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L’un des plus gros méthaniseurs de France est dans les tuyaux

Vingt-trois agriculteurs de la Somme, s’associent pour créer leur unité de méthanisation. Un défi qui devrait apporter de la valeur ajoutée à leur exploitation et un intérêt agronomique pour leurs terres.

Chaque agriculteur apportera de la matière à hauteur de la surface dont il dispose. Le fumier des Blondes d’Aquitaine de Michel Destombes en fera partie.
Chaque agriculteur apportera de la matière à hauteur de la surface dont il dispose. Le fumier des Blondes d’Aquitaine de Michel Destombes en fera partie.
© A. P.



L’idée d’un méthaniseur en commun a été soufflée aux agriculteurs des alentours d’Albert, dans la Somme, par Engie et Biogaz. «Deux cents exploitants ont été mis au courant du projet, précise Michel Destombes, polyculteur et éleveur à Morlancourt. Nous sommes finalement vingt-trois à avoir intégré le projet, soit 4 300 ha. Et très vite, nous avons choisi de prendre la main sur le dossier.» Une entreprise a donc été créée, détenue à 80 % par les agriculteurs, et à 20 % par une société d’énergie mixte qu’ils ont créée. L’intérêt : créer de la valeur ajoutée pour leur exploitation avant tout.
Après dépôt du permis de construire, soumis à autorisation du préfet, puis enquête publique et fouilles, les premiers coups de pelle devraient avoir lieu mi-2021, pour un fonctionnement en 2022. Le projet, qui nécessite un investissement de 11 M€, est déjà bien ficelé. Un terrain de 5 ha a été acheté à la zone industrielle d’Albert. 1 ha de silo, deux incorporateurs, deux digesteurs, un post-digesteur et deux citernes de récupération du digestat liquide y seront construit. «Nous aurons besoin de trois salariés à mi-temps pour faire tourner le tout, du fait des nombreuses astreintes.» Chaque agriculteur apportera de la matière à hauteur de la surface dont il dispose. Cive, pulpes de betteraves, déchets de pommes de terre, racines d’endives, seigle, maïs et effluents d’élevage alimenteront ainsi le méthaniseur, qui engloutit 120 t par jour. «L’apport régulier sera possible puisque nous avons tous des productions différentes, à des saisonnalités différentes», commente Michel Destombes.

50 000 t entrantes, 40 000 t sortantes
En pratique, l’agriculteur prend en charge l’ensilage, puis l’entreprise de méthanisation achète la matière en bord de champ, se charge de son transport et du retour de celle-ci transformée en digestat. Au total, 50 000 t de matière entreront, et 40 000 t de digestat en ressortiront chaque année. «Il nous permettra d’être quasiment autonomes en matière de fertilisation.»
En plus du digestat, le système produira 500 Nm3 de gaz, directement injectée dans le tuyau de GRTgaz. «Certainement la plus grosse production de la région !» Et avec un tarif de rachat du biométhane fixé par arrêté pour une durée de quinze ans (en moyenne 99 €/MWh, ndlr), la rentabilité de l’installation est assurée. Le chiffre d’affaires annuel devrait s’élever à 4 M€, avec une rentabilité à 9,12 %, soit un retour sur investissement d’un peu moins de huit ans. Les agriculteurs s’y retrouveront aussi rapidement.
«Chacun doit investir une somme. Cette mise sera récupérée au bout d’un an et trois mois, grâce aux dividendes perçues, à la vente de la matière à l’entreprise et aux économies d’engrais.»
Des possibilités d’évolution sont déjà envisagées. Parmi elles, l’optimisation économique des assolements. «Nous pourrions booster nos Cipan. Avant, nous voulions qu’ils soient les plus bas possibles pour ne pas être embêtés, plaisante Michel Destombes. Aujourd’hui, nous cherchons le plus de matière possible !» L’achat en Cuma d’un semoir pour des semis en direct est envisagé.

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