Légumes d’industrie
Les producteurs de légumes industriels montent au créneau face à une pression sur les prix
Alors que les discussions annuelles avec les industriels de la conserve et du surgelé battent leur plein, quatre organisations de producteurs tirent la sonnette d’alarme. Boeren Bond, Cénaldi, Ingro et Unigrow dénoncent des demandes de baisse de prix jugées incompréhensibles et dangereuses pour l’avenir de la filière.
Alors que les discussions annuelles avec les industriels de la conserve et du surgelé battent leur plein, quatre organisations de producteurs tirent la sonnette d’alarme. Boeren Bond, Cénaldi, Ingro et Unigrow dénoncent des demandes de baisse de prix jugées incompréhensibles et dangereuses pour l’avenir de la filière.
Les producteurs de légumes destinés à l’industrie, en France comme en Belgique, sont en colère. Les négociations en cours pour la campagne 2026 s’annoncent en effet particulièrement tendues, avec des demandes de baisse de prix pouvant dépasser les 10 %, ont fait valoir il y a quelques jours quatre organisations de producteurs, en France comme en Belgique. «Nous ne comprenons pas qu’on nous demande d’évoluer dans nos pratiques et d’investir sans nous accorder les moyens financiers nécessaires pour le faire et reconnaître notre travail», dénoncent les quatre organisations d’une filière déjà fragilisée par plusieurs campagnes difficiles.
Des cultures exposées, des charges en hausse
Les quatre organisations rappellent que si les légumes de plein champ destinés à la conserve et au surgelé sont produits à proximité des outils industriels, récoltés à maturité pour garantir une qualité optimale, cette exigence se heurte de plein fouet aux aléas climatiques et sanitaires. «Nos cultures sont directement impactées par l’ensemble des aléas, qu’ils soient climatiques ou sanitaires», rappellent les producteurs.
À cela s’ajoutent des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes. La raréfaction des moyens de protection des cultures pénalise les rendements, complique le respect des cahiers des charges et alourdit les charges de main-d’œuvre, notamment avec l’augmentation du désherbage manuel avant récolte. L’accès à l’irrigation, indispensable à certaines périodes clés, reste également problématique, mettant en péril la régularité des volumes et la qualité des approvisionnements.
Des efforts réels sans reconnaissance financière
Malgré ce contexte, la filière ne reste pas immobile. Les producteurs investissent, souvent via leurs organisations, dans du matériel de précision, du désherbage mécanique, des outils d’aide à la décision. Ils développent aussi des pratiques alternatives pour limiter l’usage des intrants chimiques. «Nous faisons les efforts nécessaires pour faire face à ces difficultés et nous adapter», insistent-ils. Et d’ajouter, sans détour : «Toujours plus de travail, toujours plus d’effort, toujours plus d’implication, c’est un service rendu qui mérite une rémunération !»
Des coûts toujours élevés malgré la stabilisation
Si l’indice des prix d’achat des moyens de production se stabilise, il reste bien supérieur à son niveau de 2020, avant la flambée inflationniste.
Et surtout, il ne reflète pas l’ensemble des charges des exploitations, qui continuent, elles, de progresser. Engrais — avec en ligne de mire la menace du MACF —, protection des cultures, salaires, assurances, comptabilité… La liste des postes en hausse s’allonge, fragilisant un peu plus l’équilibre économique des exploitations.
Une demande en recul, mais un risque majeur pour la filière
La demande industrielle en volume, déjà en forte baisse en 2025, s’annonce à nouveau à un niveau historiquement bas pour la campagne 2026. Mais si les producteurs disent accepter d’accompagner leurs clients dans cette réduction, et malgré l’impact sur leurs charges de structure, une baisse supplémentaire des prix serait un très mauvais signal. «Les producteurs se détourneraient de cette activité exigeante au profit d’autres productions à moindre risque, remettant en cause l’approvisionnement des usines et la souveraineté alimentaire», préviennent-ils. Sans reconnaissance économique, c’est toute la filière légumes pour l’industrie qui pourrait vaciller.