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L’île de la Trève sera-t-elle engloutie par la Somme ?

À Picquigny, l’île de la Trève, sur laquelle a été signé le traité qui a mis fin à la guerre de Cent Ans, disparaîtra dans quelques mois si aucun travail n’est engagé. Une perte pour l’histoire du lieu et pour l’activité nautique locale.

Philippe Vermersch, président du club nautique, et Guy Capon, bénévole, riverain, constatent chaque jour l’érosion de leur chère île de la Trève.
© A. P.

Depuis son jardin en bord de Somme, à Picquigny, Guy Capon profite d’un cadre idyllique. Mais il est aussi en première loge pour assister à l’érosion de l’île de la Trève qui a quasiment déjà causé sa perte. «Si rien n’est fait, elle ne passera pas l’année», regrette le bénévole de la base nautique de la commune. L’île, sur laquelle a été signé le traité de Picquigny entre les rois Louis XI de France et Édouard IV d’Angleterre le 29 août 1475, n’est plus qu’un petit lopin de terre. Quelques arbustes s’y accrochent désespérément, mais leurs petites racines ne suffisent plus à retenir le  tissu végétal.
En plus de marquer l’Histoire, cette île est aussi précieuse pour l’activité de la base nautique de Picquigny. «Elle joue un rôle de protection de l’île de la Catiche, en aval. C’est un îlot autour duquel nous pouvons tourner avec les bateaux. Elle permet aussi d’accélérer le courant de l’eau, de créer des remous», confie Philippe Vermersch, le président, aussi président du comité départemental de Canoë-Kayak. Cette accélération du courant fait l’intérêt principal du site. «Nous bénéficions du plus beau site d’eau vive au nord de Paris. Nous faisons partie des quatre seuls bassins de slalom, avec Saint-Laurent-Blangy (62), Cergy-Pontoise (95) et Vaires-sur-Marne (77).» Particularité samarienne : il s’agit du seul bassin présentant une régulation naturelle de l’eau. «Les autres sont artificielles.» Cette année encore, trois compétitions de slalom et de descente y sont organisées, dont une demi-finale nationale de slalom. Parmi les kayakistes au départ, très certainement, la star du club : Caroline Loir, deux fois championne d’Europe et championne du monde par équipes.

Un chantier d’envergure
Pour la soixantaine de licenciés, et surtout les quelques cinq-mille personnes qui profitent de l’activité de loisir chaque année, la préservation du site est donc primordiale. «Tout le bassin mérite en fait d’être consolidé», confie Philippe Vermersch. Les berges s’érodent. Les arbres qui bordent le cours d’eau, en grande partie des frênes, souffrent de chalarose, et meurent un à un. Les projets de rénovations n’ont pourtant pas manqué. «Le club a été créé au début des années 1980. Vers la fin de la décennie, un projet d’aménagement et d’enrochement était déjà dans les tuyaux. Mais il s’est avéré trop onéreux pour les financeurs.» Le scénario s’est répété à plusieurs reprises.
Cette fois, le club espère que l’étude menée actuellement par le Département de la Somme sera la bonne, et qu’elle aboutira à un travail concret pour consolider les berges et rendre le bassin plus sportif encore. «L’impact sur la continuité piscicole et les risques de crue est scruté.» Diagnostic, levés topographiques et bathymétrie ont été réalisés en 2021.  Philippe Vermersch espère que cette phase sera terminée au printemps, pour aboutir à des travaux cet été. Environ 1 M€ sera nécessaire pour un tel chantier.

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