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À moisson précoce, semis des couverts précoces !

Dans un contexte azote tendu et une récolte des céréales qui pourrait se faire plus précocement qu’à l’accoutumée, tout plaide pour semer des couverts végétaux «à l’heure» et produire un niveau de biomasse intéressant.

Semis sous couvert.
Semis sous couvert.
© CA80

Le semis des couverts le plus tôt possible après récolte des céréales, voire avant, est un enjeu pour disposer de végétaux développés qui vont jouer un vrai rôle dans le captage des nitrates, la gestion des adventices, la lutte contre l’érosion ou la structuration du sol.

À l’heure où les cotations en azote pour 2022 se situent autour de 2 à 2,5 € par unité selon la forme choisie, il est important voire indispensable de «mieux» travailler ses couverts d’interculture pour éviter au maximum la fuite hivernale par le drainage. L’enrichissement en légumineuses de ce couvert permettra aussi de gagner quelques points d’azote ; autant d’azote à épandre en moins sur la culture de printemps suivante.

 

Les conseils d’Hervé Georges pour réussir ses couverts 

Conseil n°1 : semer à l’heure !
Semer tôt ses couverts améliore la biomasse produite, les enrichir de légumineuses en améliore la concentration en azote. Sauf événements contraires (climat), chacun pourra profiter d’une récolte qui s’annonce précoce pour semer tôt ses couverts (pour le 15 août idéalement) à base de légumineuses afin qu’ils aient le temps de bien s’implanter, de faire leur rôle de piège à nitrates dans un premier temps puis de fixer de l’azote. 
Si un couvert classique peut fixer 20 à 30 unités, un couvert riche en légumineuses peut en fixer entre 70-80, voire plus.
Généralement, 50 % de cet azote absorbé, sera restitué sur la culture suivante au travers du reliquat ou de minéralisation progressive de la biomasse pour des couverts à base de légumineuses (C/N faible) contre seulement 20 % pour des couverts de crucifères (C/N moyen). Plus il est semé tôt, plus il y a de légumineuses dans le couvert, plus il absorbe d’azote et plus il libère rapidement l’azote pour la culture suivante.

Conseil n°2 : mélanger les espèces
Il est fortement conseillé de mélanger plusieurs espèces et familles de couverts (crucifères, légumineuses, graminées). N’hésitez pas à complexifier votre mélange pour une meilleure adaptation au contexte pédoclimatique de l’année, une meilleure occupation des strates du sol et aériennes et enfin, une meilleure coupure de cycle des différents pathogènes.
Il serait idéal d’avoir semé pour le 15 août, au-delà de cette date, retenir que plus le temps passe, plus il faudra rester sur des graines à gros PMG type gesse, vesce et surtout féverole.
La libération de l’azote fixée dans le couvert sera d’autant plus rapide que le C/N est faible. Pour les couverts riches en légumineuses, il faut compter au minimum quatre, voire six mois. Il faut donc suffisamment anticiper la destruction.
Trois points réglementaires pour constituer son mélange : 
- Respecter les espèces déclarées dans le dossier Pac pour les SIE ;
- Mélange de légumineuses interdit ou dont l’association n’est pas recommandée  ;
- Respecter la liste des espèces à croissance rapide en cas d’épandage de fumier (en matière de légumineuses, seuls la vesce de printemps et le trèfle d’Alexandrie sont autorisés).
L’ajout de légumineuses dans les couverts renchérit le coût final. Le semis doit être soigné. Si le semis à la volée reste possible, il réduit les chances de succès. Se rappeler aussi que bon nombre de grosses graines nécessitent d’être enterrées, donc idéalement un semis à grande vitesse avec un combiné de semis ou un semoir adapté devient incontournable.
Attention aussi aux résidus herbicides du désherbage blé, souvent incompatibles avec les crucifères et les légumineuses (application tardive d’ALLIE, par exemple).

Conseil n°3 : bien gérer ses pailles
Dans un contexte de prix d’azote élevé : enlever les pailles permettra d’économiser les 20 U supplémentaires nécessaires au PPFA de la culture suivante. Il améliorera aussi l’implantation de la culture intermédiaire et son développement. Évidemment, peut se poser la question de l’intérêt à long terme d’enlever ses pailles – mais à titre exceptionnel, ce choix sera compensé par la stimulation de l’activité biologique du sol si le couvert est réussi : diversifié et productif.

Autres pistes à évaluer : 
Le semis de blé sous couvert de légumineuses. 
Issue de techniques pratiquées en conduites biologiques, l’idée est de faire pousser une légumineuse avec le blé.  La légumineuse sera détruite en cours de végétation afin de libérer son azote au profit du blé avant sa fin de cycle.
Deux types de conduite vont être mis en essai cette année par la Chambre d’agriculture de la Somme : 
- Implantation précoce de la légumineuse ; implantation du blé dans la légumineuse levée au moyen d’un semoir de semis direct ;
- Semis simultané de la légumineuse et du blé avec un semoir conventionnel.

Ces recommandations sont naturellement à adapter à l’échelle de vos parcelles. Pour vous accompagner dans la réussite de vos couverts (choix des espèces, calendrier de semis, etc.), rapprochez d’Hervé Georges, conseiller de la Chambre d’agriculture de la Somme au 06 86 37 56 41.
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