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Fourrages
Maïs fourrage, maïs grain : faut-il lutter contre la pyrale ?

La pyrale du maïs est un ravageur qui se développe dans les zones de production du maïs, avec une incidence sur le rendement et la qualité sanitaire qui peut être forte aussi bien pour le maïs fourrage que le maïs grain. En dépit des dates de semis parfois tardives cette année, Il est recommandé de raisonner la lutte contre ce ravageur.

La femelle pyrale pond ses œufs par plaque de 20 à 30, le plus souvent sur la face inférieure des feuilles.
La femelle pyrale pond ses œufs par plaque de 20 à 30, le plus souvent sur la face inférieure des feuilles.
© Arvalis

Avant de prendre la décision d’intervenir, plusieurs éléments sont à considérer. Tout d’abord, il est important de connaître, la pression dans laquelle la parcelle se trouve. Pour cela, vous pouvez consulter la carte de la pression larvaire établie dans le cadre du BSV (Bulletin de santé du végétal) à l’automne dernier. La population larvaire à l’automne 2023 est exprimée en nombre moyen de larves par plante. Plus la population larvaire est importante, plus le risque de présence de pyrales en 2024 est élevé pour les maïs de la parcelle observée et les parcelles voisines, sans préjuger des méthodes prophylactiques qui ont pu être mises en œuvre cet automne/hiver comme le broyage fin des cannes et des bas de tiges de maïs et/ou le labour. Les zones à «risque élevé» sont celles où l'on a observé avant la récolte 2023, des populations larvaires supérieures à 0,8 larve par pied en moyenne. En dessous d'un comptage à 0,5 larve par pied, le risque de présence de l'insecte et donc de dégâts pour un maïs implanté en 2024 dans cette zone, est jugé plus faible. Le réseau d’observations reste cependant insuffisant pour être totalement représentatif et ne remplace pas les observations de dégâts que vous avez pu réaliser dans vos parcelles de maïs l’année dernière.

 

Des méthodes de lutte biologiques chimiques  et agronomiques

En cours de campagne, le relevé de pièges ou l’utilisation de modèle permet d’optimiser les dates d’intervention en fonction des modes de protection envisagés. Pour la lutte biologique avec les trichogrammes, il faut prévoir la pose/lâcher des plaquettes/capsules en début de vol de la pyrale alors que pour la lutte chimique, l’intervention est à positionner à l’approche du pic de vol si l’on souhaite maximiser l’efficacité de la lutte. Il n’existe pas de lutte curative après la pénétration de la larve dans la tige.

En fin de campagne, il faut rappeler que des mesures prophylactiques peuvent être mises en place après la récolte du maïs afin de limiter le développement du ravageur pour la prochaine campagne. Si cela n’est pas réalisé, les larves de pyrale passeront l’hiver cachées dans le bas des tiges de maïs, elles ne craignent pas le gel… Pour les parcelles très touchées, un broyage fin des résidus de cannes après récolte est recommandé car il va détruire directement une partie des larves et en exposer d’autres aux prédateurs et aux parasites (la pluie et les températures douces favorisant l’activité de pathogènes sur les larves). Le labour encore souvent pratiqué dans la région est également un plus car il va enfouir les cannes broyées et limitera la population de pyrale capable d’infester les maïs au printemps suivant.

 

Où en sommes-nous  aujourd’hui ?

Comme l’évoque le BSV du 25 juin 2024, un premier piège a capturé une pyrale dans le sud de l’Aisne. Le réseau de suivi qui est en train de se mettre en place, il comporte une quinzaine de pièges à ce jour. Les populations sont encore très faibles. Les lâchers de trichogrammes peuvent être envisagés ces prochains jours.

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