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Location de matériels agricoles : qui sort gagnant ?

La location de matériels agricoles prend de l’ampleur. Tendances du marché et offres proposées. L’agriculteur peut-il y trouver son compte ?

Le matériel agricole le plus loué par les agriculteurs est le tracteur.
Le matériel agricole le plus loué par les agriculteurs est le tracteur.
© D. R.


La saison des moissons rime avec la sortie des matériels agricoles dans les champs. Tracteurs, moissonneuses-batteuses et presses entament leur ballet annuel. Suivront déterreurs et arracheurs à l’automne. Si la vente de matériels agricoles reste la tendance lourde dans le chiffre d’affaires des concessionnaires, la location de ces matériels est un marché qui se développe depuis ces trois dernières années, représentant entre 15 et 30 % . Même si, cette année, le marché est en berne, tant du côté des ventes que des locations de matériels agricoles, la location se développe petit à petit, mais sûrement.
«Je pense que cette croissance est due au changement des mentalités des agriculteurs. Ceux-ci ont plus de notions de comptabilité qu’avant et raisonnent désormais beaucoup plus en coût de production. Le contexte de crise agricole y participe sans doute. Enfin, il ne faut pas oublier que les matériels agricoles sont de plus en plus chers», analyse Jean-Pierre Faucheux, directeur commercial chez Deboffe. Même son de cloche du côté de chez
Team 3 Services. «La crise participe au développement de la location du matériel. Il semble que les agriculteurs soient désormais moins attachés à la propriété du matériel. C’est la rentabilité et la fiscalité qui prennent le dessus dans leur raisonnement. Cela limite le matériel mobilisé au bilan, et cela permet d’échapper à la fiscalité dans le cas de la revente du matériel», pense Mathieu Ducrocq, responsable commercial. A contrario, selon Thibaut Fievez, directeur d’Agri Santerre, «l’évolution du marché est très faible, ne serait-ce que parce que la location reste plus chère qu’un achat».
Quoi qu’il en soit, ceux qui ont recours à la location sont ceux qui ne sont pas bien en trésorerie, qui ont vendu leur matériel et se retrouvent dans la nécessité de louer. Mais pas seulement. «On loue surtout du matériel chez des agriculteurs dont l’activité s’accroît», note, de son côté, Jean-Pierre Faucheux de chez Deboffe. Ce sont surtout des agriculteurs qui se lancent dans de nouvelles productions telles que la pomme de terre ou la fécule, mais aussi des entreprises de travaux agricoles qui cherchent à diversifier leur mode de financement, ou encore des Cuma. Pour les uns, comme pour les autres, différents types de contrat existent.

Contrats à court terme
Des contrats de courte durée, pouvant aller jusqu’à un an tout de même, sont proposés par Agri Santerre pour la location de tracteurs. Ces contrats sont établis à l’heure avec des forfaits minimum de
150 heures, dont l’heure est facturée entre 25 et 28 € pour un tracteur de 180 cv. «Dans le cadre de ce forfait de 150 heures, si le client en fait moins, il paie quand même le forfait dans son intégralité», précise Thibaut Fievez.
Des contrats de courte durée sont également proposés chez Team 3 Services, allant de la journée à la semaine, voire jusqu’à deux mois. Le tarif varie suivant la puissance du tracteur et la durée de son utilisation. Par exemple, pour un tracteur de 200 cv loué un mois, le coût horaire est de 28 €. «Ceux qui utilisent cette formule sont ceux qui n’ont aucune utilité à en faire l’acquisition, car ce matériel serait en surnuméraire dans leur exploitation», précise Mathieu Ducrocq de chez Team 3 Services.

Contrats moyen et long termes
En version moyenne ou longue durée, soit 24 mois minimum chez Deboffe pour les tracteurs, les locations se font dans une fourchette horaire de 600 à 2 000 heures. Même durée pour les locations de presse, et trois ans pour les moissonneuses-batteuses. «Ce sont des contrats constructeurs, appelés garantie constructeur. L’agriculteur bénéficie donc d’une garantie qui s’étend sur la durée de la location, et ce, partout en France. Autre avantage de ces contrats : le client est prioritaire pour acheter le matériel, une fois la location terminée, et ce, à un tarif préférentiel», relève Jean-Pierre Faucheux. La fourchette de prix pour la location d’un tracteur oscille entre 23 et 50 € de l’heure, celle d’une moissonneuse-batteuse entre 45 et 100 € par hectare. Pour les presses, «le prix est fixé au ballot. Donc, c’est très variable en termes de coût», ajoute-t-il.
Autre formule pour le moyen ou le long terme, le crédit-bail avec une valeur résiduelle à la sortie. «Le client raisonne alors à un coût horaire du matériel optimal sur le tracteur ou la moissonneuse-batteuse», dit Mathieu Ducrocq de chez Team 3 Services. La durée du contrat est de deux à cinq ans. Même pratique chez Casa Agripo. La location se fait avec option d’achat, soit 60 % de leurs ventes. «Ces contrats de crédit-bail se développent chez nous depuis quatre à cinq ans, en raison des avantages fiscaux qui en découlent, notamment parce que cela a moins d’impact sur les plus-values, et également parce que les tracteurs haut de gamme sont chers à l’achat», précise Jérémy Deliens, responsable commercial. Les contrats peuvent aller jusqu’à sept ans. Reste que les loyers mis bout à bout, le coût du crédit-bail peut se révéler bien plus cher qu’un financement classique, hormis l’avantage d’un impact moindre sur les plus-values. Autrement dit, tout cela doit se calculer.

Le sur-mesure
Dernière formule : le sur-mesure. C’est ce que propose SAPC, à Nouvion, qui fait de la location de matériels dédiés à la culture des pommes de terre depuis 1995 : planteuses, arracheuses, et matériels pour préparer les plantations. «Nous n’avons pas de contrats types, précise Pierre Edouard de Hillerin, responsable commercial chez SAPC. On vend une prestation pour une surface arrachée, plantée ou préparée. C’est donc du sur-mesure. Le coût est à l’hectare, ce qui permet aux agriculteurs de maîtriser leur budget.» La durée de la location varie d’une journée à un mois et demi de travail. Reste que définir la durée d’un chantier est tout sauf simple. «C’est la raison pour laquelle on ne cherche pas à développer plus, car notre objectif est de répondre à nos clients en temps et en heure», ajoute-t-il.
Dans cette jungle des contrats, difficile pour les agriculteurs de s’y retrouver. Si les offres de location peuvent paraître moins chères en ce moment qu’un achat, toutes les propositions se doivent d’être étudiées à la loupe par le loueur pour éviter les mauvaises surprises et ajuster au mieux la location au besoin précis qu’il a. Dans tous les, même si le système est encore balbutiant, la location est une tendance lourde de la société, et l’agriculture n’y échappera pas.

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