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Syndicalisme
Les producteurs de lait manifestent dans une grande surface

Prix du lait : les producteurs ne veulent pas être des victimes collatérales de la guerre entre les entreprises et la grande distribution.

© AAP

Le secteur laitier est de nouveau en crise. La faute à qui ? Mais surtout comment en sortir ? Tout le monde a en tête l’année 2009 où le prix à la production avait atteint des niveaux très bas (rappelons-nous des 220 € appliqués au mois d’avril 2009). Le prix moyen annuel était alors de 274 € par 1000 litres (38-32). Les projections indiquent que le prix moyen de l’année 2012 devrait se situer autour de 315 €. Ce qui rapproche 2012 de 2009, c’est le niveau des charges supportées par les éleveurs qui atteignent désormais des niveaux jamais atteints. Et finalement, selon Dominique Dengreville, président de l’Uplp, «nos comptes de fin d’année pourraient être une nouvelle fois dans le rouge».

Les entreprises dans une logique de baisse des prix
Si en 2009 la conjoncture des autres productions n’était pas favorable, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Bon nombre d’éleveurs laitiers pourraient revoir leur stratégie et abandonner le lait si la situation perdurait. N’importe quel secteur d’activité répercuterait ses coûts de production dans son prix de vente. En toute logique les producteurs devraient aujourd’hui aller rencontrer les entreprises pour revaloriser le prix du lait. Or celles-ci sont dans une autre logique. C’est ainsi que l’annonce faite par Sodiaal il y a un mois de baisser le prix du lait de 5 € pour notamment présenter des comptes équilibrés, comme l’expliquait Olivier Gaffet, président de Sodiaal Nord dans ces colonnes (voir AAP du 21/09), est venue déclencher les hostilités entre les entreprises. Et Lactalis d’emboiter le pas de Sodiaal un mois plus tard pour ne pas perdre en compétitivité.
«Les deux plus importantes entreprises françaises qui baissent le prix du lait. Pas besoin d’être devin pour imaginer le comportement des autres» a déclaré Dominique Dengreville lors de la réunion du conseil d’administration de l’Uplp et des délégués cantonaux de la Fdsea qui se tenait le 26 septembre à Amiens. Et de poursuivre «Nous ne pouvons pas nous permettre une nouvelle guerre entre les entreprises, car les victimes collatérales, ce sont nous les producteurs de lait».

«Le problème c’est la distribution»
Les responsables de l’Uplp ont eu l’occasion ces derniers jours de rencontrer les responsables des entreprises de la Somme, Sodiaal et VPM, pour manifester le désarroi des producteurs de lait. Les dirigeants de celles-ci ont expliqué notamment l’impossibilité de faire passer des hausses aux grandes surfaces en rattrapage des baisses consenties au printemps sur les laits UHT.

La raison : l’afflux de lait sur les marchés. Pour Dominique Dengreville, «l’important c’est de
trouver une issue positive à cette crise, nous n’avancerons pas en disant c’est la faute à Sodiaal, ou à d’autres. Le problème c’est la distribution qui est impitoyable. Et qui malgré des discours positifs sur ses sources d’approvisionnement, ou le respect des producteurs en général, met une pression considérable dans ses négociations au mépris de tous». Aussi la trentaine de délégués présents ont-ils décidé sur le champ d’aller manifester dans une grande surface d’Amiens.
Le choix s’est porté sur l’enseigne Casino de Glisy, en raison de ses pratiques réputées très dures. Les délégués présents ont rencontré le directeur du magasin M. Novis et l’ont prévenu : «acceptez les hausses demandées, il en va de notre survie. Nous sommes suffisamment déterminés pour revenir prochainement, plutôt un samedi d’ailleurs, et plus nombreux». Comme d’habitude, ce n’est pas la première fois que les producteurs manifestent dans une grande surface, le directeur s’est déclaré incompétent car ce n’est pas lui qui négocie les prix d’achat ; mais le message devrait rapidement remonter dans la hiérarchie et via les médias ce sont toutes les enseignes qui devraient l’entendre. Premier coup de semonce. Sera-t-il suffisant ?

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