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Oriacoop fait gonfler la valeur des graines locales transformées en huile

En 2006, un groupe d’agriculteurs créait Oriacoop à Warlincourt-les-Pas (62), pour transformer leur colza en huile. Aujourd’hui, la coopérative – détenue majoritairement par le groupe Daudruy – pousse plus loin le bouchon de la valorisation, avec de plus gros volumes et une diversification des produits. Bio en Hauts-de-France y organisait une visite ce 22 novembre.

Xavier Jessenne (à g .) fait partie des agriculteurs historiques qui cherchaient à valoriser davantage leur colza.  Aujourd’hui, le groupe Daudruy est entré au capital et a élargie la gamme des huiles tracées, avec le bio, le tournesol et le lin. Damien Vanhersecke (à dr.) est le directeur commercial.
Xavier Jessenne (à g .) fait partie des agriculteurs historiques qui cherchaient à valoriser davantage leur colza. Aujourd’hui, le groupe Daudruy est entré au capital et a élargie la gamme des huiles tracées, avec le bio, le tournesol et le lin. Damien Vanhersecke (à dr.) est le directeur commercial.
© A. P.

Valoriser la production locale est le premier but d’Oriacoop, unité de trituration des oléagineux de Warlincourt-les-Pas (62), près de Doullens, créée en 2006. «À l’époque, nous étions un groupe d’agriculteurs du Pas-de-Calais qui voulait valoriser davantage sa production de colza», raconte Xavier Jessenne, à l’origine du projet, administrateur au sein de la coopérative. De soixante-douze agriculteurs au départ, ils sont encore une cinquantaine de locaux à être investis dans l’activité. 

Celle-ci a vécu de bonnes années, avant de souffrir de l’arrivée de l’huile de palme importée, moins chère que l’huile de colza locale. Le groupe Daudruy, spécialiste des huiles végétales dont l’unité de raffinage est implantée à Dunkerque, entre au capital en 2014, et est aujourd’hui le principal actionnaire. «Nous étions un des clients d’Oriacoop. Cet outil permet de proposer des huiles tracées, 100 % françaises», explique Damien Vanhersecke, directeur commercial.  

 

Colza, mais aussi tournesol et lin

Depuis, la TPE ne cesse de se développer. L’huile, à l’origine destinée à l’alimentation animale, est désormais à destination de l’alimentation humaine. Un débouché d’autant plus rémunérateur. Les tourteaux gras, eux, bénéficient à l’élevage, soit en direct, soit via des entreprises spécialistes de la nutrition animale. Depuis 2016, l’usine de trituration intègre aussi, en plus des graines de colza, celles de tournesol (oléïque et linoléïque) et de lin. Les filières bio sont aussi largement développées. Sur 12 000 t triturées chaque année, 70 % est du bio. Comptez 6 000 t de tournesol (dont 4 à 5 000 bio), 4 000 t de colza (dont 1 000 bio), et le reste en lin, avec à peine 200 t par an en bio. «Les graines sont pressées à froid et filtrées afin d’obtenir une huile brute de première pression», explique Damien Vanhersecke. Une petite partie de la trituration se fait à façon, puis sera vendue par les producteurs en direct. Mais le plus gros du volume est raffiné à Dunkerque. Lesieur fait partie des principaux clients. «Nous fournissons sa gamme bio et l’huile de lin pour son huile Isio 4 enrichie en Omega 3.»

Reste que si l’approvisionnement français est forcément respecté, l’approvisionnement local est moins évident selon les filières. Le colza bio est l’exemple le plus parlant. «300 t proviennent de la coopérative Noriap, dans la Somme. Pour le reste, nous sommes obligés d’aller chercher dans des régions plus au sud, car il ne s’en produit tout simplement pas chez nous.» Même chose pour le lin oléagineux bio, qui provient du Sud-Ouest. Le colza conventionnel, en revanche, est 100 % local. «L’année dernière, Oriacoop nous a permis de valoriser cette production 20 €/t de plus que sur le marché traditionnel», note Xavier Jessenne. 

 

Des tourteaux gras pour des vaches à l’herbe

L’intérêt est notable pour les polyculteurs-éleveurs. «Dès les prémices du projet, la réflexion allait dans leur sens. Nous trouvions dommage qu’ils vendent leurs matières premières puis importent les tourteaux nécessaires à l’alimentation des animaux. Ça génère des émissions de carbone à cause du transport, et les agriculteurs subissent de plein fouet les fluctuations du marché», rappelle Xavier Jessenne. Avec Oriacoop, le fonctionnement est le suivant : pour 1 t de graines apportées, l’éleveur peut repartir avec 1,34 t de tourteaux gras (12 %
de matière grasse contre 3 % pour des tourteaux secs). Ces tourteaux gras nécessitent une ration adaptée pour être bénéfiques. «Ce n’est pas l’idéal lorsque la ration est principalement composée de maïs ensilage. Mais des travaux menés au lycée agricole de Radinghem (62) ont montré que c’était parfait pour un système herbager.»

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