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Protéagineux
Les semis précoces, un levier pour sécuriser le potentiel

Avec des étés régulièrement marqués par les stress thermiques et hydriques, de nombreuses légumineuses de printemps telles que le pois ou la féverole voient leurs composantes de rendements et leur potentiel impactés. Pourtant, le semis précoce de ces cultures dans de bonnes conditions permet de diminuer ces risques. Retours sur quelques exemples de ce levier technique.

Les stress qui peuvent toucher les légumineuses de printemps sont d’autant plus pénalisants qu’ils surviennent proches de la floraison. Avant la floraison, la nodulation et la croissance de la plante sont les principaux facteurs pouvant être influencés par un stress précoce. Une mauvaise nodulation amène à un déficit de nutrition azotée, impactant l’expression du potentiel. Il en va de même pour la prise de biomasse, synonyme de réserve et de surface photosynthétique, nécessaires pour subvenir aux besoins en floraison. Cependant, à ces jeunes stades, des compensations sont parfois possibles si les conditions redeviennent favorables avant la floraison.
À partir de la floraison, la majorité des composantes de rendement des protéagineux se met en place telle que le nombre de grains/m² et le remplissage pour les premiers étages fructifères. Tout stress hydrique ou thermique (>25°C) survenant à cette période peut lourdement impacter le nombre de grains par m² par des avortements de fleurs et de jeunes gousses. La compensation est souvent difficile à ce stade, seul un bon remplissage pouvant rattraper partiellement le potentiel.
Passer la fin du stade d’avortement des gousses (graines > 8 mm), un stress tardif impactera seulement le remplissage des graines. Il est donc important d’éviter un cycle trop tardif, risquant d’exposer plus longtemps la floraison et le remplissage aux aléas du climat.

Semer au début de la période conseillée, fonction des conditions météo
En tendance, les semis précoces limitent le risque de stress hydriques et thermiques, comme en témoigne un essai réalisé en 2021 près de Teterchen (57) en collaboration avec Lorca. Cette année, le pois a été marqué par le stress hydrique et thermique survenu vers mi-juin, sur des parcelles encore en pleine floraison. La phase de floraison a été raccourcie et le nombre de grains/m² a fortement diminué pour les semis tardifs.
Les pratiques des producteurs de pois de printemps enquêtés en 2017 et 2020 montrent aussi une tendance à de meilleurs rendements pour les semis de fin février. À noter que la même tendance ressort des enquêtes de féverole de printemps.

Dates de semis et nombre de jours exposés au stress hydrique
Une simulation dans le contexte de 2020, année fortement marquée par le stress hydrique arrivé précocement, a été réalisée, illustrant le rôle de la date de semis sur le nombre de jours exposés au stress hydrique (voir schéma).
Il faut donc être prêt à semer tôt. Toutefois, la concrétisation du semis se fera sous deux conditions : le contexte pédoclimatique doit être propice à une implantation soignée. Il est impératif d’avoir un sol suffisamment ressuyé. La phase d’installation de la culture est en effet cruciale car elle conditionne la croissance aérienne et racinaire, la nutrition azotée, la sensibilité aux maladies.
Il faut s’assurer que les prévisions météo n’annoncent pas de températures proches de 0°C dans les jours qui suivent le semis. Les protéagineux de printemps sont particulièrement sensibles au gel d’imbibition, c’est-à-dire sensibles aux températures froides au début de la phase de germination qui peut survenir 3-4 jours après le semis si le sol est humide. N’hésitez pas à assurer une bonne profondeur pour les semis de février.

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