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L’huile de palme tire les prix mondiaux vers le haut

La dernière livraison de l’indice FAO des prix alimentaires renforce l’idée de hausse de ces derniers. Tour d’horizon.

L'huile de palme (ici une photo d'usine de triage datant de 2001) tire les prix alimentaires vers le haut.
L'huile de palme (ici une photo d'usine de triage datant de 2001) tire les prix alimentaires vers le haut.
© Cirad/Jean Paul Morin


«Les cours mondiaux des produits alimentaires de base ont augmenté en avril pour le troisième mois consécutif après quatre années de recul. L’indice FAO des prix des produits alimentaires a atteint une moyenne de 151,8 points en avril, soit une hausse de 0,7 % depuis le mois de mars. Cela représente une baisse de 10 % par rapport à l’année dernière et une augmentation de plus d’un tiers par rapport à son plus haut niveau de 2011», peut-on lire en introduction du dernier bulletin de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Toutefois, les analystes de cette institution précisent tout aussi rapidement que «cette augmentation progressive est loin de s’appliquer à tous les produits. La hausse du mois d’avril s’explique par les prix de l’huile de palme, et de façon moindre par les céréales, tandis que les prix du sucre ont diminué progressivement suite à une forte remontée en mars».
C’est donc bien la demande croissante pour l’huile de palme qui maintient les tendances des prix alimentaires mondiaux à la hausse en 2016. Sous forme de chiffres, cela donne un indice FAO des prix des huiles végétales qui a augmenté de 4,1 %. «Cela est dû en grande partie à des perspectives peu encourageantes pour la production d’huile de palme en 2016 et à une hausse de la demande mondiale», explique la FAO.
Sa chute de l’année dernière s’explique par un approvisionnement important en nourriture, par un ralentissement de l’économie mondiale et par la remontée du dollar américain. Rappelons que l’indice FAO des prix des produits alimentaires est un indice pondéré selon les échanges suivant les cours des marchés internationaux pour cinq groupes de produits : les principales céréales, les huiles végétales, les produits laitiers, la viande et le sucre.

Production céréalière : perspectives favorables
L’Indice FAO des prix des céréales a connu une légère hausse de 1,5 % ce mois-ci, «principalement en raison des cours internationaux du maïs, eux-mêmes influencés par l’affaiblissement du dollar américain et par les retombées du secteur des oléagineux». De leur côté, les prix du riz ont fléchi de manière marginale alors que les marchés du blé ont enregistré des gains limités, malgré les perspectives pour une offre plus abondante au cours de la prochaine campagne agricole.
La production céréalière mondiale pour 2016, suite à la révision à la hausse des prévisions de la FAO, est estimée à environ 2 526 millions de tonnes, pratiquement les mêmes chiffres qu’en 2015, et est en passe de devenir probablement la deuxième plus grande récolte mondiale de l’histoire, selon le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales.
«Ces chiffres plus élevés s’expliquent principalement par de meilleures perspectives en matière de production de blé, car les conditions météorologiques hivernales pourraient favoriser les prochains rendements au sein de l’Union européenne, de la Fédération de Russie, et de l’Ukraine. Avec 717 millions de tonnes, les prévisions pour la production de blé en 2016 indiquent une baisse de 16 millions de tonnes par rapport au chiffre record atteint l’année dernière», détaille la FAO.
Les nouvelles prévisions mondiales de production de la FAO en matière de céréales secondaires - notamment l’orge, le maïs, le millet, l’avoine, le seigle et le sorgho - sont estimées à 1 314 millions de tonnes, soit environ 1 % de moins qu’en 2015. Les prévisions de la FAO concernant la production de riz dans le monde restent inchangées avec 495 millions de tonnes, soit près d’1 % de plus que l’année précédente, même si les effets du phénomène climatique El Niño ne seront pas perceptibles avant quelques mois. Il y a peu, des informations indiquaient des effets extrêmement négatifs de ce phénomène climatique sur la production alimentaire en Ethiopie et en Afrique australe. Du reste, l’épisode El Niño actuel voit ses effets renforcés par le changement climatique selon certains observateurs.
L’utilisation de céréales dans le monde au cours de la prochaine campagne agricole n’est appelée à augmenter que d’1,1 % en raison d’un ralentissement de la croissance en matière d’utilisation des céréales - en particulier le blé et l’orge - pour nourrir le bétail.
Par conséquent, les stocks mondiaux de céréales sont susceptibles de chuter de 3,3 %, soit de 21 millions de tonnes au cours de la nouvelle campagne. Des diminutions de stocks sont prévues au Brésil, en Thaïlande, en Inde, en Chine, au Maroc, en République islamique d’Iran, en Argentine et en Afrique du Sud, selon la FAO.
Enfin, le commerce mondial de céréales devrait légèrement chuter - pour atteindre les 367 millions de tonnes - avec de fortes baisses attendues pour les importations d’orge et de sorgho par la Chine et pour les importations de maïs par l’Union européenne, qui seront compensées par une flambée des importations de maïs par les pays frappés par la sécheresse en Afrique australe.

Autres filières
L’Indice FAO des prix des produits laitiers a régressé de 2, 2 % alors que les stocks de beurre et de fromage des principaux exportateurs ont continué de croître. L’Indice FAO des prix de la viande a enregistré une légère hausse de 0,8 %, qui s’explique par une demande croissante des Américains pour la viande de bœuf australien.
Parallèlement, l’Indice FAO des prix du sucre a reculé d’1,7 % en avril, suite à une forte hausse de 17 % le mois dernier. Alors que des inquiétudes subsistent quant à la production mondiale de sucre, le Brésil, qui en est de loin le principal exportateur, a connu la deuxième plus importante récolte de son histoire et l’utilisation de canne à sucre pour la fabrication d’éthanol est appelée à baisser. Le sucre et les huiles végétales sont les seuls sous-indices qui ont actuellement des niveaux supérieurs à ceux d’avril 2015.

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