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L’espace rural des Hauts- de-France en pleine mutation

L’Insee a récemment publié une série de chiffres qui met en lumière les évolutions de la population dans les espaces ruraux des Hauts-de-France.

© AAP



Les chiffres ne trompent pas. Si l’espace rural des Hauts-de-France existe bel et bien, la région se caractérise par le fait qu’elle est plus urbaine que les autres régions de France. Et, jusqu’ici, contrairement aux espaces urbains et périurbains, les données manquaient pour caractériser précisément ce qu’est l’espace rural dans les Hauts-de-France.
Fort de ce constat, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a collecté et analysé de nombreuses données pour mieux connaître l’espace rural régional. «Les acteurs publics nous ont sollicités, car ils avaient besoin d’une définition et de données sur l’espace rural pour pouvoir mettre en œuvre les contrats de ruralité», explique Grégoire Borey, chef de projet d’action régionale à l’Insee. L’institut vient récemment de rendre public les principaux enseignements de l’étude menée (chiffres de 2013).
L’espace rural de la région compte 385 000 habitants, soit 6 % de la population (contre 12 % en France de province), 4 % de l’emploi régional (contre 9 % en province), 34 % des communes de la région (contre 47 % dans les autres régions du pays).Tendance observée depuis une trentaine d’années : l’espace rural attire à nouveau après des décennies de recul depuis l’après-guerre. La population a augmenté de 11 % depuis 1980, contre 6 % dans l’ensemble de la région. Cette dynamique résulte d’un surplus de naissances par rapport au décès d’une part, et d’installations plus nombreuses que les départs d’autre part.
Les espaces ruraux de la région attirent en particulier des ménages issus de l’espace urbain. Cette tendance est particulièrement observée dans l’Oise où les communes de l’espace rural attirent de nombreux jeunes ménages actifs (25-34 ans) venus d’Ile-de-France.

Une empreinte agricole qui s’efface
En trente ans, l’économie des communes de l’espace rural des Hauts-de-France s’est profondément transformée. L’emploi de la sphère productive, qui regroupe en particulier des activités agricoles et industrielles, a fortement décliné. La mutation économique a fortement touché le secteur agricole où la perte des emplois a été la plus forte : les emplois agricoles représentent aujourd’hui un emploi sur six, contre un sur deux dans les années 1960. Le secteur agricole n’est donc plus le principal pourvoyeur de main-d’œuvre en milieu rural. Toutefois, l’agriculture et ses 14 100 emplois restent toujours bien implantés en milieu rural (30 % des emplois agricoles de la région).
En effet, l’agriculture s’est modernisée et les exploitations se sont agrandies. L’espace rural a perdu 54 % de ses exploitations entre 1979 et 2010, et autant de chefs d’exploitation. Aujourd’hui, 2 % des communes du rural n’ont plus de siège d’exploitation sur leur territoire, alors qu’en 1979 chaque commune en possédait au moins un.

Moins de problèmes d’emplois
La situation des habitants de l’espace rural vis-à-vis de l’emploi est globalement plus favorable que dans l’ensemble de la région (13 % de chômage contre 16 %), mais moins favorable que dans l’espace rural de la France de province (trois points de plus). En 2013, 15,2 % de la population de l’espace rural vit sous le seuil de pauvreté dans les Hauts-de-France, soit trois points de moins que la moyenne régionale. L’accès aux soins y est plus difficile avec une densité médicale bien inférieure à la moyenne régionale. Le risque d’isolement est accru et concerne essentiellement les personnes âgées (en situation de pauvreté dans 11 % des cas). «A la lumière de cette étude, il apparaît que, globalement, les espaces ruraux de la région sont dans une dynamique plutôt positive, que ce soit sur le plan démographique, économique ou social», constate Grégoire Borey. A l’exception toutefois du Nord-Est (nord de l’Aisne), qui concentre d’importantes difficultés socio-économiques.

Des situations contrastées selon les secteurs

Les communes du nord de l’Aisne, où l’empreinte industrielle est restée encore forte, sont confrontées à d’importantes difficultés socio-économiques. Le vieillissement de la population et le déficit migratoire y sont marqués et participent au déclin démographique. Au nord-ouest de la région, le dynamisme touristique de la zone littorale a permis le développement de commerces et de services, mais la situation économique reste moins favorable qu’en moyenne. La croissance démographique y est freinée par le vieillissement de la population. Autour d’Amiens, au sud de l’Aisne, et plus encore au sud de l’Oise, la démographie est dynamique (installation de jeunes actifs solde naturel positif).

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