Aller au contenu principal

Lin fibre : stop aux emblavements supplémentaires

La coopérative linière, Calira, a tenu son assemblée générale, le mardi 20 décembre, à Ailly-le-Haut-Clocher.

Teillage : baisse de la cadence cette année liée à la qualité moindre des lins récoltés.
Teillage : baisse de la cadence cette année liée à la qualité moindre des lins récoltés.
© AAP


Une fois n’est pas coutume, l’assemblée générale de la Calira a fait salle comble. La coopérative linière est revenue sur la récolte de 2015, année sur laquelle, elle a statué son assemblée. «Les semis de 2015 ont été réalisés pour 90 % d’entre eux, entre le 20 et le 24 mars. Ce qui correspond à un semis précoce, gage de qualité, rappelle Vincent Delaporte, directeur de la Calira. Puis, le temps, par la suite, a été favorable pour la culture du lin. Toutes les conditions ont été réunies pour une récolte favorable.»
Ainsi, au total, en 2015, la coopérative a récolté 5 108 hectares de lin et en a travaillé 5 364 hectares (report d’hectares supplémentaires de 2014). Le volume de paille moyen a été de 6 423 kg par hectare à 22,45 % de richesse. Soit 1 442 kg de filasse à l’hectare, un peu mieux que l’année précédente (plus 5,3 %). La recette nette moyenne, perçue par le planteur, teillage réduit, est, quant à elle, de 3 097 € par hectare.
Au 30 juin 2016, à la clôture de son résultat, la coopérative affiche donc un chiffre d’affaires de plus de 26 millions d’euros et un résultat de 430 070 € contre 402 572 € en 2015. Nul doute, le président, Antoine Berthe, et le directeur, s’accordent pour dire que ce fut une très bonne année pour la coopérative. La situation est saine. «Pour autant, restons sur nos gardes. Nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise année, comme celle de 2011. Et le marché stagne», rappelle Antoine Berthe.

Dégradation de la qualité pour 2016
Preuve en est, avec la récolte de 2016. Certes, elle est loin d’être catastrophique, mais les aléas climatiques de cette année auront tout de même eut une incidence sur la qualité du lin, et, par conséquent sur son prix de vente. «La récolte a été moyenne pour 2016, relève Vincent Delaporte. On estime aujourd’hui le volume de paille à 6 782 kg par hectare, soit légèrement supérieur à celui de l’année précédente. Le pourcentage de filage est évalué entre 22 et 23 %, et une nette augmentation du pourcentage des fibres courtes est observée, soit plus de 3,6 % par rapport à 2015.»
Celle-ci s’expliquerait en grande partie par le phénomène de verse connu cette année dans les lins, suite aux conditions climatiques déplorables du mois de juin. «Outre ce constat de fibres courtes, ce phénomène impacte aussi la qualité du lin», souligne le directeur. La verse entraîne de nombreux défauts dans les lins, soit une modification des andains, la présence de maladies, des couleurs hétérogènes, une résistance de la fibre irrégulière, ainsi que des défauts lors du rouissage. Par conséquent, la suite de la transformation du lin se voit elle aussi impactée.
La cadence du teillage a diminué de 6 %, le travail des opérateurs est également plus complexe et demande plus d’attention. «En se basant sur la même grille de paiement que celle de l’année dernière, pour un lin moyen, aujourd’hui, il faut compter entre 1,80 € et 2,20 € du kilo contre 2,50 € l’année dernière», explique Vincent Delaporte. En effet, comme depuis plusieurs années maintenant, les prix ne devront pas évoluer.

Maîtriser les emblavements
Cette culture, bien maîtrisée peut être de forte valeur ajoutée dans les exploitations, allant jusqu’à 3 € le kilo pour les lins de haute gamme. De quoi attirer de nombreux agriculteurs. «Or, le marché de la fibre se tend, les prix stagnent ou baissent légèrement», indique Antoine Berthe. Quant aux semences, il semblerait qu’il y ait un équilibre entre l’offre et la demande. Pas de place, donc, aux surfaces supplémentaires, il faut maintenir ce cours, même si, aujourd’hui, la coopérative estime une hausse des emblavements de 5 % pour 2017. «Profitons de la conjoncture favorable, mais sans excès. Ne mettez jamais tous vos œufs dans le même panier. On est jamais à l’abri d’une mauvaise année», conclut le directeur.


Calira en chiffres

- 26 M€ de CA 
- 85 salariés 
- Près de 500 coopérateurs 
- 35 135 tonnes de paille travaillé en 2015 
- 95 % des produits expédiés en Asie

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Hugo Clément Sur le front
« Sur le Front » : une mécanique du soupçon au service de l'audience ?

Le 30 mars, France 5 a diffusé un nouveau numéro de l’émission Sur le front, intitulé « Que se passe-t-il dans nos champs…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde