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Orama demande un plan de compétitivité

Pour faire face aux conséquence des choix faits par la France dans l'application de la Pac.

Philippe Pinta, président d'Orama : "il faut libérer les facteurs de production innovants et générateurs de productivité".
Philippe Pinta, président d'Orama : "il faut libérer les facteurs de production innovants et générateurs de productivité".
© François Carbonell


Baisse des prix, augmentation des charges, sinistres climatiques, notamment, dans les zones de production de maïs, le revenu des producteurs de grandes cultures devraient se situer entre 25 et 35 000 euros en 2013, estime Philippe Pinta, le président de l’Association générale des producteurs de blé et d'Orama (producteurs de céréales et d'oléo-protéagineux). Un cas de figure qui a plus de chance de se reproduire dans l’avenir que la situation exceptionnelle de 2012, mise en avant par les pouvoirs publics pour justifier une redistribution des aides de la Pac vers l’élevage.
«Si cette année les subventions de la Pac étaient celles qui sont annoncées pour 2019, le revenu moyen des exploitations spécialisées en céréales et oléo-protéagineux, avant charges sociales propres à l’exploitant, ne s’élèverait qu’à 15 à 25 000 €», poursuit le président d’Orama. Qui déplore, également, les distorsions de concurrence introduites par la réforme en termes de compétitivité. «Nous aurons désormais un handicap de 10 €/t pour les céréales et de 20 €/t pour les oléagineux avec nos amis Allemands», insiste t il. Si Orama se bat pour limiter les effets négatifs de la réforme concernant des décisions qui restent à prendre, les exploitants de grandes cultures plaident pour la mise en œuvre rapide d’un véritable plan de compétitivité, en phase avec leur volonté de «produire plus et produire mieux».

Desserrer les freins
Ce plan devrait viser une optimisation des rendements et de la qualité des récoltes, «notamment par la libération des facteurs de production innovants et générateurs de productivité», insiste Philippe Pinta, qu’il s’agisse d’amélioration génétique, d’irrigation, de produits de protection des plantes ou de fertilisation. «Qu’on cesse de nous casser les pieds» par une accumulation de contraintes, d’interdictions, de règles diverses et variées, «nous sommes en mesure de mettre en place des outils de pilotage fins pour gérer au mieux les épandages de produits phytosanitaires, les apports d’engrais, sans effet négatif sur l’environnement», fait-il valoir.
Orama attend également, des pouvoirs publics, la mise en place de dispositifs efficaces de gestion des aléas climatiques et des incertitudes économiques. Ce qui devrait passer, par exemple, par une amélioration de la dotation pour aléas «qu’il faudrait rendre plus efficace en augmentant le plafond». Il appartient également aux pouvoirs publics de «booster» la mise en place du plan silo, ne serait-ce qu’en réduisant les délais administratifs, de favoriser les assolements en commun, voire d’encourager la mise en place d’unités de méthanisation en collaboration avec les éleveurs, «pour valoriser la biomasse à des fins énergétiques».

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