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Macron présente sa stratégie pour l’énergie et le climat

Mardi 27 novembre, Emmanuel Macron a installé le Haut Conseil pour le Climat et a présenté les vingt orientations de la stratégie gouvernementale pour la transition énergétique et écologique.

Macron estime que la méthanisation va permettre au gaz de continuer à jouer un rôle important dans notre mix énergétique, tout en offrant une production génératrice de revenus pour les agriculteurs et les territoires.
Macron estime que la méthanisation va permettre au gaz de continuer à jouer un rôle important dans notre mix énergétique, tout en offrant une production génératrice de revenus pour les agriculteurs et les territoires.
© Emmanuel Dessein



Le 27 novembre, entouré d’un grand nombre de ministres et en présence des dirigeants des organisations membres du CNTE (Conseil national de la transition écologique, dont fait partie la FNSEA), le président de la République a installé le Haut Conseil pour le Climat. L’instance composée de treize experts, et présidée par Corinne Le Quéré, devra conseiller le gouvernement en matière de transition écologique et doit «permettre de rétablir des faits scientifiques».
Emmanuel Macron a, par la suite, présenté la stratégie gouvernementale pour la transition énergétique et écologique, une transition qui, pour le président, ne doit pas se faire «à n’importe quel prix» ni générer des inégalités. Emmanuel Macron n’a pas caché sa volonté de répondre au mouvement des gilets jaunes lors de cette allocution. S’il maintient le cap, en réaffirmant la nécessité de l’augmentation de la taxe carbone, le chef d’Etat souhaite «construire une méthode pour rendre plus intelligente cette taxe aujourd’hui un peu aveugle».
Ainsi, la fiscalité sur les carburants sera adaptée aux fluctuations des prix du pétrole. Tous les trimestres, un rendez-vous sera organisé pour atténuer l’effet sur les Français «des envolées des cours mondiaux». Emmanuel Macron, qui dit entendre les protestations, reconnaît qu’il est nécessaire d’apporter des réponses concrètes aux interrogations des français ; «on ne peut soumettre les gens à des injonctions sans leur offrir des alternatives, des solutions». Il souhaite donc que le Haut Conseil pour le Climat, ainsi que des conférences territoriales, organisées dans tout l’hexagone début 2019, puissent apporter ces réponses, mais aussi faire preuve de pédagogie pour accompagner cette transition écologique et énergétique. Il attend aussi des propositions de la part des corps intérimaires, auxquels il s’adressait et dont il a réaffirmé le rôle, pour organiser ces conférences.
Pour présenter la stratégie gouvernementale, Emmanuel Macron s’est appuyé sur les grands axes de la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) et vingt orientations ont été formulées. La diminution de la part du nucléaire est une des mesures phare de cette stratégie. Elle devra être de 50 % dans le mix électrique à l’horizon 2035, quatorze réacteurs seront donc fermés durant cette période. Les dernières centrales à charbon, devront, quant à elles, être fermées d’ici 2022.
Le gouvernement appelle également de ses vœux le développement de la production d’énergies renouvelables. La loi de transition énergétique prévoit que 32 % de la consommation d’énergies en 2030 soit d’origine renouvelable ; avec 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation de chaleur, 15 % de la consommation finale de carburant et 10 % de la consommation de gaz.

Rôle clé
de la méthanisation
Pour ce faire, le gouvernement veut développer les parcs éoliens et photovoltaïques. Emmanuel Macron annonce même qu’à l’horizon 2030, le parc éolien terrestre sera triplé et la quantité d’énergie produite à partir du photovoltaïque sera multipliée par cinq. Pour le développement des énergies renouvelables, et notamment du biogaz (la production de gaz renouvelable devrait être multipliée par cinq en 2028, par rapport à 2017), le président a insisté sur le rôle clé de la méthanisation et donc de l’agriculture.
Il estime que la production de biogaz à partir de la méthanisation, et donc de résidus agricoles, va permettre au gaz de «continuer à jouer un rôle important dans notre mix énergétique», tout en offrant une production proche du terrain et génératrice de revenus pour les agriculteurs et les territoires. Une annonce qui devrait être bien accueillie par le monde agricole. Il faut toutefois attendre de savoir quel sera concrètement le pourcentage de biogaz dans le mix énergétique.
Dans les vingt orientations de la stratégie française pour l’énergie et le climat, trois concernent directement le monde agricole. La première consiste à réduire les émissions du secteur agricole en développant l’agroécologie, l’agroforesterie et l’agriculture de précision. Il s’agit également de développer la bioéconomie, l’agriculture biologique et de faire évoluer la demande alimentaire vers des produits de meilleure qualité, tout en respectant les nouvelles préconisations nutritionnelles et en réduisant le gaspillage alimentaire.
Ce discours du président de la République, qui entendait, présenter sa stratégie pour la transition écologique et en même temps apporter des réponses aux gilets jaunes, sans «renoncer à toute ambition environnementale», ne semble pas avoir eu l’effet escompté. En effet, seulement 22 % des français jugent les mesures suffisantes (Opinion way, RTL, LCI et le Figaro) et les gilets jaunes ont appelé à manifester samedi 1er décembre, pour la troisième semaine consécutive. La fluctuation de la taxe carbone et l’aide à la conversion pour les véhicules, par exemple, ne semblent pas assez concrètes.

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