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Les prix du soja et du colza flambent

Sur le marché à terme de Chicago, les cours du soja dépassent les 500 dollars, au plus haut depuis six ans. En Europe, les prix du colza progressent aussi, mais dans une proportion moindre.

À Chicago, les cours du soja étaient, la semaine dernière, à un niveau qui n’a jamais encore été atteint depuis 2014.
À Chicago, les cours du soja étaient, la semaine dernière, à un niveau qui n’a jamais encore été atteint depuis 2014.
© Pixabay

C’est à un véritable rallye auquel on assiste pour les cours mondiaux des oléagineux en ce début d’année. À Chicago, les prix de la graine de soja atteignaient, le 6 janvier, 504 dollars la tonne, au plus haut depuis 2014. Le seuil des 500 dollars n’a été franchi qu’en 2008 et en 2012, les prix frôlant même les 600 dollars. En Europe, le colza suit la même tendance, les cours sur le Fob Moselle, l’indicateur référent du marché européen, affichant 434 €/t. C’est 30 € de plus qu’en fin d’année 2019. Pourtant, la hausse reste modeste. Habituellement, le cours du colza est supérieur d’une cinquantaine d’euros par rapport au soja et les deux graines oléagineuses évoluent de concert selon cet écart. Aujourd’hui, c’est le soja qui affiche 70 € de plus que le colza.

Fonte des stocks
L’évolution des cours des oléagineux est évidemment due à de fortes tensions entre la demande et l’offre mondiale. D’après l’USDA, le ministère américain de l’Agriculture, la production mondiale d’oléagineux est revue à la baisse mois après mois, tant aux États-Unis (123,5 Mt), qu’au Brésil (134,5 Mt) ou en Argentine (50 Mt). Les stocks fondent également et seraient nettement inférieurs à 100 Mt en fin de campagne 2020-2021.
Alors que la demande ne cesse d’augmenter, avec une forte activité de trituration sur les marchés domestiques et une hausse des exportations, à 192 millions de tonnes, un niveau jamais atteint. La hausse des cours du pétrole, la perspective de la sortie de crise de la Covid et la baisse du dollar par rapport à toutes les monnaies mondiales dont l’euro, stimulent aussi les cours.

Baisse des exportations
Mais la raison majeure de l’évolution de la demande et des cours du soja aux États-Unis vient surtout de la Chine. L’accord signé en janvier 2019 entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping fonctionne à plein pour les importations de soja dont les Chinois ont besoin pour nourrir leur cheptel porcin et leurs volailles. Fin novembre 2019, les importations agricoles par la Chine se sont élevées à 22,5 milliards de dollars alors qu’elles étaient tombées à zéro en 2018.
Sur le volet agricole de l’accord, le président élu Joe Biden, et le nouveau secrétaire d’État à l’Agriculture, Tom Vilsack, qui a déjà occupé le poste pendant huit ans sous la présidence de Barack Obama, vont trouver une situation plus favorable aux farmers. À l’inverse, l’Europe est très déficitaire entre la demande et les disponibilités, compte tenu des très faibles récoltes des deux dernières années.
Selon les données de la Commission européenne publiées le 4 janvier, depuis le début de la campagne en juillet et jusqu’à fin décembre, les exportations de colza hors Europe se limitent à 8 000 t, en chute de 18 %, quand les importations atteignent 3,5 Mt, en provenance d’Ukraine à 60 % et du Canada pour le reste. Les exportations de soja sont aussi en baisse, à 125 000 t, alors que les importations grimpent à 7,4 Mt, en hausse de 7 %, et provenant à part égale (3 Mt) des États-Unis et du Brésil. Ce manque de disponibilités devrait aussi être un facteur de hausse pour les cours du colza en France et en Europe, surtout si les cours mondiaux des oléagineux continuent de grimper à ce rythme.

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