Équin
L’idylle entre Fabien Gricourt et la race boulonnaise l’emmène au Sia
Éleveur de chevaux boulonnais à Béhen, Fabien Gricourt emmène pour la première fois son étalon Idilik pour représenter la race dans le concours «modèle et allure» prévu le 25 février prochain.
Éleveur de chevaux boulonnais à Béhen, Fabien Gricourt emmène pour la première fois son étalon Idilik pour représenter la race dans le concours «modèle et allure» prévu le 25 février prochain.
Depuis que Fabien Gricourt a appris la sélection de son étalon boulonnais Idilik du Cambronais pour une participation au Salon international de l’agriculture, «on ne vit plus que pour lui», assurait l’éleveur à quelques heures de prendre le départ pour la Porte de Versailles. Avant de prendre la route pour Paris, il y a un parcours que raconte sobrement l’éleveur, encore surpris, après une déception en 2021. Cette année-là, Idilik n’a que trois ans, mais convaincu du potentiel de son cheval, Fabien Gricourt le présente au concours des étalons boulonnais organisé à la Maison du cheval boulonnais. Douche froide pour le Samarien qui récolte une avant-dernière place. Il promet de ne plus y remettre les pieds jusqu’à ce qu’un autre éleveur, Camille Ansel, ne le convainque du contraire après avoir fait appel à Idilik pour des saillies.
Champion national des étalons 2025
Fin septembre 2025, après plusieurs semaines de préparation, Idilik est présenté au concours des étalons boulonnais qu’il remporte, en même temps qu’il est sacré champion des étalons boulonnais 2025. Fabien Gricourt «n’en revient pas». «On pensait qu’une quatrième ou troisième place, ce serait bien…» La suite ?
Une participation à la sélection des chevaux pour participer au Sia 2026, début novembre. Idilik est retenu, aux côtés de sept autres chevaux. Pour Fabien Gricourt, cette sélection est déjà une victoire en soi : «Cela efface les moments de galère qu’on a pu connaître». Parmi ces moments difficiles, la disparition il y a trois ans de la jument qui a mis au monde Idilik, sans explication.
«On vit sur un nuage»
Passionné depuis tout jeune par les chevaux et la race boulonnaise, Fabien Gricourt raconte avec pudeur le chemin parcouru : «On est parti de rien… On a évolué petit à petit. Dès que j’ai pu acheter un cheval et louer une pâture, je l’ai fait». Et l’éleveur d’évoquer les «sacrifices» qu’il a dû faire pour s’équiper petit à petit. Aujourd’hui, «se retrouver dans un des plus grands salons du monde, forcément, cela fait chaud au cœur.»
Au moment d’emmener son cheval, il a une pensée pour son père, qui lui a transmis la passion. «Mon père était charretier et travaillait avec des chevaux boulonnais. C’est lui qui m’a donné envie d’avoir moi aussi des chevaux, même s’il m’avait prévenu que c’est compliqué.» Bien qu’impressionnée par le gabarit du cheval boulonnais, son épouse Carine l’a toujours soutenu et accompagné dans l’élevage.
Idilik sera présent au Sia avec sept autres représentants de la race boulonnaise, trois juments et cinq mâles. Pour Fabien Gricourt désormais, quel que soit le résultat, «être au Salon, c’est la récompense d’une vingtaine d’années de travail.» Un travail acharné au service d’une race qui reste menacée par ses faibles effectifs.