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L’Europe reste vigilante quant au marché du sucre

La Commission européenne considère que la plupart des marchés agricoles de l’UE sont équilibrés malgré quelques problèmes. Un seul secteur inquiète réellement à ce stade : le sucre, pour lequel la Commission européenne assure rester vigilante.

Le secteur du sucre est le plus inquiétant : «Il y a peu de signes de reprise du marché européen», a souligné Phil Hogan.
Le secteur du sucre est le plus inquiétant : «Il y a peu de signes de reprise du marché européen», a souligné Phil Hogan.
© D. R.

Des problèmes ont été évoqués pour le sucre, la viande bovine, la volaille, ou l’huile d’olive, «mais nous avons besoin de preuves pour déterminer, au niveau de la Commission, si une intervention est nécessaire ou non», a répondu, le 15 avril, le commissaire européen, Phil Hogan, aux ministres de l’Agriculture de l’UE inquiets de la situation sur certains marchés agricoles. «Nous attendons des chiffres précis de la part des Etats membres» dans les jours qui viennent, a-t-il indiqué. Car, à ce stade, pour le commissaire européen, qui a dressé un large panorama de la situation de la plupart des secteurs (de la viande aux fruits et légumes en passant par le sucre, l’apiculture et l’huile d’olive), les marchés agricoles de l’UE sont, pour la plupart, équilibrés. Il a quand même reconnu quelques tensions pour le sucre, dont ses services suivent de près l’évolution des cours, pour certains fruits, et l’huile d’olive en Espagne.

Equilibre global
Sur le marché de la viande porcine, Phil Hogan a affiché son optimisme avec des prix du porc «augmentant de semaine en semaine dans un contexte de très bonne demande à l’exportation de certains pays asiatiques». La situation du marché du lait est, elle aussi, jugée globalement équilibrée malgré des risques dans le contexte du différend commercial avec les Etats-Unis. Sur les fruits et légumes, la Commission est consciente de la situation difficile des producteurs d’agrumes, en particulier en Espagne, et «partage leurs préoccupations», assure le commissaire à l’agriculture. De même, en ce qui concerne les pommes et les poires, avec une situation de marché qui reste difficile, notamment en Pologne (pommes) et en Belgique (poires). Mais ces situations devraient s’améliorer à plus ou moins court terme.
Si la situation de l’huile d’olive est globalement stable au niveau de l’UE par rapport à l’année dernière, elle varie énormément d’un Etat membre à l’autre. En Espagne, la production atteint des niveaux exceptionnellement élevés et les prix ont donc baissé depuis le début de la récolte alors qu’en Italie, c’est l’inverse, avec une baisse significative de la production (en raison de conditions climatiques défavorables et d’attaques de parasites) et des niveaux de prix historiquement élevés. Là encore, les services de la Commission resteront vigilants, promet le commissaire.

Le sucre inquiète
Le secteur du sucre est le plus inquiétant : «Il y a peu de signes de reprise du marché européen», a souligné Phil Hogan. Les prix du sucre dans l’UE ont baissé, principalement en raison de l’augmentation de la production, ainsi que de la baisse des prix mondiaux. Le groupe à haut niveau sur le sucre, lancé fin janvier, qui doit faire le point de l’évolution du secteur depuis la fin des quotas le 30 septembre 2017, va étudier les moyens les plus appropriés pour réagir, a indiqué le commissaire européen. A l’occasion du débat qui a suivi la présentation du commissaire européen, de nombreuses délégations comme l’Espagne, la Slovaquie, l’Italie, la Croatie, l’Autriche et la République tchèque ont exprimé leurs préoccupations concernant ce secteur. Mais l’Allemagne s’est prononcée contre l’activation de mesures de marché.
Si la situation du secteur de la viande bovine est considérée comme stable, cela pourrait changer radicalement selon l’issue du Brexit. Le ministre irlandais, Michael Creed, a appelé au déploiement de mesures exceptionnelles pour fournir une aide ciblée aux producteurs. La délégation polonaise a également évoqué les implications du Brexit en ce qui concerne la volaille, la viande porcine et la viande bovine, en demandant, elle aussi, la possibilité de recourir à des mesures exceptionnelles, tandis que les Pays-Bas s’inquiètent pour leurs exportations de volaille vers le Royaume-Uni. La Commission se dit prête à réagir à toute déstabilisation des marchés en utilisant les outils disponibles dans le cadre de la Pac.

Volaille : limiter la casse
Pour finir, le commissaire européen a confirmé aux ministres des Vingt-huit la prochaine augmentation du contingent d’importation de viande de volaille en provenance d’Ukraine, qui sera porté de 17 600 t aujourd’hui à 50 000 t pour mettre fin à l’arrivée litigieuse d’un morceau de poitrine non recensé dans le cadre de l’accord de libre-échange signé par l’UE avec ce pays. C’est une augmentation «substantielle», a admis Phil Hogan, mais elle «reste inférieure aux importations de 2018 de cette découpe qui a atteint 55 000 t». «La viande de volaille ayant un cycle de production court, l’Ukraine aurait pu facilement augmenter sa production et ses exportations en 2019 bien au-delà des chiffres de 2018, sans aucune limite quantitative», a-t-il justifié.

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