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L’exécutif régional prend le pouls des maires des communes rurales

La politique régionale d’aménagement et d’équilibre des territoires, en cours depuis 2016, arrive à son terme. Pour élaborer sa nouvelle feuille de route, Christophe Coulon, vice-président de la Région, rencontre les 3 789 maires. Il était à Amiens le 5 octobre.

L’aménagement du plan d’eau de Berny, à Ailly-sur-Noye, est un exemple de projet boosté par les aides régionales.
L’aménagement du plan d’eau de Berny, à Ailly-sur-Noye, est un exemple de projet boosté par les aides régionales.
© Amiens-tourisme

Quelle chance, pour les locaux, de pouvoir profiter du plan d’eau de Berny, à Ailly-sur-Noye. Balade tranquille autour des étangs, pédalo, mini-golf, parc de jeux pour enfants, tables de tennis de table, aire de campings cars, tables de pique-nique, station de trail… La commune travaille depuis plusieurs années à l’amélioration de cet espace public, et a pu profiter d’un bon coup de pouce de la Région, grâce à sa Pradet (Politique d’aménagement et d’équilibre des territoires). 

Or, cette Pradet arrive à échéance en décembre 2021. «Nous travaillons à la mise en place de la politique régionale d’aménagement du territoire. Celle-ci ne peut pas se faire sans vous consulter, maires des communes, puisque vous êtes directement concernés», annonce Christophe Coulon, vice-président de la Région, dans sa tournée des rencontres territoriales. Depuis le 28 septembre, et durant six semaines, l’élu en charge de la ruralité et de la sécurité rencontre les 3 789 maires des Hauts-de-France. Il faisait étape à Amiens le 5 octobre. Le but : mettre en lumière les aides régionales à destination des communes et concerter les élus locaux pour définir les nouvelles ambitions de la politique régionale d’aménagement du territoire.

«Cette Pradet a permis de mobiliser 200 M de subventions (de 26 000 à 3,8 M), pour 1,2 Mdde travaux. 456 opérations ont ainsi été réalisées, pour la construction ou la réhabilitation d’établissements de santé, sportif, ou encore les domaines des transports, du tourisme, de la culture de l’innovation», résume Christophe Coulon. Un peu plus de la moitié de ces projets étaient portés par des communes. 

Le dispositif «centres-villes et centres-bourgs» a, par exemple, permis à la ville de Doullens de disposer d’un espace de travail partagé, à Gamaches de réhabiliter un logement en cellules commerciales et à Chaulnes d’aménager son centre-ville. 114 communes de la région étaient lauréates, dont dix-huit samariennes. Dans le cadre de l’«aide au dernier commerce», Rainneville a pu permettre à sa boulangerie de perdurer son activité par la rénovation de l’ancienne école communale. Ou encore, Beauquesne a pu rénover son église grâce à la contribution du dispositif «rénovation du patrimoine rural protégé et non protégé».

Certains dispositifs sont un vrai coup de pouce pour l’agriculture locale. L’étude hydraulique réalisée à Gézaincourt et à Flesselles devrait aboutir à une meilleure prévention des inondations et coulées de boue, ainsi qu’à une préservation des ressources en eau. Une étude sur la faisabilité d’une légumerie à la Communauté de communes du Pays du coquelicot est aussi en cours. Un tel outil est une valorisation supplémentaire pour les producteurs locaux. Autre exemple : l’aide à l’éco-pâturage pour les propriétaires fonciers ouvre de nouvelles opportunités de pâturages aux éleveurs (cf. encadré). 

 

On peut toujours mieux faire

La Pradet 2016-2021 semble avoir satisfait la plupart des concernés. Mais comme «on peut toujours améliorer les choses», avoue Christophe Coulon, des pistes d’amélioration sont déjà avancées. «Nous travaillons à faire maigrir les dossiers de subventions et à dématérialiser les demandes pour qu’elles soient moins contraignantes pour vous, les maires», assure-t-il. Une nouvelle plateforme devrait être en place dès janvier 2022 pour une présentation simplifiée des aides régionales, avec simulateur d’aides, service de signature électronique des documents… Et à la clé, «une amélioration du délai d’instruction», promet l’élu. 

Pour cette nouvelle politique, des priorités sont déjà identifiées : «Nous poursuivrons nos efforts quant à l’aménagement durable des territoires et la redynamisation des centres-bourgs. Nous ciblerons également la préservation de notre environnement et de nos ressources naturelles, la requalification de foncier dégradé, les mobilités durables, le développement des services de proximité, le développement local économique (dont les circuits courts alimentaires), et le renforcement de l’attractivité des territoires ruraux.» D’autres champs pourraient être explorés, comme la prévention des risques, la sécurité dans les communes, la lutte contre le réchauffement climatique et l’accélération des transitions. 

 

Ils avaient leur mot à dire

Pas de politique régionale d’aménagement du territoire sans consultation des maires, a promis la Région. Ce 5 octobre, à Amiens, les élus de la Somme en ont profité pour se faire entendre. Éric Olivier, maire de Pernois (710 habitants), mettait le sujet de la qualité de l’eau sur la table. La distribution d’eau potable étant une compétence obligatoire des communes. «Il nous faudrait davantage d’aides sur ce point, car le prix de l’eau assainie est forcément répercutée aux habitants.» De son côté, François Crepin, maire de Longuevillette (80 habitants), espère que certaines aides aux aménagements seront renouvelées. «Nos habitants sont fiers de vivre dans un village 4 fleurs. Chaque année, le jury des Villes et villages fleuris nous questionne sur l’effacement des réseaux électriques. Nous en avons réalisé une partie. Au vue de notre budget, le projet aurait capoté sans l’aide de la Région. Nous espérons pouvoir tout effacer à terme.»
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