Aller au contenu principal

Maxime Freulet : “avec l’électronique, des réparations de plus en plus complexes”

Les tracteurs sont de plus en plus sophistiqués. Le chef d'atelier des établissements Freulet à Formerie (60) donne son point de vue sur leur entretien.

Les pannes les plus fréquentes aujourd'hui portent sur l’hydraulique. En cas de panne électronique, les mécaniciens de l'atelier sont capables de diagnostiquer sa provenance et d’y remédier.
Les pannes les plus fréquentes aujourd'hui portent sur l’hydraulique. En cas de panne électronique, les mécaniciens de l'atelier sont capables de diagnostiquer sa provenance et d’y remédier.
© AAP


L'innovation aidant, les tracteurs sont de plus en plus bourrés d'électronique. Leur entretien prend donc d'autant plus d'importance, notamment ceux équipés de la dernière génération de moteurs. Ces derniers répondent à la norme anti pollution Tier 4 afin de réduire les émissions d’oxyde d’azote et de particules. "Certain tractoristes ont ajouté pour cela un filtre qui retient les fines particules contenus dans la combustion des gaz. Dans ce cas le filtre est à changer toutes les 3 000 heures, au-delà le tracteur est verrouillé, il est impossible de l’utiliser, explique Maxime Freulet, le chef d’atelier des établissements Freulet à Formerie. D’autres, comme Deutz Fahr, ont choisi le système AdBlue. C'est un produit qu’on injecte à la sortie de l’échappement pour retraiter les produits issus de la combustion. Il représente 3% de la consommation totale de carburant. Le conseil que je peux donner aux utilisateurs d’AdBlue est de surveiller régulièrement le niveau de la solution et d’utiliser de l’AdBlue, certifié par le tractoriste. Il faut aussi un carburant de qualité. Le GNR doit être non seulement homologué par les fabricants à la norme EN 590 mais aussi stocké dans de bonnes conditions : dans une cuve propre, entretenue et pourquoi pas équipée d’un filtre en sortie».

Filtres : respecter les prescriptions
Les nouvelles boites à variation continue offrent davantage de confort au conducteur. Elles nécessitent toutefois un entretien sérieux. Il faut les vidanger toutes les 1 000 heures.
Pour les tracteurs équipés d’un système d’injection haute pression common rail, les injecteurs quantifient précisément le gazole dont a besoin le moteur pour la combustion. La haute pression permet une meilleure répartition du nuage de carburant dans chaque cylindre. «Ce système d'injection fonctionne avec un contrôle électronique. Il amène de nombreux avantages, on consomme notamment moins de carburant. En contre partie il faut bien l'entretenir, en pratique changer les filtres au moins tous les ans ou entre 800 et 1 000 heures. Dans tous les cas respecter les prescriptions des motoristes», explique Maxime Freulet.

Pas de poussière
Depuis quelques années, les tractoristes et accessoiristes ont créé la norme Isobus pour faciliter l’utilisation des outils depuis le tracteur et limiter le nombre de terminaux dans la cabine. Il existe une interface commune entre l’outil et le tracteur afin de pouvoir brancher et utiliser directement l’outil sans changer de boitier d’utilisation. Bientôt, dans le terminal du tracteur, il y aura une carte sim avec laquelle on pourra régler, calibrer, voire diagnostiquer à distance. «Ces systèmes électroniques n'aiment pas la poussière. Il faut donc l'éviter au maximum ou tout au moins dépoussiérer régulièrement la cabine. Le meilleur moyen bien entendu est de laisser les vitres fermées, ce qui est d'autant plus facile aujourd'hui grâce à la climatisation des cabines.
Mais attention là aussi à bien l'entretenir en effectuant des contrôles tous les deux, trois ans et s’il le faut, changer le filtre déshydrateur et filtrer les gaz. Ces contrôles sont effectuées par des techniciens et centres agréés», conseille le chef d’atelier.

Des mécaniciens régulièrement formés
Les concessionnaires se sont adaptés à ces nouvelles exigences d'entretien. «Notre atelier s’est équipé d’un banc d’essai équipé de débitmètres, manomètres, multi­mètres, oscilloscopes, autant d'appareils qui nous permettent de mieux cibler nos interventions lors de pannes. Nous avons aussi des valises de diagnostic fournies par les constructeurs afin d’être encore plus précis lors de disfonctionnements électroniques. De plus, nos mécaniciens vont régulièrement en stage chez nos constructeurs afin de mettre à jour leurs compétences et se spécialiser dans tel ou tel type de réparation», indique Maxime Freulet.
Les établissements Freulet emploient huit mécaniciens dans leur atelier. Tous ont les mêmes compétences mais chacun a une spécialité : l’un pour l’hydraulique, l’autre les télescopiques et automoteurs, un autre pour les transmissions ou encore pour l’électronique. «On a toujours besoin de mécaniciens qui s’y connaissent en mécanique générale, en transmission, mais ce n’est plus l’un des postes les plus sollicités. Les pannes les plus fréquentes aujourd'hui portent sur l’hydraulique. En cas de panne électronique, nos mécaniciens sont capables de diagnostiquer sa provenance, d’y remédier, mais parfois c’est un problème informatique et dans ce cas nous envoyons la pièce chez un spécialiste», ajoute Maxime Freulet.

Calibrage et étalonnage
Malgré le développement des sites internet qui vendent des pièces détachées, les clients ne désertent pas l’atelier. «Ils veulent un dépannage rapide et de qualité. Certes, certains achètent des pièces sur internet mais nos services ne se limitent pas à un changement de pneu ou de filtre. De plus, tout le monde n’a pas le temps ou le goût pour la mécanique. Nous avons une clientèle fidèle à l’atelier et nos relations avec elle ont peu évolué : nos clients nous font confiance», commente Maxime Freulet, tout en faisant remarquer qu'il passe aujourd'hui de plus en plus de temps à préparer les tracteurs avant de les livrer. Car avant la livraison, il est primordial de bien vérifier le tracteur. Et d'effectuer plusieurs calibrages, notamment ceux de la boite de vitesse et du relevage. «Avec l’électronique, il faut programmer le moteur par exemple. Nous sauvegardons le programme initial, ainsi en cas de problème nous sommes capable de tout réinitialiser. Nous faisons aussi des étalonnages électroniques : chose qui n’existait pas il y a une dizaine d’années».
La formation des mécaniciens et la sophistication de l’outillage justifient la hausse du coût des réparations. Raison de plus pour bien entretenir son tracteur. Comme le conseille Maxime Feulet : «faites vos vidanges en temps et en heure avec des produits de qualité, vous gagnerez du temps et de l’argent !».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Hutte Hable d'Ault
Un drame évité de justesse dans une hutte du Hable d'Ault
Deux chasseurs occupant une installation de chasse de nuit ont échappé la nuit dernière à l’intoxication par les fumées d’un…
Groupama Grand Est
Pour une erreur de calendrier, Groupama fait le buzz malgré lui
Les réseaux sociaux sont féroces et la moindre erreur de communication se paye au prix fort. C'est ce qu'a constaté au cours des…
Jean-Louis Bouthors a sauvé son exploitation par la remise en cause du poste d’alimentation, avec l’affouragement  en vert. Un défi qu’il a su relever avec le soutien de sa famille (ici ses enfants, Louis et Laura).
Eleveurs bovins (5/10). L’autonomie fourragère pour un élevage viable
Épisode 5/10. Ils sont éleveurs bovins par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Aujourd’hui, Frédéric Gaffet est à l’aise avec ses pratiques qui lui ont permis de sauver sa ferme. Sa fille, Constance, pourrait même s’y installer à l’avenir grâce  à un projet de diversification.
Eleveurs bovins (7/10): "Si je n'étais pas bio, je n'existerais plus"
Épisode 7/10. Ils sont éleveurs bovin par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Selon leur qualité, les pailles 2020 sont orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres. 
Mauvaise récolte 2020, teillage en souffrance en 2021
Depuis décembre, la Calira, à Martainneville, teille le lin récolté en 2020. Sans (bonne) surprise, la récolte est très mauvaise…
Projet de sucrerie de Seneffe
Le projet de sucrerie de Seneffe (B) est enterré
Ultime rebondissement dans la course à la construction d’une sucrerie dans le Hainaut belge, la coopérative rassemblant les…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde