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Pâques et confinement : la filière ovine reste confiante

Comme l’année dernière, le traditionnel gigot d’agneau à déguster en famille ne sera peut-être pas sur la table pour Pâques, ce week-end, alors que les Hauts-de-France sont confinés. Mais les professionnels pensent pouvoir tirer leur épingle du jeu. 

Les gros gigots d’agneaux ne seront peut-être pas de la partie à Pâques, pour cause de confinement, mais les plus petites pièces ont la cote. 
Les gros gigots d’agneaux ne seront peut-être pas de la partie à Pâques, pour cause de confinement, mais les plus petites pièces ont la cote. 
© Pixabay

Un gigot de 2,5 kg, accompagné de traditionnels flageolets ou de pommes de terres rissolées, ça se déguste en famille, à au moins huit personnes. Mais cette année encore, il ne sera pas possible de se réunir en Hauts-de-France, puisque le gouvernement a décidé d’un nouveau confinement en vigueur depuis le 20 mars. Quelles conséquences pour la filière ovine ? 

Chez les bouchers, on fait la moue. «Ça risque de ne pas être terrible, comme l’année dernière», regrette Dominique Lefebvre, gérant de la boucherie Au veau d’or, rue Boucher de Perthes, à Abbeville. Lui régale ses clients depuis des années à Pâques avec de l’agneau de la Baie de Somme, pas encore estampillé AOP des prés salés puisqu’il n’a pas pâturé assez longtemps de la baie à cette date, et avec des agneaux Paysans picards, un label de l’Association ovine Nord Picardie. Sans parler de confinement, les habitudes ont changé. «Il y a dix ou onze ans, je vendais des agneaux Pascal comme il faut, avec une quarantaine de gigots. Aujourd’hui, si j’en vends entre vingt ou vingt-cinq, je suis content.» Le mouton est toujours apprécié, mais en plus petites quantités. «On propose des côtes, des carrés, et des morceaux de gigots.» Cette année, l’ambiance n’est pas à la fête. «Les gens sont fatigués moralement. Ils n’ont pas la tchatche comme d’habitude. Ils passent peu de commande, car tout le monde est dans l’incertitude.»

«On est optimistes»

L’incertitude, c’est bien l’état d’esprit dans lequel se trouve Thierry Vroman, directeur de la coopérative les Bergers du Nord-Est, à La Vallée-au-Blé (02), qui sillonnent tous les Hauts-de-France. «On ne sait pas comment le consommateur va se comporter», note-t-il. Cependant, contrairement à l’année dernière, le professionnel se dit «optimiste». «L’année dernière, on a eu très peur et, finalement, les ventes se sont faites à la dernière minute et on a évité la catastrophe. Ce devrait être la même chose cette année.» 

Difficile de se projeter d’un jour à l’autre, mais le résultat est bon : «Ces deux dernières semaines, 5 000 agneaux ont été valorisés, dont 2 600 en carcasse entière.» Les bouchers, de leur côté, s’adaptent et proposent des pièces plus petites. Les premiers rayons de soleil incitent d’ailleurs à sortir le barbecue pour les grillades. «Ça change la donne en termes d’équilibre de carcasse, mais ça fonctionne.» 

Une conjoncture inédite 
À quelques jours de Pâques, l’ambiance commerciale n’a, en effet, rien à voir avec celle de l’an dernier. En témoigne le marché de l’agneau : depuis juillet dernier, les prix sont à des niveaux historiques et leur record de fin décembre (7,26/kg pour le PMP publié par FranceAgriMer) a été battu en semaine 11 (7,28 €/kg). L’agneau se vend en moyenne 0,80 €/kg de carcasse de plus qu’en mars 2020. «Depuis un an, les cours sont à leur juste valeur par rapport aux coûts des matières premières, notamment des aliments, qui ont augmenté eux-aussi», précise Thierry Vroman. Ce très bon niveau de prix s’expliquerait en grande partie par la moindre disponibilité des agneaux d’importations. Comme l’offre du moment est très limitée et qui plus est de qualité, les opérateurs ont dû concéder de nouvelles hausses.
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