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Peste porcine : Paris et Pékin concluent sur le zonage

L’accord de reconnaissance du zonage entre la France et la Chine a été signé le 13 décembre. Il permettra aux zones indemnes de continuer à exporter dans l’éventualité d’un cas de peste porcine africaine (PPA). 

La FNP indique, dans un communiqué du 14 décembre, que le programme de biosécurité visant à prévenir la PPA  «couvre désormais la majorité des élevages».
La FNP indique, dans un communiqué du 14 décembre, que le programme de biosécurité visant à prévenir la PPA «couvre désormais la majorité des élevages».
© Claudine Gérard

La filière porcine l’attendait depuis plusieurs années : «L’accord [avec la Chine] sur la reconnaissance du zonage et de la compartimentation [en cas de peste porcine africaine, PPA] au bénéfice de la France a été signé», a annoncé le gouvernement français le 13 décembre. «Cette reconnaissance permettra la poursuite des exportations vers la Chine des produits porcins à partir des zones françaises indemnes de PPA, si un cas de peste porcine survenait», explique l’exécutif. Ce zonage s’appliquerait au niveau départemental, précise la directrice d’Inaporc (interprofession) Anne Richard. 

 

«Compartimenter» les chaînes de production 

Quant à la compartimentation, elle consiste à mettre en place des mesures de biosécurité permettant de garantir qu’une chaîne de production est isolée des autres animaux du point de vue sanitaire. Un compartiment comprend ainsi des élevages et les «unités fonctionnelles associées (unités de production fabriquant des aliments pour animaux, abattoirs, usines d’équarrissage, etc.)», d’après l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale). Toutefois, selon la directrice d’Inaporc, la méthodologie permettant d’appliquer la compartimentation «n’est pas encore définie au niveau européen». 

Dans un communiqué du 13 décembre, l’interprofession se félicite d’une décision qui «permet d’envisager plus sereinement l’avenir pour la filière française», alors que la PPA bloque les exportations allemandes vers la Chine. De son côté, la Fédération nationale porcine (FNP) indique, dans un communiqué du 14 décembre, que le programme de biosécurité visant à prévenir la PPA «couvre désormais la majorité des élevages». Premier consommateur mondial, la Chine absorbe presque un tiers des exportations françaises (180 500 t sur 606 700 t de viande, produits transformés et coproduits exportés durant les neuf premiers mois de 2021). 

 

Quatre années de négociation

Inaporc rappelle que cet accord est le «fruit de quatre années de négociation». Il a d’ailleurs fait l’objet de deux annonces prématurées, en février et en mai. Cet accord de zonage «est le premier de ce genre à être signé par la Chine au bénéfice d’un pays de l’Union européenne», souligne le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. Saluant la «maturité du système de surveillance sanitaire français», le locataire de la Rue de Varenne ajoute que ce texte pourrait être «précurseur d’autres accords à venir avec d’autres filières et d’autres pays». 

 

La Commission européenne rechigne à intervenir sur le marché 

Après les nouveaux appels de nombreux ministres de l’Agriculture de l’UE, le 13 décembre, à l’occasion de leur réunion à Bruxelles, la Commission européenne a une fois encore rejeté l’idée d’intervenir sur le marché porcin. «Le niveau des prix est historiquement bas, les marges sont sous pression et la peste porcine africaine fait peser des risques supplémentaires», a admis le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski. Mais «nous voyons de petits signes avant-coureurs de reprise avec la hausse récente des prix des porcelets», a-t-il justifié. Et d’ajouter que «toute intervention avant Noël serait injustifiée. Il faut être très prudent, les cycles de production sont très courts. Les prix fluctuent. Si nous agissons sur les prix maintenant, nous risquons de rendre la crise permanente ou de la faire durer». Il promet néanmoins que si la situation ne s’est pas améliorée début 2022, la Commission réfléchira sérieusement à intervenir sur le marché.
Pour le ministre français Julien Denormandie, la crise va pourtant «aller en s’accélérant et seule l’activation des mécanismes européens de marché peut permettre de résoudre le différentiel actuel entre l’offre et la demande». Même son de cloche du côté de la Belgique ou de la Hongrie : «C’est un problème européen qu’il faut résoudre au niveau européen». D’autres se montrent moins pressés d’agir. C’est le cas du nouveau ministre allemand – Cem Özdemir dont c’était la première apparition au Conseil Agriculture suite à sa nomination début décembre – ou de ses confrères danois et néerlandais qui appellent à «surveiller le marché». En attendant, le commissaire européen recommande d’avoir recours aux aides d’État comme l’ont déjà fait huit États membres depuis le début de la crise (Belgique, Luxembourg, pays baltes...). 
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