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Moisson : des rendements hétérogènes

Après les escourgeons, les premiers blés, colzas et pois arrivent au silo. L'hétérogénéité des rendements se fait sentir partout.

En blé, les résultats devraient s’approcher de la moyenne quinquennale.
En blé, les résultats devraient s’approcher de la moyenne quinquennale.
© A. P.

Ce 15 juillet, il ne restait que quelques parcelles d'escourgeon à récolter dans la plaine samarienne. À l'Est du département, le moindre épis était même déjà en silo pour la coopérative Noriap. «Nous confirmons des rendements très hétérogènes, qui varient entre 60 et 100 qx/ha, avec une moyenne de 85 qx», annonce Frédéric Toullet, chef de région Sud et Est. Même remarque pour la coopérative NatUp, au Sud : «la qualité est correcte, mais les rendements sont hétérogènes», ajoute Jean-Baptiste Cornu-Langy, responsable de la région Nord de la coopérative isarienne. À l'Ouest de la Somme, il ne restait que 5 % des surfaces d'escourgeon à battre, au 15 juillet, et là aussi, Antoine Dennetière, directeur d'exploitation de Calipso, relève «une grande disparité de rendements, de moins de 70 qx/ha à 110 qx/ha». «La moyenne n'est pas très haute, autour de 85 qx/ha. La qualité et le PS, en revanche, sont dans les normes.»

Colza : la déception

Pas de quoi se réjouir, a priori, quant à la récolte de colza. «Encore une fois, c'est très hétérogène, confie Jean-Baptiste Cornu-Langy, chez NatUp. Cette année est moyenne, avec de petits grains qui ne pèsent pas lourd.» À l'Ouest, quelques parcelles ont été récoltées dans les cranettes pour Noriap. «Nous relevons vingt à trente quintaux, mais les premières pièces fauchées ne sont pas celles qui ont le meilleur potentiel», prévient Hubert Lecat, animateur commercial chez Noriap. 40 % de la récolte a été réalisée dans les zones Sud et Est de la coopérative, et l'absence de pluie en ce milieu de semaine permettait d'avancer les travaux. Selon Frédéric Toullet, «On oscille entre 20 et 45 qx/ha, avec une moyenne d'un peu moins de trente-cinq quintaux».

Plusieurs facteurs expliquent ces résultats moyens. «Le colza n'aime pas avoir les pieds dans l'eau, or, c'était souvent le cas lors des semis cet automne. Ensuite, il y a eu un printemps très sec et le PMG (pois mille grains) en pâtit.» Surtout, cette année encore, le colza semé en fond de vallée a souffert des aléas climatiques. «Il peut y avoir jusqu'à 5°C d'écart entre un plateau et un fond de vallée, où il peu geler assez fort.»

En pois, si ceux d'hiver créent «une agréable surprise», dixit Jean-Baptiste Cornu-Langy de NatUp, avec des rendements autour de 60 qx/ha, ceux de printemps sont «une vraie catastrophe», se désole-t-on chez Noriap, avec à peine 35 qx/ha. La sécheresse a fait des dégâts.

Blé : du simple au double

Et les rendements de blé ? «Entre 60 et 120 qx/ha, c'est du simple au double», résume  Frédéric Toullet. Dans les zones Est et Sud de Noriap, 20 % des blés étaient déjà rentrés ce mercredi. Les causes de cette hétérogénéité : «une qualité de semis d'automne impactée par les fortes pluviométries, puis la sécheresse du printemps, la capacité de rétention d'eau différente selon les sols, et des pluviométries oscillant entre 12 et 150 mm selon les communes.»

Frédéric Toullet pense néanmoins que la moyenne quinquennale sera atteinte en blé, avec un PS et un taux de protéines «dans la norme». Chez NatUp, on note parfois un taux de protéines un peu faible. «Ce serait dû aux apports d'azote qui ont été peu valorisés par les plantes à cause de la sécheresse. L'enracinement était également peu profond», analyse Jean-Baptiste Cornu-Langy.

Quelques parcelles ont été fauchées dans l'Amiénois et un peu plus à l'Ouest, dans la vallée de la Somme, près de Crécy-en-Ponthieu, Oisemont, et vers la côte, avec des résultats encore une fois «très aléatoires», note Antoine Dennetière pour Calipso. Avec la pluie dans ces secteurs, les chantiers étaient cependant à l'arrêt depuis lundi, et devraient reprendre en fin de semaine pour le «gros rush» de la moisson. «La pluie va finir de faire mûrir les pièces. Ce n'est pas du tout impactant pour la qualité», rassure Hubert Lecat chez Noriap.

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