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Mauvaise récolte 2020, teillage en souffrance en 2021

Depuis décembre, la Calira, à Martainneville, teille le lin récolté en 2020. Sans (bonne) surprise, la récolte est très mauvaise. Un protocole d’estimation de la qualité est mis en place pour limiter les pertes économiques.

Selon leur qualité, les pailles 2020 sont orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres. 
Selon leur qualité, les pailles 2020 sont orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres.
© A. P.

Ils redoutaient le teillage de la récolte de lin 2020. Il s’avère que l’appréhension des équipes de la Calira (Coopérative linière de la région d’Abbeville), à Martainneville, avait raison d’être : la récolte 2020 est très mauvaise, tant en termes de quantité de fibres longues que de qualité, et elle est donc compliquée à travailler. Les premiers résultats techniques, sur un peu moins de 400 ha transformés, le prouvent.

Vincent Delaporte, directeur de la coopérative linière, n’a même jamais connu d’aussi mauvaise année que 2020. Le pire des scénarios s’est dessiné au printemps, période clé du développement du lin. «Du vent d’Est desséchant, trop de luminosité, pas assez d’hygrométrie, des pics de températures en plein stress hydrique… Résultat : nous avons une petite récolte en termes de rendement, avec une faible richesse en fibres. Dans un même andain, la taille des fibres peut varier, car les levées étaient hétérogènes», expliquait-il dans nos colonnes en novembre dernier. 

 

Protocole spécifique mis en place

L’équipe du teillage se livre donc désormais à un travail ingrat, contrainte à une cadence plus lente, puisque la matière première est plus difficile à travailler. À l’arrivée : une quantité de filasse moindre. «Les faibles richesses en rendement lins teillés sont déstabilisantes et nous devons nous adapter pour s’assurer que le lot de paille qui sera transformé permettra de dégager un résultat économique positif», informe la coopérative auprès de ses adhérents. 

La coopérative se veut pragmatique pour appréhender les pailles 2020 dès l’entrée du teillage. Un protocole spécifique est donc mis en place avant d’engager un lot de paille sur les lignes de teillage. Quatre balles de paille représentatives sont pesées, puis teillées. Selon le taux de rendement lin teillé, la vitesse de passage (kg/heure) et l’estimation du prix de commercialisation selon la qualité, la recette est estimée. Les pailles sont alors orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres.

 

Des enseignements à tirer

En fin d’année déjà, Vincent Delaporte confiait que les liniculteurs devaient en tirer des enseignements : «pas de lin dans les mauvaises terres. Une terre de qualité est la condition minimale pour réussir la récolte.» Il n’y a plus qu’à espérer une météo plus clémente pour une récolte 2021 préservée. 

 

2019 : qualité moyenne mais bien valorisée

En décembre, le teillage de la récolte de lin était terminé. «Il s’agit d’une récolte moyenne en termes de résultats techniques, mais avec une qualité appréciée par nos clients filateurs», résume-t-on à la Calira. Dans le détail, pour 7 868 ha récoltés : 6 676 kg/ha de pailles brutes, 20,63 % soit 1 377 kg/ha de lins teillés, 15,75 % soit 1 051 kg/ha d’étoupes brutes, 5,98 % soit 399 kg/ha de graines, et 46,85 % soit 3 127 kg/ha d’anas. Les volumes de lins teillés 2019 sont commercialisés à 94 %, «sur un marché actif ces derniers mois». La recette moyenne s’élève à 3 204 /ha. 
 
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