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Loisirs
L’ouverture de la chasse sur le DPM plombée par l’inflation

La chasse du gibier d’eau sur le domaine public maritime (DPM) de la Somme ouvre ce samedi 5 août, dès 6h, dans un contexte marqué par une incertitude réglementaire et le poids de l’inflation.

Le territoire géré par l’ACDPM  de la baie  d’Authie sud s’étend sur  450 hectares,  de la Pointe  de Routhiauville  au Pont-à-Cailloux.
Le territoire géré par l’ACDPM de la baie d’Authie sud s’étend sur 450 hectares, de la Pointe de Routhiauville au Pont-à-Cailloux.
© ACDPM Baie d’Authie sud

D’ordinaire, à quelques jours de l’ouverture de la chasse au gibier d’eau sur le domaine public maritime, c’est l’effervescence au siège de l’association de chasse maritime de la baie d’Authie sud comme chez les dépositaires de la carte permettant d’y chasser. Pourtant, en ce début du mois d’août, le nombre de cartes vendues restait encore faible, selon Éric Kraemer, président de l’association depuis 23 ans : «Le démarrage est lent… Lors du dernier pointage que l’on a réalisé fin de semaine dernière, une centaine de cartes ont été vendues, contre 600 habituellement.» La raison ? Pour le président des chasseurs de gibier d’eau de la baie d’Authie, l’inflation n’y est pas pour rien : «On est en période de vacances, les priorités sont ailleurs. Quand on cumule la validation du permis de chasser, l’achat de cartouches, la location d’une hutte, la carte de chasse, un peu d’équipement à renouveler, cela commence à compter… Du coup, des chasseurs sont tentés de prendre leur carte un peu plus tard dans la saison, quitte à ne pas faire l’ouverture.» Malgré tout, Éric Kraemer se dit «confiant» sur la saison à venir. Lors d’une année «normale», l’association de chasse maritime de la baie d’Authie sud compte jusqu’à 1 000 adhérents. 

 

450 hectares et 75 huttes

Pour 60 €, la carte maritime permet l’accès au territoire géré par l’ACDPM de la baie d’Authie sud. «La chasse au gibier d’eau est une chasse populaire, et l’on tient à ce qu’elle le reste», explique Éric Kraemer. L’association détient deux huttes pédagogiques dont l’objectif principal est d’accueillir des jeunes et des nouveaux chasseurs. 60 € pour la saison 2023-2024, c’est 10 € de plus que l’an dernier, mais l’association assure ne pas avoir eu le choix, après plusieurs années de stabilité : «Depuis 2000, le tarif n’avait pas évolué, alors que les charges augmentent. Nous avons deux salariés, un montant de location du territoire qui augmente régulièrement…», défend le président de l’ACDPM de la baie d’Authie sud. 

Le domaine géré par l’association s’étend sur 450 hectares, de la Pointe de Routhiauville au Pont-à-Cailloux. 75 huttes y sont présentes. Si elle est d’abord pratiquée par des gens du coin, la chasse sur le DPM intéresse aussi un certain nombre de chasseurs venus d’ailleurs. «On peut avoir jusqu’à 40 départements représentés», se félicite M. Kraemer. À l’ouverture et dans les jours qui suivent, ces chasseurs viennent y chercher des sarcelles, des souchets, quelques limicoles. «Les siffleurs, quand on en voit, c’est un peu plus tard…», décrit le président.

 

Entretien et surveillance du littoral

Au-delà de la pratique de la chasse, l’ACDPM revendique un rôle à part entière dans l’entretien du milieu littoral. Depuis quelques années, une charte de bonnes pratiques a été validée avec les services de l'État, pour la réalisation de différents petits travaux d'entretien. Afin de mieux connaître l’état de conservation des espèces chassables, la déclaration des prélèvements réalisés par les chasseurs est obligatoire. L’association est aussi affiliée à la Fédération des chasseurs de la Somme avec laquelle elle a signé une convention de surveillance du domaine. Quant aux relations de l’association avec les services de l’État, Éric Kraemer les juge «bonnes», même si comme ailleurs sur le littoral en France, l’ACDPM attendait encore en ce début du mois d’août la possibilité de renouveler le bail qui lui permet de pratiquer la chasse en baie d’Authie : «Bien que le bail soit expiré depuis le 30 juin, on peut tout de même chasser, mais la situation est inconfortable. Nous ne voulons pas être dans l’illégalité et l’on tient à montrer que nous chassons dans les règles.» Des règles qui ont tendance à plomber parfois le moral des chasseurs. 

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