocks de maïs américains devraient remonter d’environ 30 Mt, a-t-il considéré. Cela ne justifie pas des prix aussi bas».
L’entreprise de négoce Bunge table sur un maïs scotché à 175 euros/t sur le Matif durant toute la campagne, sauf accident climatique. Résultat, l’écart de prix entre blé et maïs est amené à croître. Pas étonnant, vu les courbes de production mondiale sur dix ans. Le blé a gagné environ 50 Mt, contre 300 Mt pour le maïs. «La production de blé répond difficilement à l’augmentation de la demande», a indiqué Jean Charzat. Faibles en début de campagne, les stocks mondiaux devraient peu augmenter. «Cela met le blé en situation de vulnérabilité face à une éventuelle mauvaise récolte», a-t-il jugé.

L’UE en force sur la seconde partie de campagne
La seconde partie de campagne du blé sera dominée par l’Union européenne, d’après l’expert. «Fin novembre, 70 % des disponibilités de la mer Noire sont déjà exportées, a-t-il expliqué. La Russie et l’Ukraine ont joué leur partie. Il leur reste environ 7 Mt de blé à exporter, qui sortiront seulement si le marché mondial est assez attractif par rapport aux prix intérieurs, très élevés en Russie». D’après lui, les disponibilités en blé à l’export aux États-Unis sont déjà bien entamées. Celles de l’Australie iront vers l’Asie et le Canada, qui bénéficie d’une très bonne récolte, connaît des difficultés logistiques. La France pourrait donc tirer son épingle du jeu. «Si le dernier appel d’offre égyptien sur du blé a été remporté par la Russie et la Roumanie, le prochain pour décembre pourrait bénéficier à la France», a estimé Jean Charzat.

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