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Moisson : l’urgence se met en place

Des conditions climatiques déplorables.

© AAP

Le scénario tant redouté se met en place au fil des jours : les pluies incessantes, répétées et exceptionnelles de ce mois d’août plombent chaque jour un peu plus l’avancement des chantiers de récolte, la qualité des matières encore à récolter, et le moral de tous les agriculteurs concernés. Seul un créneau ensoleillé à permis dimanche dernier de travailler mais dans des conditions d’humidité allant de 16,5 à 20 voire 21 ou 22 selon les secteurs. Alors que les principales coopératives ont annoncé des mesures d’accompagnement de frais de séchage jusqu’à 18, les agriculteurs, en fonction des surfaces restant à récolter, de la crainte des dégradations à venir, des disponibilités des machines, ou parfois simplement du souhait d’en finir ou d’avancer, ont fait le choix de récolter.
Sur le département, plus de 50 000 tonnes de blé ont été battus humides et mobilisent aujourd’hui la quasi-totalité de capacité de séchage. Un volume équivalent est encore en terre, et nul ne s’avance à présent sur la date et les conditions dans lesquelles il pourra être récolté. Il est déjà arrivé de récolter en septembre, mais la différence est grande entre l’année 2006 où les récoltes ont pu avoir lieu dans des conditions quantitatives et qualitatives presque honorables, et 1992 qui fait office de triste souvenir. Pour accompagner les producteurs dans cette situation, les coopératives Calipso et Noriap ont décidé d’appliquer une décote progressive des frais de séchage jusqu’à 18.
Les hectares de pois, et de graminées encore en terre paraissent irrécupérables et la culture du lin focalise les attentions. En effet, deux tiers des surfaces ne sont toujours pas récoltées et l’urgence s’accroît d’autant plus que les débits de chantier quotidien diminuent régulièrement. L’humidité est telle que les chantiers démarrent tard et s’arrêtent tôt. Les ressources en matériel sont limitantes, et à ce stade il ne faut retourner les lins que lorsqu’on est sûr de les lier dans la foulée. Priorité absolue à présent pour les premiers arrachés qui ne peuvent plus supporter les conditions actuelles, même si pour l’instant ils sont encore en relatif bon état. Les derniers arrachés suivront sans trainer. La Calira recense auprès de ses producteurs les matériels disponibles.

Mobilisation de tous
Avec ces difficultés organisationnelles immédiates arrivent d’autres questionnements techniques ou économiques qui obligent à appréhender la situation collectivement. L’ensemble des organisations agricoles du département se réunissait jeudi pour faire un point complet de la situation et échanger sur les solutions d’urgence que chacun pouvait apporter, et partager le même niveau d’information sur les différents sujets.
Ainsi, les coopératives ont aménagé les barèmes de séchage mais ne peuvent s’avancer sur les niveaux de prix tant que la récolte n’est pas achevée. Concernant les moissonneuses batteuses, la Fdsea a mobilisé pour l’heure plus d’une vingtaine de machines et d’agriculteurs prêts à intervenir mais demandent à chacun de se manifester le plus tôt possible pour faciliter les mises en relations et être prêt le jour J. Plus que jamais, le service reste ouvert (voir encadré).
Concernant les contrats d’assurance, le seuil de déclenchement sera difficile à atteindre en blé (du moins, chacun le souhaite), mais la compagnie Groupama chercher à aider les assurés sous une autre forme (voir encadré). Le service syndical de la Fdsea, plusieurs fois sollicité pour des dérogations de brûlage d’andains irrécupérables, a obtenu de la Ddtm une réponse simple et efficace (voir encadré). D’autres mesures sont à l’étude pour prolonger l’accompagnement.



Brûlage des pailles : autorisation sur simple demande par mail ou fax

Selon la réglementation BCAE, seules les pailles de SCOP font l’objet d’une interdiction. Donc des andains de lins trop collés ou de fourrières peuvent être brûlés sans demande. Pour les parcelles de SCOP, la prise d’un arrêté préfectoral nécessitant un délai important, la Ddtm met en place un mail pour formaliser la demande (identité, n°PACAGE, n° d’ilot PAC concerné,  commune) et s’engage à donner autorisation par réponse. Le mail est le suivant : ddtm-derogation-brulage@somme.gouv.fr. Pour ceux qui préfèrent le fax, la demande est à envoyer au 03 22 97 23 57, mais il faut de surcroît bien préciser ses coordonnées complètes pour la réponse.La Ddtm rappelle néanmoins la nécessité d’alerter le maire et la sécurité civile, non pas par obligation, mais par prévention.




La Fdsea organise l’entraide

Face aux difficultés de masse, la Fdsea met en place une plateforme d’entraide pour venir en renfort aux agriculteurs qui ont besoin de capacité de battage, soit en raison de proportions encore importantes à récolter, soit pour gérer les concurrences des travaux à venir. Un numéro pour recenser les offres et les demandes : 03 22 53 30 65. Marion Martin (service syndical) met en relation les demandeurs et les offreurs. Lancé par mail et sms mardi dernier, plus d’une dizaine d’offreurs s’étaient immédiatement manifestés.

REACTIONS

Christophe Buisset, président de l’établissement départemental de Groupama

«Nous réfléchissons à appuyer nos assurés en multirisques climatiques»

Le déclenchement des multirisques climatiques a lieu lorsque le rendement décroche 25% de la moyenne des 5 dernières années. Pour l’heure, nous n’y sommes pas et nous pensons même qu’il est peu probable qu’on en arrive à ce stade. Néanmoins, nous cherchons à trouver une façon simple d’aider les sociétaires qui ont fait le choix de s’assurer dans cette formule. Dans les tous prochains jours, nous devrions être en mesure d’apporter une réponse pratique et efficace pour que, à défaut d’un déclenchement total, il y ait au moins une prise en compte des difficultés, com­me par exemple une intervention sur les frais de séchage.


Françoise Crété, secrétaire générale de la Fdsea

«Mon circuit court, c’est ma coop»

La semaine dernière, j’ai annoncé dans ces pages qu’il fallait jouer au mieux la complémentarité du territoire pour tirer le moins mauvais parti de la situation avec l’aliment du bétail. Les réactions que j’ai eues depuis m’amènent à préciser ma pensée, et même à enfoncer le clou. Je n’appelle pas chacun à se munir d’une cellule et d’un aplatisseur ; mais si vous en avez, il faut bien entendu faire les comptes et les calculs des rations.
Par contre, nous savons que la campagne qui s’ouvre sera une campagne «d’acheteurs» : nos organismes stockeurs vont s’employer à trouver les meilleures valorisations, mais ils auront face à eux des interlocuteurs qui seront en position de force. Pour les volumes les plus délicats à commercialiser, je pense plus que jamais que plus on parvient à en consommer dans nos élevages, au travers d’un aliment composé régulier et de qualité tel que nos outils savent en faire, plus nos élevages seront compétitifs, et mieux nos grains seront vendus. Mon circuit court, c’est ma coop, et dans une année comme celle-ci, la structuration qu’elle amène sur le territoire permet le gagnant-gagnant entre les filières.

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