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Ovins et grandes cultures : une bonne complémentarité

Installé en 2018 sur la ferme familiale, Valentin Tailliart y a créé une troupe ovine. Le jeune éleveur recherche un maximum d’autonomie pour cette exploitation située en pleine zone céréalière du sud des Ardennes.  

L’élevage ovin s’intègre bien dans le fonctionnement global de l’exploitation,  atteste Valentin Tailliart.
L’élevage ovin s’intègre bien dans le fonctionnement global de l’exploitation, atteste Valentin Tailliart.
© Virginie Ingebos

«Je voulais créer quelque chose sur l’exploitation, apporter ma pierre à l’édifice», explique Valentin Tailliart. Ainsi, quand ce dernier s’est installé en avril 2018, en EARL avec ses parents, il le fait avec le projet de ramener un atelier d’élevage. Située à Tagnon, leur exploitation est représentative de la plaine céréalière du sud des Ardennes.
170 hectares de cultures : céréales, betteraves sucrières et luzerne. «Je n’étais pas attiré par un système industriel comme une porcherie ou un poulailler. L’élevage bovin apparaissait compliqué, nous n’avions pas de pâture. Il était difficile de changer complètement de système. À l’inverse, l’élevage ovin, s’intégrait bien le fonctionnement global de l’exploitation. Et ce, autant sur la disponibilité des co-produits, que la main-d’œuvre et l’organisation du travail», confie-t-il pour expliquer son choix. 

Je n’avais pourtant jamais travaillé en élevage ovin, ni en stage. Je partais vraiment de zéro. L’opportunité lui est donné de racheter deux troupes ovines non loin de chez lui, des Île-de-France. «Une véritable chance, cela m’a permis de démarrer avec un troupeau assez conséquent.»  420 brebis et agnelles vont agneler sur cette campagne. Mais aussi de rentabiliser le bâtiment au maximum. Un bâtiment flambant neuf, construit à l’écart du village et sur le toit duquel il a installé des panneaux photovoltaiques.  

 

Un maximum d’autonomie 

La pulpe de betterave surpressée constitue la base de la ration qu’il donne à ses animaux. La proximité du site Cristal Union de Bazancourt facilite les choses. «Je garde également une partie de notre luzerne, ajoute Valentin Talliart. Une coupe en enrubannée et une coupe en foin. C’est aussi de la paille et de l’orge issue de l’exploitation. On a un contrat avec notre coopérative, on livre les orges au prix moyen et récupère les orgettes. J’achète juste du complément pour engraisser les agneaux», précise-t-il. Cette année, l’éleveur va essayer de semer du lupin en mélange dans l’idée de l’incorporer à l’alimentation. Il pratique aussi le pâturage des intercultures. «Chez un voisin. Je lui fournis la semence et, en échange, il laisse pâturer mes brebis.» 

L’objectif pour l’éleveur est de faire sortir ses animaux un peu plus. Pour cela, il a semé environ six hectares de prairie temporaire autour du hangar : du trèfle blanc, de la fétuque du ray grass et de la chicorée, pour y faire du pâturage tournant dynamique. «Certes, avec l’été très sec que l’on a connu cette année, ça a un peu de mal à pousser pour l’instant. L’objectif est d’être un maximum autonome, cela me tient à cœur, poursuit Valentin Tailliart. Hormis la pulpe surpressée, je ne suis pas dépendent de grand-chose. Si demain, les disponibilités venaient à manquer, ou si les prix étaient trop élevés, je pourrais par exemple me tourner vers la production de betteraves fourragères». 

 

Un appui technique précieux 

Côté débouché, Valentin Tailliart commercialise l’intégralité de sa production à la coopérative Cobevim. «Je bénéficie du suivi d’un technicien. Cet appui technique m’apporte une certaine sécurité. Et puis, la coopérative est capable d’absorber des à-coups de volumes. Comme j’ai trois périodes d’agnelages, je me retrouve avec des pics de production.» En effet, l’éleveur effectue une partie de ses agnelages en août, trois semaines pour ne pas que cela ne mange de trop sur les travaux d’été. Ensuite, des agnelages en décembre. Objectif : vendre les agneaux pour Pâques. Puis, enfin, une troisième période du 15 janvier au 15 février. 

L’éleveur a également intégré les réseaux d’élevage. «Cela me donne une feuille de route et me permet d’avoir des indicateurs par rapport aux autres élevages. Quand on se lance, il est important de beaucoup échanger avec les techniciens ou d’autres éleveurs», explique-t-il.  

Si pour le moment il n’a pas encore lâché son poste de salarié à mi-temps sur une autre exploitation, Valentin Tailliart ne regrette absolument pas son projet. «Vu l’évolution des prix des céréales, les contraintes environnementales, mon objectif est désormais de gagner encore en autonomie, souligne-t-il. Nous allons nous pencher plus précisément sur les marges réalisées suite à l’introduction de la troupe ovine dans le cadre du contrôle de performance.» Pas vraiment d’inquiétude de ce côté-là. Le projet de Valentin Tailliart apparait réfléchi et cohérent. Tout semble indiquer que les résultats ne viendront que le conforter dans ses orientations. 

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