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Agroécologie
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des pratiques agroécologiques par sa richesse floristique et faunistique.  Elle est présentée à la finale du Concours général agricole ce 25 février. Une reconnaissance pour Olivier Parcy, éleveur passionné de charolaises.

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
© A. P.

Souvent gorgées d’eau au printemps et à l’automne, mais une herbe bien grasse qui pousse tout le temps, et une flore diversifiée qui couvre les besoins alimentaires des vaches. Les prairies humides sont une pépite pour le troupeau d’Olivier Parcy. Depuis son installation en 2005, l’éleveur de charolaises de Fontaine-sur-Somme a appris à les préserver et celles-ci le lui rendent bien. «J’ai 15 hectares dans les marais, sur 65 ha d’herbe. Il m’en faudrait presque plus», sourit-il. L’une d’elles, de 2 hectares qu’il conduit en fauche tardive, sans apport d’azote, est particulièrement riche en termes de plantes et de faune. Elle a été repérée par le jury départemental du Concours général agricole des pratiques agroécologiques, pour le territoire de la moyenne vallée de la Somme et affluents. Elle représentera le territoire pour la finale nationale, le 25 février.

Pour l’éleveur, c’est une reconnaissance de ses bonnes pratiques. «Je participe au concours tous les ans. Et tous les ans, on me félicite pour la qualité de mes prairies humides, mais je ne décroche pas la première place. Cette année était la bonne», rit-il. Pour conduire ses prairies humides, il a appris à s’adapter. «On y va quand on peut. On sort rarement les vaches tôt au printemps, et on les rentre rarement tard à l’automne. Mais en année sèche, je suis heureux de les avoir. Et puis elles sont de qualité : dans l’une d’elles, j’arrive à graisser les bêtes jusqu’à la finition.»

Ses quatre-vingts mères charolaises et leur suite, soit deux-cent-vingt bêtes au total, sont rustiques, et donc adaptées aux prairies humides. «Mais il faut faire attention au chargement.» Ici, le PMAZH (Plan de maintien de l’élevage en zones humides), piloté par la Chambre d’agriculture, prend tout son sens. L’accompagnement technique est notamment apprécié. «L’herbe doit se penser comme une culture. Mais on manque de technique sur ce point, et on n’en fait pas toujours une priorité», avoue-t-il. Le plus délicat à gérer est le contrôle des orties et chardons.

Puits de carbone

Un prix des pratiques agroécologiques est bienvenu, mais il ne valorise pas financièrement ses bonnes pratiques. «On bénéficie de moins en moins de MAE (mesures agro-environnementales) qui nous aident à valoriser ces zones, ni de plan carbone, regrette-t-il. Pourtant, grâce à l’élevage à l’herbe, ce sont des puits de carbone qui sont préservés.» Pour mieux valoriser sa production, Olivier Parcy a fortement développé la vente directe, même si aujourd’hui le marché de la viande de bœuf incite moins au circuit court. «Pour les clients en direct, cet élevage à l’herbe est très apprécié.»

Olivier travaille aussi avec les collèges de la Somme, via la démarche Approlocal (Somme-Produits locaux). Mais la pérennité de la démarche est compromise. «La loi nous obligeait jusqu’ici à être labellisé HVE2. À partir de 2027, il faudra être HVE3. Ce niveau nous impose de grosses contraintes, sans plus de rémunération, donc nous ne voulons pas y prétendre», s’inquiète-t-il. Au Salon, en tout cas, il ne manquera pas de rappeler qu’élevage et environnement vont bien de pair.

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