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Mobilisation réussie des producteurs de lait

Devant le site industriel de Lactalis de Clermont, un rassemblement a été organisé le 29 août au soir.

Ils étaient un peu plus d’une cinquantaine de l’Oise et de la Somme à s’être réunis devant le rond-point desservant le site Lactalis de Clermont.
Ils étaient un peu plus d’une cinquantaine de l’Oise et de la Somme à s’être réunis devant le rond-point desservant le site Lactalis de Clermont.
© AAP


Ils étaient un peu plus d’une cinquantaine de l’Oise et de la Somme, qui avaient été prévenus au cours de l’après-midi. La FNPL avait alors appris que des négociations allaient enfin reprendre mardi 30 août. L’objectif de la mobilisation des producteurs était de montrer leur détermination à obtenir une revalorisation du prix du lait, en manifestant devant les usines du groupe.
Les présidents des sections lait des FDSEA de l’Oise et de la Somme, Alain Gille et Olivier Thibaut, ont rappelé la tentative avortée de la semaine précédente : les producteurs du Grand Ouest, rejoints par leurs collègues d’autres régions, dont les Hauts-de-France, avaient occupé l’accès du site Lactalis de Laval, qui est en même temps le siège social du groupe. Mais un référé a obligé à lever le blocage au bout du cinquième jour, à la demande de l’industriel qui avait mis fin à tout espoir de négociation, hormis la proposition qu’il a faite aux représentants d’OP d’une hausse de 1,5 centime d’euro par litre.
«Une provocation», estimait Alain Gille en rappelant le niveau dérisoire de rémunération du lait, qui est devenu depuis près de deux ans inférieur aux coûts de production. «Les agriculteurs ne sont pas com­me les autres Français, puisqu’une loi interdit de vendre à perte. Nous demandons simplement de pouvoir vivre de notre métier, de notre travail et de notre production.»
Il s’agissait ici d’une action symbolique, les producteurs ayant seulement marqué leur présence sans bloquer ni l’accès de l’usine, ni la circulation routière sur le tout nouveau rond-point. Ils ont laissé sur place un «Mur de la honte» de pneus usagés, empilés le long de la grille d’accès à cette usine de conditionnement de lait de consommation.

Recherche du juste prix
Le but était aussi de rappeler au public une situation anormale, voulue par le principal collecteur privé de France, devenu le leader sur le marché mondial des produits laitiers, qui, en étant l’acheteur qui paie le lait le moins cher, entraîne ses concurrents dans une spirale à la baisse. Les manifestations qui se déroulaient dans l’Oise, comme sur les autres sites Lactalis en France, concernaient de fait tous les producteurs laitiers.
La solution sur laquelle travaillent les organisations syndicales de producteurs est à la fois dans une régulation de la production et dans le partage des marges au sein de la filière, tout en cherchant une revalorisation des prix de vente à la consommation. Or, force est de constater que le lait ou certains produits laitiers restent des produits d’appel dans les grandes surfaces : du lait en briques Lactel est proposé à 51 centimes d’euro dans une enseigne commerciale quel­ques jours avant la rentrée scolaire. Et si les GMS font tout pour proposer des produits moins chers que leurs concurrents, l’effort financier est fait par leurs fournisseurs… qui peuvent être tentés de diminuer encore les prix des produits qu’ils achètent, en cherchant eux aussi à se positionner au mieux sur le marché. On tourne en rond, aux détriments des producteurs ; et peut-être au profit des consommateurs, si le partage des marges est équitable.
Mais force est de constater que la grande distribution se porte bien et que des entreprises comme Lactalis également… Pour preuve, la croissance régulière de ce groupe par rachat d’entreprises, comme dernièrement la fromagerie normande Graindorge. Avec le risque pour les producteurs d’une concentration des acheteurs telle qu’il n’y aura pratiquement plus de concurrence, comme cela est observé pour la viande avec le groupe Bigard, comme le disait Luc Smessaert, producteur de lait dans l’Oise et vice-président de la FNSEA.
La mobilisation va donc continuer, en attendant une amélioration significative du prix du lait, espérée du fait d’une remontée des cours au niveau mondial. En prolongement de ces actions devant les usines Lactalis, les producteurs se relaient dans les grandes surfaces pour faire retirer ou demander le déréférencement des produits des nombreuses marques du groupe Lactalis (Lactel, Président, Bridel…).

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