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Ne tirez pas sur les perdrix grises

C’est le message de la Fédération des chasseurs de la Somme pour cette année. Si la chasse ouvre bien le 18 septembre pour le gros gibier, un report a été demandé pour le lièvre, la perdrix grise et le faisan commun au 2 octobre.

© AAP


Si les céréaliers font triste mine au terme de la moisson 2016, les chasseurs ne sont pas plus gais. Tout comme pour les agriculteurs, «2016 restera une année noire, notamment pour beaucoup d’espèces telles que la perdrix grise et le faisan commun, des espèces sur lesquelles on avait misé et réalisé des campagnes de repeuplement», se désole François Crépin, directeur général de la Fédération des chasseurs de la Somme.
En cause : des conditions climatiques au printemps désastreuses ayant engendré l’anéantissement de la reproduction des perdrix grises et des faisans communs, avec néanmoins quelques couvées, mais qui sont souvent tardives. Pour le lièvre, bien que la situation soit moins calamiteuse, il n’empêche, cette espèce a aussi souffert. Toutefois, avec le retour du beau temps depuis le mois d’août, la reproduction a repris et beaucoup de levrauts sont présents sur le territoire. Reste que la reproduction étant récente, 20 % de la population est actuellement immature.
Si les conditions climatiques expliquent en grande partie les conditions actuelles, les pratiques agricoles jouent aussi, selon la Fé­dération des chasseurs de la Somme, notamment la mécanisation et le déchaumage. «La mise en place de bardes en vol devant les machines empêchera la forte mortalité des lièvres, suggère François Crépin. C’est comme la moisson de nuit, c’est aussi dommageable pour le gibier. Mais, dans le même temps, on ne peut empêcher les gens de travailler.» Une problématique qui revient sur la table année après année au sein de la commission calamités agricoles et dégâts de gibier où chasseurs et agriculteurs croisent souvent le fer.
Quoi qu’il en soit, compte tenu de la situation, la Fédération a de­mandé à la préfecture un report de la chasse au 2 octobre prochain pour le lièvre, le faisan commun et la perdrix grise, «une demande pas ordinaire, mais une mesure de bon sens, car on ne peut chasser la perdrix nulle part, les faisans sont trop petits, comme les lièvres», reconnaît le directeur de la fédération. La préfecture a donné son feu vert et pris un arrêté dans ce sens lundi 12 septembre.

Petit gibier : ce qui a été arrêté
Pour la perdrix grise, la position de la fédération des chasseurs est on ne peut plus clair : «On incite à ne pas tirer la perdrix grise nature, car il y en a nulle part cette année.» Dans les opérations de comptage au printemps, les estimations donnaient dix-sept couples à prélever aux 100 ha, soit un chiffre en stagnation par rapport à 2015. «On estime en 2017 qu’il n’y aura que sept à huit couples, soit une baisse de 50 % due à un mauvais indice de reproduction. La moyenne est à 1,5, soit la pire depuis trente-cinq ans», ajoute François Crépin. Les secteurs où la perdrix grise a chuté vertigineusement sont autour de Poix, dans le Santerre et la vallée de la Bresle. Si le Pays du Coquelicot et le Ponthieu sortaient leur épingle du jeu au printemps, ce n’est plus vrai à l’heure actuelle.
Même constat avec le faisan commun. La moyenne au printemps était de 3,8 coqs chanteurs entendus par poste d’écoute, à l’identique de 2013, mais en baisse par rapport à 2015 où celle-ci était à 4,5 coqs chanteurs. Le faisan s’est quand même reproduit cette année, mais sur un temps plus long, comme pour la perdrix grise, mais à la différence de cette dernière sa population a augmenté du fait de sa résistance plus grande, ses facultés de deuxième et troisième couvées. «On conseille cependant de ne pas tirer les poules», précise François Crépin, s’appuyant sur une étude réalisée dans l’Oise qui a constaté 60 % de pertes sur les poules entre mars et septembre derniers. En termes de prélèvement, la moyenne fixée est de cinq à dix sur 100 ha, parfois plus, mais uniquement dans des secteurs où les faisans sont présents depuis longtemps.
La palme de la reproduction dans ce paysage désolé du petit gibier revient donc au lièvre, même s’il y a moins de lièvres sur le territoire qu’en juin dernier. La raison serait un taux de survie des plus jeunes moins élevé, résultat des travaux de moisson et de déchaumage, souvent fatals pour l’espèce. Toutefois, la présence de nombreux lièvres est constatée au sud-est du plateau Picard Sud, du côté de Montdidier, ce qui n’est pas du tout le cas au nord et à l’ouest du département. Les attributions de prélèvement oscillent donc entre deux à vingt lièvres sur 100 ha, la majorité des secteurs étant de cinq à dix lièvres. Dans le nord et l’ouest du département, les chasseurs auront trois dimanches pour les prélever entre le 2 et le 30 octobre. A l’est, ils auront droit à cinq jours dans le même créneau de dates.

Gros gibier : ce qu’il en est ?
Le sanglier se porte très bien, «même trop bien», relève François Crépin. Il est notamment présent en trop grand nombre dans le nord-ouest du Ponthieu, dans la vallée de la Somme, et dans le sud du département. Pour la saison 2016-2017, soixante-treize communes sont identifiées comme points noirs. Ce sont des communes où plus de 2 000 € de dégâts de sanglier ont été déclarés. Parmi les nouvelles communes, se trouvent notamment Allery, Bougainville, Vergies, Yzeux, Hem-Monacu, Maricourt, Fresnoy-au-Val, etc.
Dans toutes ces communes, si un chasseur a prélevé un sanglier entre le 15 août et le ­18 septembre, la fédération des chasseurs lui fournira un autre bracelet. Près de 6 000 bracelets ont été distribuées. L’objectif à at­teindre est le prélèvement de 2 800 sangliers (2 500 prélevés en 2015).
Ce sont un peu moins de bracelets qui ont été distribués pour le chevreuil, soit 5 000, comme l’an passé, à une centaine près. L’objectif, lui, est à 4 000 chevreuils prélevés. Il était de 4 025 en 2015. Des chiffres quasi-identiques, qui s’expliquent par une population globalement stable sur l’ensemble du territoire. «On conseille pour cette espèce de la tirer à balles pour la blesser moins», indique le directeur de la fédération. Enfin, dans cette même catégorie, le plan de chasse du cerf est réactivé cette année. Dix bracelets seront attribués pour un prélèvement de cinq animaux, pas plus.


Campagne de repeuplement

La campagne de repeuplement de la perdrix grise est reconduite pour la deuxième année consécutive, avec un lâcher d’oiseaux F2 et F3, soit des jeunes oiseaux issus de parents naturels, la F3 étant la génération suivante issue des jeunes oiseaux de parents naturels. Sept cents lâchers avaient eu lieu en 2015. Ils seront au nombre de 3 000 cette année. «On devait en lâcher 4 000, mais on n’a pas eu assez pour le faire», dit François Crépin.

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