Aller au contenu principal

philatélie
Même sur un timbre, le renard divise

Pas encore en vente et déjà l’objet d’une polémique. Alors que La Poste doit mettre en vente une série «collector» de timbres à l’effigie du renard roux, cette initiative déchaîne déjà les passions.

Peu importe la nature du courrier qui sera envoyé dans une enveloppe sur laquelle on y aura apposé un timbre de la série «renard», à elle seule, l’enveloppe sera porteuse d’un message. En éditant une série de timbres à l’effigie du renard, mais surtout en l’accompagnant d’un texte militant pour la protection du renard, La Poste a suscité un début de polémique. Le 13 avril, c’est en effet le média en ligne dédié à la chasse Chassons.com qui a soulevé le loup : «S’il est une bonne chose que nos amis goupils puis-sent pavaner sur les prochaines lettres envoyées par nos concitoyens, le discours affiché dans le cadre de cette opération peut paraître quelque peu étonnant.»

 

Militantisme pro-renard

Dans un communiqué, La Poste prend clairement position en faveur du renard, soulignant que «longtemps considéré comme un animal nuisible, le renard paie très cher une réputation injustifiée (…) Parfois charognard, il élimine les petits animaux malades et évite beaucoup d’épidémies. Fort utile à l’agriculture, il consomme plus de six mille micromammifères (carnivores, rongeurs, insectivores, etc.) par an et concurrence ainsi très largement et naturellement les épandages de produits chimiques tels que la bromadiolone. Vous l’aurez compris, le renard est notre allié et nous nous devons de le protéger.»

L’auteur de ce texte ne serait autre que Michel Chardin, présenté comme «photographe de nature qui milite activement pour la cause des animaux sauvages et en particulier les renards». Pour Baudouin de Saint-Léger, rédacteur en chef de Chassons.com, «il est tout de même assez surprenant qu’une société à capitaux 100 % publics et dont l’objectif est de livrer des enveloppes ou des colis se mette à donner des consignes nature auprès de la population».

 

En vente à partir du 3 juin

Du côté de l’Aspas, une association aux positions anti-chasse bien connues, au contraire, se réjouit de cette offre : «De superbes photos de renards dans leur milieu naturel sur des timbres 20 g, et un message de sensibilisation sur la place du petit carnivore dans l’écosystème, l’Aspas ne peut que saluer cette initiative de La Poste, entreprise de service public», écrit l’association sur son site Internet. Et d’en profiter au passage pour réaffirmer son opposition à régulation du renard et de toute autre espèce susceptible d’occasionner des dégâts (Esod) : «Dans la très grande majorité des départements français, chaque année, les renards sont massacrés sans limite de nombre par tir, déterrage ou piégeage… Chaque année, on estime à 600 000 le nombre de renards tués dans l’Hexagone, une destruction de masse totalement injustifiée qui n’a absolument aucun sens sur le plan écologique, les renards étant comme tous les prédateurs des animaux territoriaux capables de s’autoréguler en fonction de la quantité de nourriture disponible. L’abattage des renards est même considérée contre-productive sur le plan sanitaire, que ce soit pour la borréliose de Lyme ou l’échinococcose alvéolaire. Alors, ce ne seront sans doute pas, hélas, ces 32 000 timbres qui sortiront le renard de la liste de la mort des Esod établie par le ministère de l’Écologie sous la pression des lobbies de la chasse et de l’agro-business, mais chaque action de sensibilisation menée pour réhabiliter cet animal si emblématique de notre bestiaire local est bonne à prendre, et à relayer !»

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Prix 2026 : la douche froide pour les producteurs de Vecquemont

L’industriel Roquette a précisé le prix de base des pommes de terre fécule pour 2026. Comme attendu, car annoncé lors de l’…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

Rima Hassan insulte Laurent Duplomb
PPL Duplomb : une députée LFI préfère l’insulte au débat

La proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb sur la réautorisation de certains produits phytosanitaires ravive un débat…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde