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Noriap tire son épingle du jeu dans le tumultueux contexte

Crise énergétique, hausse des matières premières, filière œuf à la peine, mais aussi projets, innovation, fusion… Noriap dressait le tableau de ses activités et de leur état de santé lors de son assemblée générale, le 20 décembre, à Mégacité, à Amiens. 

L’AG était l’occasion de valider la fusion avec La Flandre. De gauche à droite, Alexandre rivenet, ancien président  de La Flandre, David saelens, président de Noriap, et  Damien François, DG de Noriap.
L’AG était l’occasion de valider la fusion avec La Flandre. De gauche à droite, Alexandre rivenet, ancien président de La Flandre, David saelens, président de Noriap, et Damien François, DG de Noriap.
© Noriap

Comme pour toutes les OPA, les termes «crise énergétique», «guerre en Ukraine» et «hausse des matières premières» étaient sur les lèvres lors de l’assemblée générale de Noriap, qui avait lieu le 20 décembre à Mégacité, à Amiens. Ceux-ci «ont impacté les différents métiers du Groupe, mais nous avons su nous adapter en sécurisant les approvisionnements, et en jouant son rôle d’amortisseur», assure Damien François, directeur général du groupe.

Résultat : pour la première année, le chiffre d’affaires du groupe atteint le milliard d’euros, pour un résultat net de 340 K€. «Un résultat comprimé mais positif, à 60 % réalisé par les métiers agricoles et 40 % par la diversification. L’activité œuf ayant eu un impact fort sur les résultats», indique le DG. En effet, la filière œuf fait face à une crise depuis la sortie du confinement, avec une offre plus importante que la demande, et une explosion des prix des aliments des poules pour les éleveurs. Résultat chez Cocorette : 5 M€ de résultats négatifs en 2021, et - 13 M€ en 2022. Pour sortir la tête de l’eau, un plan de retournement a été initié début 2022 «avec la volonté d’un retour à l’équilibre sur le prochain exercice». Les schémas industriels et logistiques sont remaniés, les contrats d’approvisionnement repensés (y compris biologiques) et les valorisations commerciales renégociées. «Nous avons confiance dans la capacité de l’entreprise à retrouver son régime de croisière rapidement dans le respect des engagements auprès des éleveurs, dans la défense du revenu des exploitations agricoles auprès de la distribution et la mise en place de produits adaptés aux attentes des consommateurs», veut rassurer Damien François. 

 

Alimentation animale : adaptation nécessaire

Côté nutrition animale, 2022 a été «une année d’adaptation, de résilience et d’engagements auprès des éleveurs pour continuer à créer de la valeur». Avec un chiffre d’affaires de 147 M€ pour Novial et 59 M€ pour Yseo, les filiales nutritions animales auraient «joué un rôle de tampon entre les éleveurs, les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs». 2023 s’annonce aussi compliquée. Le nouvel exercice commence dans un contexte géopolitique qui oblige à une forte adaptation : énergie, carbone, compétitivité. «Les équipes travaillent aux optimisations logistiques et rationalisations industrielles nécessaires pour éviter les usages énergétiques inutiles. Les gammes de produits s’adaptent en fonction des disponibilités de matières premières tout en privilégiant la qualité des produits, l’efficacité économique en élevage, et l’adaptation aux attentes des filières et des consommateurs.» 

 

Welcome McCormick

La branche machinisme Somat connaît elle aussi de gros changements. Après cinq années, la filiale atteint 24 M€ de CA et plus de 12 % de parts de marché tracteur sur le secteur. «Fort de ce succès auprès des agriculteurs, l’entreprise a décidé de déployer un nouveau concept de concession de matériels et de solutions agricoles autour de quatre axes : le matériel d’accompagnement, la location, les technologies embarquées et une solution de traction», précise David Saelens, président du groupe Noriap. Un partenariat a été signé début novembre avec le groupe Argo pour la distribution de tracteurs de la marque McCormick et la mise en place d’un tracto center régional à Monchy-Humières (60). 

Tout va très bien du côté distribution verte, avec pour la Sicap l’intégration capitalistique des neuf magasins Gamm Vert du groupe Cérésia, élargissant ainsi le nombre d’enseignes à trente et un. «À la clé, économies d’échelle, maillage du territoire et performance économique.» Cobalys, filiale spécialisée dans la distribution et le conseil en espaces verts, a réalisé un CA de 16 millions d’euros (en hausse de 11 %) et marque «sa plus belle saison depuis sa création en 2012».

Enfin, formalité administrative, l’AG de Noriap a validé la fusion avec la coopérative La Flandre. «Cette fusion concrétise un chemin parcouru depuis 2015 dans le respect des particularismes régionaux», se félicitent David Saelens, président de Noriap et Alexandre Rivenet, ancien président de La Flandre. L’occasion pour Noriap d’élargir encore son territoire, qui s’étend désormais des Hauts-de-France à la Normandie, avec des terroirs et d’agriculteurs aux profils diversifiés.

 

Le coût de l’énergie inquiète 

Comment Noriap aborde-t-elle l’année qui démarre ? «On ne cache pas que la flambée des coûts de l’énergie nous inquiète. Cette crise risque d’être durable», confie Damien François. La facture s’allonge notamment pour les métiers du grains, principale activité de la coopérative. «Tous les intermédiaires vont être impactés. Nous n’y échapperons pas, puisque nous stockons, nous ventilons et, surtout, nous transportons.» L’intérêt à décarbonner son empreinte n’a jamais été aussi grand. «Nous incitons les agriculteurs à y participer, en devenant producteurs d’énergie. Nous soutenons par exemple les projets de méthanisation.»

Orientation carbone

L’engagement vers une agriculture davantage respectueuse de l’environnement est une nécessité. Noriap accompagne ses adhérents dans ce sens depuis plusieurs années. «L’enjeu est nécessairement de rationaliser et d’améliorer l’efficience», indique-t-on à la coopérative.  Celle-ci poursuit ses axes de développement : agriculture régénérative, via l’intégration dans le collectif Sols Vivants, mise en place de bilans carbone au sein des exploitations, poursuite des travaux dans la recherche de nouvelles filières pour répondre au besoin d’allonger les rotations ou développer la filière protéines locales, et accompagnement des adhérents dans la méthanisation. 
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