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L’export blé reste sur une bonne dynamique

FranceAgriMer vient une nouvelle fois de réviser à la hausse ses prévisions d’embarquement vers les pays tiers pour la campagne commerciale 2018-2019.

FranceAgriMer a revalorisé de 200 000 tonnes (t) à 9,7 millions de t (Mt) ses prévisions d’exportation de blé tendre 
vers les pays tiers.
FranceAgriMer a revalorisé de 200 000 tonnes (t) à 9,7 millions de t (Mt) ses prévisions d’exportation de blé tendre
vers les pays tiers.
© J.-C. Gutner

Dans son bilan mensuel de la campagne céréalière 2018-2019, établi le 10 avril, FranceAgriMer a revalorisé de 200 000 tonnes (t) à 9,7 millions de t (Mt) ses prévisions d’exportation de blé tendre vers les pays tiers. A trois mois de la fin de la campagne, le blé français affiche toujours des prix compétitifs sur le marché mondial, face à l’augmentation des cours de l’origine russe dont les disponibilités s’essoufflent. Le taux de parité euro/dollar soutient le dynamisme des exportations françaises, avec un euro affaibli par rapport au dollar.

Accélération des exportations en mars
Les exportations se sont accélérées sur le mois de mars, avec un niveau mensuel record de 1,52 Mt, jamais atteint depuis juin 2016 et janvier 2014. Au 8 avril, les embarquements cumulés s’élevaient à 7,81 Mt, en hausse de plus de 30 % par rapport à la campagne précédente à la même date. Avec 57 % des achats, l’Algérie constituait toujours notre premier client, devant l’Afrique subsaharienne (15 %) et le Maroc (12 %). Les ventes vers la Chine, Cuba, l’Egypte et le Yémen représentaient, elles, 12 % des exportations pays tiers.
En revanche, les achats européens ne totaliseraient, en fin de campagne, que 7,42 Mt, soit 64 000 t de moins que ceux prévus un mois plus tôt. Un recul essentiellement concentré sur l’Italie et le Portugal,  précise Marion Duval, adjointe au chef de l’unité «grains et sucre» de FranceAgriMer. Sur le marché intérieur français, les prévisions de débouchés sont ajustées sans modification majeure, exceptées les incorporations par les fabricants d’aliments du bétail (Fab) rabaissées de 100 000 t à 4,6 Mt. Au final, le stock de report s’allégerait de 48 000 t à 2,39 Mt, niveau inférieur de 507 000 t à la moyenne quinquennale.
Pour le blé dur, FranceAgriMer prévoit désormais un stock de fin de campagne en baisse de 11 000 t à 175 000 t. La collecte a été revue à la hausse de 59 000 t à 1,7 Mt. Les utilisations par les Fab ont été portées à 60 000 t (+ 10 000 t). Les prévisions d’exportation vers nos voisins européens et les pays tiers ont été respectivement revalorisées de 80 000 t (à 900 000 t) et 30 000 t (à 220 000 t).

La Chine de retour aux achats
Côté orges, FranceAgriMer a également majoré ses prévisions de ventes vers l’Union européenne à 3,41 Mt (+ 35 000 t par rapport au mois dernier). Les objectifs d’exportation vers les pays tiers sont conservés à 2,6 Mt, même si, après neuf mois de campagne, les embarquements avaient progressé de 2 % par rapport à la campagne précédente à 1,9 Mt. Si l’Arabie saoudite, notre principal débouché, ne devrait pas revenir sur le marché, la Chine a repris ses achats. La Tunisie et le Maroc ont également acheté français en mars.
Concernant les autres postes du bilan, FranceAgriMer n’a modifié en un mois que le poste Fab (+ 50 000 t à 1 Mt). Le stock de fin de campagne, en retrait de 85 000 t à 1,69 Mt, se situerait au-dessus de la moyenne quinquennale (+ 464 000 t). Le stock français de maïs en fin de campagne pourrait, quant à lui, grossir de 189 000 t à 2,57 Mt, légèrement au-dessus (+ 66 000 t) du niveau moyen des cinq dernières campagnes.
Les prévisions de ventes vers l’Union européenne sont une nouvelle fois ajustées à la baisse : - 110 000 t à 3,85 Mt en raison de ventes plus faibles que prévues vers la Belgique et les Pays-Bas, qui préfèrent s’approvisionner en maïs ukrainien un peu moins cher sur le marché. En effet, l’étiage du Rhin, lié à la sécheresse qui a sévi à l’été et l’automne 2018 dans l’est de l’Union européenne, a pénalisé les maïs français et européen, dont une part importante est acheminée en temps normal par voie fluviale vers les ports du nord de l’Europe (Anvers et Rotterdam notamment). FranceAgriMer a, par ailleurs, revalorisé la collecte de 65 000 t à 10,71 Mt, et maintenu les utilisations par les Fab à 3,3 Mt.

Hausse des surfaces de blé tendre et d’orge
Depuis le mois de février, date de la dernière parution de la note Agreste sur l’état des grandes cultures, le ministère de l’Agriculture a pu procéder à des ajustements de ses prévisions de semis d’hiver et de certains emblavements de printemps, notamment pour les céréales à paille, dont la surface est annoncée à 7,65 Mha, en progression de 3,4 % sur l’an dernier. La superficie de blé tendre atteindrait 5,014 Mha en hausse de 2,8 % sur 2018-2019, et en très léger recul (- 0,3 %) sur la moyenne quinquennale.
La sensible baisse du blé dur est confirmée avec 319 000 ha, soit un repli de 9,7 % sur un an et de 7,8 % sur la moyenne 2014-2018. La baisse de surfaces affecterait particulièrement la région traditionnelle de cette culture, soit le Languedoc-Roussillon, avec une chute de 26,3 % en un an et de 13,1 % sur cinq ans. En revanche, on enregistrerait une augmentation de surface d’orge de 7,7 % à 1,90 Mha, grâce à une très forte reprise des semis de printemps : + 17,4 %, en particulier dans le Centre et les Pays de la Loire.
La forte régression du colza est largement confirmée, avec 1,32 Mha, soit 18,5 % de moins que l’an dernier et - 13,1 % de repli sur la moyenne quinquennale, conséquence de la sécheresse de 2018. L’estimation a même été abaissée de 27 000 ha par rapport à la note Agreste de février, et inclut notamment la destruction de quelque 20 000 ha en raison de la présence de semence de colza OGM importée. La culture des protéagineux est relancée, avec une surface annoncée de 236 000 ha, soit une progression de 4,1 %, mais le retard sur la moyenne quinquennale atteint encore - 10 %.
La superficie plantée en pommes de terre de conservation et demi-saison atteindrait 149 000 ha, progressant de 2,7 % sur l’an dernier et de 12,8 % sur cinq ans. Enfin, les betteraves industrielles opéreraient un sensible retrait de 6,3 % sur 2018, à 455 000 ha, conservant néanmoins une avance de 4,8 % sur la moyenne des cinq dernières années.

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